Regards internes

Publié le par Nikole

 

Regards internes

 

    Il se passe en moi avec certains films ce qui se passait, avant, avec certains livres, un partage intime, des émotions implicites, des correspondances. Et puis ce désir de ralentir l'avancée, d'un moment plus long avec. Je ressens alors une étreinte, un sentiment étrange.
    Cela dit, j'ai dû l'écrire déjà il y a peu, que j'avais du mal, aujourd'hui, avec les livres, me retrouvant par hasard moins démunie quand je tombe sur la relecture d'une ancienne histoire racontant, précisément, une histoire. Simple. Un film, c'est quelque chose qui peut happer, même dans un canapé, même avec un peu de lumière. Un fil relie, a fortiori si on est seul.e, et si, autour, nous protège le silence.
    Dans une salle de cinéma, c'est encore plus manifeste. Peut-être parce que les seuls films que je vais voir, ce sont ceux-là qui m'attirent le plus, sont ceux qu'on nomme "d'art et d'essai", tournés vers l'humain, l'intime, le souffle, le chuchotement.
    Les films (certaines séries, aussi, mais la rencontre est tout autre) sont ce qui me fait vibrer quand je regarde la télé. Ceux d'arte, souvent, leur lenteur, leur, comment dire, vérité, et j'ai conscience de la bizarrerie de le dire comme ça. Ou, dans un autre registre, mais qui me parlent aussi, puisqu'il s'agit du passé, de nos passés, ces films en noirs et blancs parfaits, avec des acteurs immortels, et le graphisme mélancolique d'une civilisation perdue à jamais : la vieille capitale des nostalgies, ses rues, avant, ses paysages citadins et sociaux, avant.

 

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L
Je sens ton humeur à travers ces mots que tu jettes sur la page blanche. Tes regrets sont chose commune à nombre d'entre nous. Il y a effectivement l'avant et on espère un après qui soit moins contorsionniste, plus doux, moins ravageur, plus joyeux. Mais oublierons-nous aisément une page noire de notre existence ? Les livres sont un refuge permanent, tout comme certains films d'un autre temps, quand seul le noir et blanc existait. Ces espaces de temps qui entrecoupent un quotidien contraint permettent d'oublier (un peu) qu'on est prisonniers du temps qui passe trop lentement et dont aimerait qu'il s'accélère.<br /> La vie d'avant ne sera pas un renouveau, sauf pour la liberté de mouvement.
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C
c'est aux livres que je dois les émotions que tu décris, je vais très peu au cinéma, sauf à aller voir ces films rares de nos jours qui me parlent  ... souvent alors les salles sont quasi vides ...<br /> quant à la télé, c'est selon, là aussi ...<br /> amitié .
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P
Ce dont tu parles, et ces impressions  / sentiments, que tu décris avec une précision quasi chirurgicale, me fait instantanément penser au Ciné-Club , organisé , mis en œuvre par ce génial professeur qu'on ne pouvait qu'aapprécier , et très fort, au Lycée D'Etat Mixte, dans nos 70's de grands ados.<br /> Le LEM, avant qu'il ne soit rebaptisé P. Bayen. LEM avait ce côté spatial et lunaire  (Lunar Excursion Mobile ) que Bayen n'a jamais eu ....<br /> Que de séances de films , intimistes , profonds, en Noir & Blanc ! que de méninges mises a l'envers par certains joyaux du Cinéma dont la persistance dans ma mémoire me confirment que c’était vraiment  " ça" qui complétait cette vie Lycéenne....je suis encore, 50 ans après, marqué par Pierrot le Fou, d'une part, et cet impérissable ennui pendant le pénible ( pour moi )  Le Septième Sceau. Que j'ai vainement tenté de revoir quelques 20 ans après , avec la même difficulté , confinant parfois a la douleur morale.<br /> Souvenirs, Souvenirs .....merci !
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