Télé-studio

Publié le par Nikole

   Bonjour ! Avant que de causer photo et expo ce jour (cet article est commencé depuis un bon moment, j'aurai mis du temps à vous le livrer ...), je vous situe le truc avec ces deux liens : celui-ci, vidéo de présentation en guise de chapeau, et celui-là, document à lire ... ou pas, c'est comme vous voulez.

 

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    J'ai beau me plaindre régulièrement de la virtualité du monde, Internet est quand même une p...... d'invention ! Et dire que la pandémie a permis du positif, pour certaines choses possibles de chez soi ! Zoom, quelle belle adaptation cette relation à distance qui permit (alors que je n'étais pas encore à la retraite), qui permet ... réunions, cours de pilates, échanges d'exercices de théâtre, et ... et interaction images et discussions lors d'expo à distance.
  Plusieurs fois j'ai évoqué le second musée du Jeu de Paume, sis au château de Tours, et qui proposait à ses abonnés -dont je suis- une exposition à distance : Studio Zgorecki, avec comme intervenante la commissaire de l'exposition pour en parler. J'ai fait comme d'hab quand j'écoute, j'ai pris quelques notes à la volée -j'ai toujours des bouts de papier qui traînent- et fait ce dont on se moque régulièrement : prendre en photo mon écran d'ordi. En matière de mamaillage hors norme, rien ne m'arrête même si ça peut paraître ridicule ; j'assume !
  Alors que l'expo porte sur Zgorecki, il fut quand même mention de Joseph Quentin (mon second lien) au début du séminaire, et quelques photos de lui nous furent montrées. Du travail de la mine dans le Nord de la France, en partie effectué par des Polonais émigrés là dans ces années-là. Bien sûr je me suis sentie concernée, moi qui suis d'origine polonaise et qui jadis avais de la famille travaillant dans les mines, là-bas, famille complètement perdue de vue et dont je n'ai retrouvé nulle trace -faut dire que mes souvenirs sont rachitiques, j'avais pas neuf ans quand je les rencontrai- Richard Slivinski, cousin qui habitais à Libercourt, où es-tu ?
  Mais trève de racontage de vie, revenons à nos moutons ... noirs ... puisqu'encharbonnés !

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Note prise à la volée : Pas de flash dans les mines, car trop dangereux et susceptible de déclencher un feu ... Et parfois, mise en scène en studio, avec arrière-plan représentant le même décor.

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 (... au passage ...petit sourire en découvrant le cachet de la Poste, pour la Marnaise que je suis de naissance ; détail encart : lors d'une exposition précédente sur l'immigration polonaise en France, j'ai appris que, hors la région Nord, il y eut aussi une forte concentration de Polacks -c'est familier, ne vous offusquez pas !- dans la Marne !)

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    Étonnant de découvrir la place des femmes dans des tâches parallèles, et ces cartes postales qui les illustrent.

    En fait en y réfléchissant maintenant je me pose beaucoup de questions sur ces photos, leur contexte. Il s'agit là de documents sociaux et on aurait envie d'en savoir tellement, ou tellement plus.

    Par exemple sur les photos suivantes, dont il nous fut dit qu'elles servaient aussi de fiches d'identité ... terrible l'âge ... la mémoire a des trous ... ça entre par une oreille et ça sort par l'autre ... dans l'ouvrage d'expo, peut-être ... ou si, plus tard, on peut aller voir l'expo en vrai (depuis quand ne peut-on plus rêver, hmmm ?)

 

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  Curieuse sensation que ces personnes qui s'affichent avec des airs pas franchement gais ... émouvant de découvrir ces visages adultes, ces minois enfants déjà mûrs-murs et le regard figé et insondable.


  Plus légèrement, intéressant de découvrir ces noms (quand on parvient à les déchiffrer) et les prénoms, ces prénoms qui marquent les époques ... je trouve ça fascinant (aussi) l'histoire et l'utilisation des prénoms ... ici, relevés par moi ... Isidore, Marceau, Ernest, Henriette, Edmond, Madeleine, Prime (Prime ?), Albert, Stanislaw ...

 

 
    Plus festif que ces portraits, une autre direction photographique, celle du studio Zgorecki, version souvenirs teintés d'esthétisme.

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    Je trouve très belles ces femmes ; j'aime particulièrement la photo de gauche. À l'époque, dans les années 30, le sourire ne semble pas de mise lorsqu'on se fait photographier.

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    Très dandy, ce garçon. Je me souviens qu'on nous a montré des autoportraits de l'artiste ; je ne me souviens pas s'il s'agit de lui dans ces deux photos-là, bien que je le croie.

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    Même les photos de mariage ne transpirent pas le bonheur. Visages très émouvants. (Pensez à cliquer sur les photos -toutes sont visibles dans un plus grand format- si  vous voulez les voir un peu différemment). Je trouve superbes les tenues de mariées de cette époque ...

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    Est-ce parce que le tirage est très sombre que là encore la fête ne semble pas en être une ... Me vient en tête ce titre de film, vous savez : La mariée était en noir ... rien à voir, je sais, mais les idées s'enchaînent curieusement parfois ...

  Une partie de l'exposition s'intitule je crois Rites de passage : le mariage en est un ; la mort aussi, bien tristement, essentiellement s'il s'agit d'enfants.

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    Photos étranges. Il semble que photographier les morts se faisait de façon plus, comment dire, naturelle, qu'aujourd'hui. Je n'ai pas eu ce que je craignais qu'on prenne pour de l'aplomb irrespectueux, le geste de photographier, morts, mes parents. Je ne le regrette pas mais je n'aime pas l'idée de m'être dit que je n'en avais pas le droit. On peut vouloir garder une image vivante de quelqu'un, mais on peut ne pas souffrir de fixer une image dernière, à jamais. Quand ma grand-mère paternelle est morte, je l'ai longuement regardée comme pour garder un peu d'elle, encore ; l'idée de la photographie était très présente, alors, mais j'aurais craint d'être mal perçue, à l'époque, davantage encore qu'aujourd'hui. Cette photo non faite-là, je la regrette, car du coup ce dernier souvenir est une chimère, qu'en plus je mélange, dans sa forme, avec d'autres photos d'autres personnes vues depuis, dans ce contexte-là. Peut-être l'idée de fixer la mort m'aiderait-elle, ou je m'en fais faussement l'idée, à mieux cerner sa réalité, et à la banaliser, même si le mot est un peu fort.

 

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    Cette photo-là, spécialement, je la retiens à cause de l'alcool en réclame sur le mur, le BYRRH. Fut un long temps où il était courant, cet apéritif (il existe encore mais peu) et fut un temps où je travaillais sur les noms d'alcools, leur mode, justement, à telle ou telle époque. Le byrrh faisait partie de cette étude et j'aime bien son histoire (ce sont des drapiers qui l'ont inventé et son nom vient d'une référence sur une série de coupons de tissu) et son goût ; je suis toujours attentive à la vision de ces plaques -on en voit souvent dans les vieux films- vantant les vins apéritifs ou autres alcools, alors je ne pouvais pas ne pas montrer cette photo-là.

    Last ... et on fait la boucle avec les Slaves :

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    Le mot "bazar" me va ... je n'y peux rien, je suis faite comme ça. Je crois bien que comme la nature, j'ai horreur du vide ... du reste, cette page en atteste, n'est-il pas ? ...

 

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T
On a de beaux restes dans notre région sur ce thème. La cité des électriciens à Bruay la Buissière vaut le détour aussi.
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L
Une série de clichés anciens qu'on ne trouve plus aujourd'hui. C'est vrai que la photographie était affaire de spécialistes et que les portraits étaient officiels. Sans doute ce qui explique l'aspect figé des personnages. Un mariage, c'est, en principe, quelque chose de gai et c'est vrai que ces mariés-là ne semblent pas respirer le bonheur...<br /> La série de personnages avec leurs noms, on dirait qu'ils sont dans un tribunal. C'est très bizarre. Et même angoissant : on se demande ce qu'ils ont pu faire pour être devenus des clichés figés à jamais. Ca donne le sentiment d'une dénonciation et qu'ils sont fautifs.<br /> L'époque de ces photos, c'était comme un luxe et chacun se rendait chez le photographe sans savoir quelle contenance prendre. Un peu comme intimidés par l'appareil derrière lequel se cachait le faiseur d'images. Et puis l'éclairage était gênant (je n'ai jamais apprécié d'avoir à poser dans un studio sous des spots aveuglants).
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M
J'ai pris le temps de revenir pour regarder de plus près ces photos.<br /> Je trouve fantastique que l'on puisse se rendre compte de la vie d'avant grâce aux photos, comme si ces personnes devenaient immortelles. Des vies bien souvent dures, qui ne laissaient pas place aux sourires... Ce sont nos racines, ne les oublions pas.<br /> Merci à toi pour ce bel article.<br /> Bises du jour<br /> Mireille du sablon
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B
Tu as pris le temps, mais ça valait le coup d'attendre ! :-)<br /> Des expos en virtuel ... j'ai beau être un connecté, j'ai du mal, je préfère déambuler dans les expos, m'imprégner de l'ambiance et y voyager à mon rythme (et puis prendre en photo les visiteurs, et ça en mode virtuel ...)<br /> Tu m'as donné envie d'aller la voir cette expo à Tours, entre deux confinements, il faudra organiser ça !<br /> Merci Nikole de cette belle série proche de tes souvenirs.Bonne soirée.
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D
Une plongée dans le monde d'avant ! Un monde rude, difficile , courageux. C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de sourires sur les photos ! 
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P
La vie de ces Mineurs et de leurs familles me bouleversent toujours .<br /> Le boulot de ces émigrés Polonais et ce qu'ils ont du endurer , aussi.<br /> j'ai vu récemment a la TV ,  un reportage fort intéressant sur ces Vies , avec des témoignages poignants, mais pudiques, et des questions intelligentes, qui faisaient qu'on savait être sur Arte et pas sur TF1.<br /> J'ai aussi visité la reconstitution de la mine, au Centre Historique Minier de Lewarde , qui a  l'opposé de toute reconstitution artificielle , voire Commerciale et rien d'autre, style " vallée des Peaux Rouges ", fait ressentir au visiteur la légitime fierté des anciens qui commentent la visite.<br /> Ils nous transmettent non seulement leur Histoire de vies , mais aussi leur vécu, leurs drames , et ce sens quasi fataliste, de l'Honneur d'avoir un travail.<br /> je ne sais pas pourquoi , (enfin , si ) mais quand ils parlent de la pénibilité de ce travail vraiment harassant, de leurs conditions de travail, à une époque pas si vieille que ça, je suis ému de ces vérités , profondément . Parallèlement, j'ai une pensée très ironique , très sarcastique et à la limite  de la colère froide envers ceux qui, de nos jours encore, parlent de pénibilité, de travail usant, et cætera ....et cætera.<br /> Ces mots, au XXIe siecle, sont presque de l'usurpation de revendications. Réservons ces mots et leur sens, à ces situations qui étaient légitimes , avant.<br /> Et je ne sais toujours pas si je leur en veux plus de le dire, que d'y croire .
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M
Bien sûr, tout historien adore les photos anciennes. À l'université, noius avions un cours sur les sources pouvant servir à la reherche historique, avec, entre autres, des photos. On nous avait distribué plusieurs de ces photos et comme travail, nous devions mentionner ce qui pouvait servir comme témoignage historique. C'était souvent non pas le sujet photographié, mais un élément de décor. Je me souviens d'une photo d'une jeune femme et on ne trouvait rien, jusqu'à ce que le prof nous souligne que dans le coin droit, on voyait une cloche de récupération de métal, présentes au cours de la seconde guerre mondiale.Je collectionne toujours les photos (et illustrations) anciennes. J'ai cependant abandonné le blogue que je leur ai consacré, parce qu'ilu avait trop peu de visiteurs. Si cela peut rendre des gens curieux :http://mariobergeron.vefblog.net/
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C
ton exposition retrace la vie des miens, tes photos sont semblables à toutes celles que j'ai récolté de leur vie d'avant, celle qu'ils m'ont raconté et que j'ai gravé dans mes racines pour ne pas oublier leur malheur ... c'est vrai que rares sont les photos marquées de sourire, même lors des fêtes où endimanchés, ils posaient au mieux de leur forme ...<br /> Il y a chez nous dans le centre de la Belgique des lieux de vie, la leur, devenus musées qui retracent leur parcourt Le Bois du Casier en est un parmi d'autres<br /> Ne jamais oublier d'où l'on vient même et surtout quand on ne sait où l'on va  ...<br /> amitié .
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