Ubiquité

Publié le par Nikole

 

Ubiquité

 

    En deux lieux à Paris, et là à Nice (toujours sur la place Bébel-socca) Salgado est partout. Non que je m'en plaigne, loin de là, je trouve même agréable de retrouver à plusieurs endroits un ton et un style que j'aime bien, ça donnerait presque un côté familier, voire familial, aux déplacements, comme si on traînait avec soi des albums.
Cela dit, le même photographe, certes, mais pas les mêmes thèmes ou photos partout, et on en découvre toujours, tellement il en a faites.
Une nouvelle expo à voir au musée Nègre, donc, ancienne usine bellement transformée en salles très agréables. Le sujet en était l'illustration de certains articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Humain (décembre 1948).

Article : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Paroles paroles, comme d'hab, puisque depuis que le monde est monde, écrits ou pas, tous les vœux, pieux ou non (et encore moins pieux puisqu'une partie des horreurs faites sur les gens l'est au nom de la religion) n'ont jamais abouti à une quelconque justice, laquelle est le plus souvent écrasée par le pouvoir, le fric. Et d'ailleurs ... non, une autre fois (quoi ? mes idées sur la vengeance).

    Depuis quelque temps déjà, dans les expos je prends moins de photos de photos que de gens qui les prennent (les photos ...) ou les regardent, bon, les deux. Et bien sûr de-ci de-là, ça a été le cas :

 

Ubiquité

 

 

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Ubiquité

 

    Mais cette fois j'ai envie de vous en montrer, des photos, pour réagir à leur propos, et épancher certaines émotions ... tiens encore un truc moche chez moi, le sentiment d'émotion qui se déclenche un peu vite ... et qui empêche de raisonner, de regarder les choses froidement ... mais est-ce toujours bien, de regarder les choses froidement ? Toujours ? pas toujours ? je ne sais pas. Dans La jeune fille inconnue, film que j'ai vu il y a peu, la protagoniste, toubibe, insistait sur la nécessité absolue dans son métier de ne pas réagir émotionnellement, jamais, sans quoi on est incapable de se comporter comme la situation l'exige ... Bon je ne suis pas toubibe, n'empêche, l'émotion qui vous submerge, par sentiment d'impuissance, de peur ou de colère, est hautement désagréable, pour soi, mais aussi pour les autres. Encore un truc à ce propos et je reviens à mes moutons, ou plutôt aux photos de Salgado (en plus ça rime ...) Oui, un petit détail qui me déplaît : Dans les années 60 a éclos un mouvement artistique baptisé Panique. En cherchant un peu sur Gogol, je trouve cette phrase :  L'idée de départ consiste à produire un art de monstruosités et de peurs paniques.  Passe pour des monstres et des œuvres qui peuvent les rendre beaux, forts, cathartiques et bla-bla ok, mais vouloir produire des "peurs paniques" ! C'est important les mots ! La peur panique, c'est un truc insupportable, irrespirable, on peut croire un instant qu'on va mourir, alors ces choix à la mormoil ! C'est marrant parce que jeune, non seulement je n'aurais pas attaché d'importance à ce genre de chose, mais si ça se trouve ça m'aurait amusée ... vous croyez que c'est une réaction saine que la mienne aujourd'hui ?

    Bon, j'ai déjà beaucoup parlé là non, ptêt que les photos de Salgado, ce sera pour plus tard, avec des corps et des regards de femmes, de filles, car ce sont ceux-là qui ont le plus happé le mien, de regard, qui m'ont marquée ...

 

                                 ...  à suivre, donc ! ...

 

Publié dans Nice

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L
Savoir regarder froidement ? Ma foi, selon les circonstances, cela ne doit pas être aisé. Qui peut se forcer à être froid ? Hors quelques déjantés malsains ? Savoir ressentir des émotions, c'est ce qui fait que nous sommes humains. Si nous nous départissions de ce qui nous humanise, cela signifierait que nous sommes tous des monstres. Alors, autant se laisser aller aux impressions ressenties, et pour quelque raison que ce soit.
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L
Toubib ou pas, on est toutes amenées à faire ça un jour, contenir ses émotions pour rester, sinon froide, du moins rationnelle, en cas de blessure par exemple, les enfants tout ça... On agit, d'abord, on se laisse rattraper, après... <br /> Contenir, maîtriser ses émotions, ça s'apprend, aussi, dans certaines circonstances. L'exercice de la médecine, la psychologie, le social, toutes ces professions où on est exposé à la détresse humaine. Et puis le métier d'artiste, aussi, exprimer l'émotion sans la laisser te submerger, ça doit te parler?<br /> J'ai pris le temps de réfléchir à ton texte, il me semble que l'émotion "submersive", comme tu la décris parfaitement d'ailleurs, est liée directement à l'impuissance, au fait d'être spectatrice en empathie mais sans possibilité d'action, sans solution. Alors la colère, oui, souvent... Alors désagréable, je ne sais pas. Il me semble que ce qui me chiffonnerait gravement, ce serait de rester indifférente, de n'éprouver rien. Ce serait un peu comme être absente de soi... <br /> Le mouvement artistique dont tu parles (que je ne connais pas et j'en suis bien aise)... Ça me rappelle cette phrase d'André Breton "La beauté sera convulsive ou ne sera pas". Je ne sais pas définir la beauté, mais il me semble que c'est lorsqu'elle cesse de convulser qu'elle commence à apparaître ♥
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Z
Regarder les choses froidement : C'est ce qu'il faut faire professionnellement, surtout quand on a des responsabilité même infimes...<br /> Bien évidemment, on peut s'enflammer sur des choses qui sont si horribles que nous ne pouvons les accepter : Mais en général ce ne sont pas des évènements professionnels...<br /> Et il y a les choses que l'on voit froidement, mais contre lesquelles on est obligé de réagir avec une certaine force, parce qu'il n'y a que comme cela que l'on parvient à faire corriger les choses... C'est un simulacre de colère, une comédie que l'on joue, alors qu'au fond de nous-mêmes on n'est pas vraiment concernés... Mais il faut réagir, menacer et (ou) sévir parce que cela préserve l'unité et la morale dans le groupe auquel on appartient (service dans une entreprise, chantier, unité dans l'armée, etc...)<br /> Très bonne journée
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