Moteur !
Je suis une sédentaire congénitale. Et si j'aime, parfois, être ailleurs, il faut souvent me motiver et me pousser. Sans compter que je deviens misanthrope. Donc que je renâcle à certaines proximités non choisies. Je n'aime pas entendre ni voir des gens qui insultent, se moquent, que sais-je. Je n'aime pas l'incivilité. Je ne conçois pas un monde sans politesse. Envers les gens. Envers la ville aussi. Je déteste la saleté des rues. Le manque de tous les respects.
Quand on reste chez soi, on est loin des bonheurs alternatifs, certes, mais aussi protégé des désagréments. Un enfermement volontaire n'est pas la prison, c'est un havre de paix. Un rendez-vous tranquille avec soi-même. Avec la lenteur. Le sentiment d'absorber en soi un bien-être que d'autres qualifieront de stérile, alors que je pense qu'il est bienheureux, s'il a lieu dans certaines conditions.
Bref, tout ça pour dire que je suis sortie : bien obligée ! Ma série de rendez-vous dentesques, en espérant qu'ils ne seront pas dantesques, ne fait que commencer. Ben ouais, les vieilles dents, même déjà refaites, demandent parfois des ajustements, c'est le cas de le dire. Ah, la fraise ! la sensibilité des gencives ! la raideur-réflexe du corps même en se forçant au calme ! "Penchez la tête en arrière" (odyssée sensorielle !) Heureusement que j'aime beaucoup mon dentiste affable et compétent et que je me sens dans un environnement presque agréable ...
Que de circonvolutions pour raconter mon voyage ! C'était la seconde (la deuxième ?) fois, mais sur la place en face de la mairie, c'était branle-bas de combat. S'y tournait un film ou une série. Plutôt, d'ailleurs, car j'ai entendu que Joey Starr était là (d'ailleurs je crois qu'on le devine sur la photo), j'en ai conclu qu'il s'agissait du téléfilm par épisodes où il joue, et que je ne regarderai jamais, ayant dû subir une présentation-télé qui m'en a tout de suite définitivement ôté l'envie.
C'était encombré, de matos, d'acteurs, de badauds. J'ai vu de loin Stéphane Guillon, que je n'aime pas trop, mais dont le calme contrastait avec l'effervescence autour.
Dans le métro, je me suis dit qu'au moins, je pourrais prendre quelques photos, et puis j'avais prévu large, je n'aime pas me dépêcher, vous l'aurez compris, je le dis souvent. Je vous passe les sans-masque pour qui le covid a été éradiqué et les gestes-barrières inutiles -je fais seulement attention à ce qu'ils ne me soufflent pas dessus- et je m'installe en révisant mes "Savantes". Ouais ! Mais j'avais oublié les inciviques. Arrêt-brusque de la rame. Le conducteur nous annonce que la coupure d'électricité est due au fait que "quelqu'un se balade sur les voies". Arghhh déjà qu'immobilisée entre deux stations, j'aime pas trop, en plus on ne sait jamais combien de temps ça va durer ces haltes-là et je crains d'être en retard. Pfff c'est pas un stress bien important mais c'est un stress quand même. J'ai une dent contre ce mec, sans dèc, l'expression s'impose ! D'autant que mon vieux nokia passant rarissimement dans le métro, je vais devoir demander à quelqu'un s'il veut bien me dépanner pour que je puisse prévenir. Flottement. Long. Et puis on repart finalement après pas tant de temps que ça -ouf!- et j'arrive pile à la seconde près à l'heure de mon rendez-vous.
Quand je reviendrai, quelques heures plus tard, la scène-télé se sera clairsemée, le metteur en scène semblera fatigué et irascible ... mais les badauds sont toujours scotchés aux troncs des arbres environnants ; au spectacle de plein air ; il fait beau et c'est la distraction du jour. Je rigole en regardant encore une fois les deux moumoutes autour des micros : c'est un truc qui m'a toujours amusée.






