Une nuit

Publié le par Nikole

 

Une nuit

 

 

 

 

 

 

 

 

       Chapitre 1 : Musique

    Peut-être vous souvenez-vous de cette chanson de S. Distel racontant une nuit hors du commun.
C'est ce que je me suis mise à fredonner ce matin au réveil, après une nuit étrange, que je m'en vais vous narrer vaguement, en ses errances, son foutoir, sa profusion ...
    Ça a commencé avec les Doobie brothers (encore) ... groupe qui m'obsède un peu ces temps-ci depuis que j'ai découvert -sur le tard soit !- la chanson qui ne cesse de me tourner dans  la tête -Black water, version live isolation, virus oblige-. (Je me demande à c't'heure si je ne vais pas changer ma chanson d'obsèques -Just a song before I go- par celle-là ... après tout, le passeur mythologique nous conduit bien via une eau noire ...) Si ce n'est le moustachu balayette -ah, cette aversion perenne que j'ai pour les moustaches agressives !- j'ai trouvé un charme fou aux trois autres vieillissants (comme j'appelle désormais les gens de mon âge, peu ou prou). Je cherchais le nom du plus discret dans son apparence, que j'ai fini par trouver, John Cowan, et vous savez comment c'est quand on commence à surfer sur la Grande Vague Virtuelle, on sait quand on commence, on ne sait pas à quelle heure ça finit. De fil en aiguille de saphir virtuel, glissant de vidéo en vidéo, je me suis fait l'équivalent d'un grand concert virevoltant entre les époques différentes des toujours mêmes chansons, fascinée par, comment dire, la bonhomie, l'énergie, la convivialité que je ressens à l'écoute de ce groupe. Ah, le sourire de Patrick Simmons, le mystère de John Mc Fee. Quant au troisième, ah, qu'est-ce qu'il était beau, jadis ! Curieux (ou pas), mais la plupart du temps, je trouve les vieillissants plus beaux que quand ils étaient tout jeunes, d'une beauté comment dire plus profonde, d'une vie plus réelle. De là à penser que le corps de la vieillesse révèle l'âme évoluée de toute une vie, et que ce que j'en vois est le reflet d'une vie positive ! ... Mais non, n'ayez crainte, je ne m'aventurerai pas sur ce terrain-là, de philosophie, de croyance, ou seulement de ressenti épidermique, qu'en sais-je ? ...
    J'en avais plein les oreilles, je souriais ... état complètement euphorique ... j'avais oublié ce que peut faire la musique ... certaines musiques. Ç'aurait pu durer ainsi toute la nuit, mais alors peut-être mon cerveau eût implosé ... comme sous l'effet supposé de quelque drogue ... à quoi bon, quand on peut sécréter soi-même son propre paradis, même pas artificiel !

 

    Chapitre 2 : Lecture

    Après longtemps, il m'a fallu redescendre, et aller me coucher. J'ai coutume de lire, au moins un peu, avant de m'endormir. Mais voilà aussi un pays qu'il me faut re-visiter. Depuis quelque temps déjà, lire ne m'apporte plus l'enthousiasme vécu auparavant. Vous allez évidemment me rétorquer que tout dépend du livre ! Justement ! Plus rien ne me transporte tous azimuts. Si je peux trouver des bribes que je trouve intelligentes et que j'admire, même en n'en comprenant pas la moitié (comme Quignard) non seulement je ne parviens plus à m'atteler à une histoire suivie, mais je ne la comprends tout simplement pas (je pense sérieusement jeter Les fous de Bassan au recyclage-papier). Je reviendrai sur tout ça, ultérieurement, déjà que mes posts sont de plus en plus longs, je n'en finirais pas ... Brèfle, je me statufiai devant ma bibliothèque et en tirai un livre jauni sorti (et lu dans les années 80) chez ... France-Loisirs (vous vous souvenez de ce truc ?): Le soleil derrière la vitre, envie de re-découvrir ... il me semblait que j'avais bien aimé ... Une nuit

 

 

 

 

    J'ai commencé à lire le livre et il ne m'est pas tombé des mains. Ce n'était pas prise de tête et la lecture s'en faisait légère. Vous vous souvenez peut-être m'avoir lue être troublée par les concomitances, quelles qu'elles soient, même dans les détails (tant de choses sont dans les détails ...). Dans un post précédent, j'évoquais les voitures rouges, et là, je tombai dès la première page là-dessus : Ma voiture, une petite Renault écarlate, c'est Antoine qui a choisi la couleur, il voulait qu'on la vît de loin, même dans le brouillard, dans la nuit, un prudent ... Ensuite, la fille se perdait dans la nuit ... incapable de se repérer ... on aurait dit moi ... J'ai souri ... lu un peu encore, et ai décidé qu'il était grand temps de retrouver le jardin des rêves.

 

 

      Chapitre 3 : NUIT (Se coucher tard ... nuit !)

   En général je m'endors assez vite et ce fut sans doute le cas, pour je ne sais combien de temps. MAIS soudain, telle un diable de sa boîte, je sortais violemment, dans un élan, de mon sommeil, en suffoquant. Comme si j'avais fait une fausse route. Je toussai, déglutissai sans cesse, avec un goût amer de bile dans la bouche. Je me levai, tentai de boire un peu d'eau sans m'affoler, ne cessai de me râcler la gorge. Levée, je fis les cent pas (le sampa c'est pas sympa !) affolée, angoissée, avec du mal à maîtriser ma peur -la gorge, les yeux, LA TÊTE sont des zones anxiogènes, non ?- à deux doigts d'appeler les secours. Cela dura sûrement peu, mais il est des temps courts qui durent une mauvaise éternité, et je finis par me calmer, par déglutir de moins en moins, par réussir à aplanir le moment, à me recoucher en douceur, partagée entre l'envie de ne pas le faire trop vite pour m'assurer que tout allait bien, et celle de le faire vite, pour tout oublier.

 

Une nuit

 

 

 


   

 

 

 

 

 

   

    Épilogue

    Je rêvai, puis cauchemardai : Adoptée dans un groupe qui me montra de la chaleur, on me demanda de passer une épreuve initiatique, qui consistait à supporter -juste un point, là, sur l'ongle !- une  brûlure. Je me souviens parfaitement de mon long moment d'hésitation, de ma réflexion sur le "être d'accord avec le reste du groupe", et je me souviens parfaitement, aussi, du geste d'ôter la main, avec lenteur et détermination, de décider de ne pas s'infliger de souffrance, et de ne pas vouloir hurler avec les loups. Sûrement me suis-je réveillée à ce moment-là, il me semble qu'on se réveille souvent au moment du danger, évité ou à éviter. Quand j'ai ouvert les yeux, à part ce truc dans ma gorge qui, comme parfois, depuis des années, fait un léger bruit comme un clapet-bouchon qui ferme mal, ça re-fonctionnait. Ah, la vieillissure ! Je me suis dit, comme je me le dis chaque matin au réveil, qu'un jour nouveau m'offrait à vivre et que, pour l'instant, tout allait bien ...

 

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P
ton truc nocturne , en position , donc, allongée ( enfin , je te le souhaite ) me fait penser a un Reflux Gastro Œsophagien        ( RGO). Chuis pas toubib, mais j'en ai eu un , désagréable au possible , en pleine suit de se trouver réveillé avec cet acide dans les poumons , et de tousser comme un perdu ...<br /> ça m'étonne que tu te qualifie de "vieillissante "  .. car on vieillit depuis le jour de sa naissance, chaque jour un peu plus , et<br /> en ce qui me concerne , je me refuse d'entrer dans ce jeu consistant a trouver une jolie formule , pour ne pas dire le vrai mot.<br /> Tu sais , c'est bien d'appeler un chat un chat , même quand il joue avec un référentiel bondissant ...
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Z
J'ai bu d'un trait deux fines à l'eau et trois whisky.... C'était le bon temps...<br /> Mais le cauchemar, c'est jamais le bon temps... Bizarre...<br /> Très bonne journée à vous
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M
La nuit représente un moment idéal pour la lecture et la musique (pour écrire aussi, dans mon cas), car il n'y a pas de bruit extérieur pour interférer.
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C
quelle nuit dis donc, tout avait pourtant bien commencé ... quelle mouche t'a donc piqué ? ouf tout s'est bien terminé  <br /> amitié .
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B
Tu en passes des nuits agitées dis donc ! - Il doit te manquer une grosse peluche pour t'y blottir quand les cauchemars arrivent - ... :-)<br /> Au moins cela t'inspire un long texte à la fois angoissant et musical !Bon dimanche de repos (une petite sieste devant la télé ? :-) )<br />  
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