Melancholia

Publié le par Nikole

 

 

   Quelque chose a changé

 

 

MelancholiaQuelque chose comme une griffure opaque. Le sentiment de ne voir plus qu'a travers un rideau épais. Celui du doute aux jours les plus fastes. Celui de la désespérance aux jours les plus noirs. Un coup du soleil qui assomme ? Des années qui rongent le corps et saturent le cerveau ? Le refus de plus en plus appuyé, lourd, du monde tel qu'il est ? Servile. Asservi. Laid. Malade. Étouffant. Quand certains souffrent de la solitude dans leur âme, la souffrance récurrente de ne pouvoir être seule, apaisée, dans un endroit silencieux, loin de tout. Loin de tous. Bien sûr qu'il y a les zébrures de lueurs, de sourires, de mains tendues. Pourquoi, parfois, cela ne suffit-il pas ? Pourquoi cette sensation de chute qui jamais ne cessera. Et pourquoi cette impudeur triste dans une vie privilégiée ? Privilégiée, oui, de voir les injustices du monde, si enlaidi dans ses formes et dans ses fonds -abîmes- de son fauteuil, de se sentir engluée dans ses contradictions, de se voir, dédoublée, illogique, fatiguée, critique, désabusée trop souvent, et assez animée pour se plaindre mais trop statique pour faire quelque chose. Et même malgré ces fulgurances réclamées, les visions de beauté rêvée, d'humains à aimer, à être aimée aussi, le déni, asseoir la beauté sur ses genoux, et la trouver amère, et l'injurier, parce que cette sensation écrasante que tout est foutu, irrémédiablement. La vie de la terre. Et sa vie à soi. N'avoir même plus le courage de la vraie colère, vive, mais qui peut soulever. Non, juste le rictus de dégoût au coin des lèvres. Ce sentiment indigne, vous savez, qui précède celui de la résignation. Et qui se loge, là, au centre de votre plexus solaire. Soleil noir.

 

 

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C
La photo matche très bien ce soleil noir : tout n'est donc pas si sombre.
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B
Un beau texte. Le nécessaire retrait du monde... pour pouvoir y revenir.
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L
Un billet qui fait se poser des questions. La mélancolie, la tristesse, le désespoir, tout ce vide qui nous encercle...  Vertigineux, n'est-ce-pas ? Difficile de ne pas sombrer. Sensation que rien ne tient, que tout nous échappe. Le "à quoi bon ?" s'insinue, déstructure nos journées. Quasi impossible de s'échapper de ce  cercle auquel on ne comprend plus rien. Avec la folle envie de fuir, de ne plus voir, de ne plus rien entendre.<br /> Il y a au moins quelque chose qui résiste : ce sont les mots qui coulent sous le clavier et permettent d'émerger. Ça, c'est quelque chose que personne ne peut l'enlever. Accroche-toi.<br />  
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M
Houlà. Nikole! Ça ne va pas bien du tout...
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C
on se sent impuissant, inutile, faible et vidé ... on s'isole, on pleure, on a si mal qu'on ne sait plus crier ... alors on murmure sa douleur presqu'avec pudeur ... et il se trouve qu'un rayon de soleil puisse entrer là juste sous la porte ... on se lève et le mouvement revient sur le seuil, déjà on se trouve ... <br /> espérer l'espérance c'est déjà ça !<br /> amitié . 
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L
Je te comprends... ô combien! Partout, même dans les jours les plus lumineux, surgissent sans qu'on les cherche, le malheur, la tragédie, le destin, et cette simultanéité parfois nous fait horreur. Ton expression, si tragique qu'elle soit, est magnifique, mais d'autant plus inquiétante.<br /> Quand je suis saisie de cet effrayant découragement, je me replonge dans Camus "Dans certains cas, continuer, seulement continuer, voilà ce qui est surhumain". Mais c'est aussi ce qui fait notre grandeur, être conscient à la fois du désespoir de vivre et de l'espoir qui recommence tous les jours.<br /> Je t'embrasse en te serrant fort et te souhaite l'espérance. <br /> "Sans l'espérance vous ne rencontrerez jamais l'inespéré" Héraclite, parfois, c'est bien aussi <br /> Bises tendres et sincères
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