Regards internes
Il se passe en moi avec certains films ce qui se passait, avant, avec certains livres, un partage intime, des émotions implicites, des correspondances. Et puis ce désir de ralentir l'avancée, d'un moment plus long avec. Je ressens alors une étreinte, un sentiment étrange.
Cela dit, j'ai dû l'écrire déjà il y a peu, que j'avais du mal, aujourd'hui, avec les livres, me retrouvant par hasard moins démunie quand je tombe sur la relecture d'une ancienne histoire racontant, précisément, une histoire. Simple. Un film, c'est quelque chose qui peut happer, même dans un canapé, même avec un peu de lumière. Un fil relie, a fortiori si on est seul.e, et si, autour, nous protège le silence.
Dans une salle de cinéma, c'est encore plus manifeste. Peut-être parce que les seuls films que je vais voir, ce sont ceux-là qui m'attirent le plus, sont ceux qu'on nomme "d'art et d'essai", tournés vers l'humain, l'intime, le souffle, le chuchotement.
Les films (certaines séries, aussi, mais la rencontre est tout autre) sont ce qui me fait vibrer quand je regarde la télé. Ceux d'arte, souvent, leur lenteur, leur, comment dire, vérité, et j'ai conscience de la bizarrerie de le dire comme ça. Ou, dans un autre registre, mais qui me parlent aussi, puisqu'il s'agit du passé, de nos passés, ces films en noirs et blancs parfaits, avec des acteurs immortels, et le graphisme mélancolique d'une civilisation perdue à jamais : la vieille capitale des nostalgies, ses rues, avant, ses paysages citadins et sociaux, avant.
