Prismes
À tort ou à raison, la lumière projetée à travers la vitre, dans ma cuisine, de l'ersatz de cristal sur ma terrasse, m'a paru un signe de bon augure. Ou peut-être que je me suis forcée à le croire, parce que ça m'arrange. Me revient du passé le souvenir de Clotilde (peut-être que je me trompe et qu'il y a h dans son prénom, je ne sais pas) : c'est sur une fenêtre chez elle, à Lyon, que j'avais vu les couleurs de l'arc-en-ciel briller dans la pièce à partir du prisme qu'elle y avait accroché. S'y ajoute chez moi la pomme que je voudrais toujours d'amour et jamais de discorde, miroir en mille facettes comme l'est l'être humain dans sa complexité.
Et les yeux fixés sur cette lumière dispersée, j'essaie d'écarter les nombreux mots qui m'assaillent de toutes parts, aussi bizarres, difficiles et biscornus que le cœur de notre quotidien : bisbilles, billevesées, coquecigrues ... Une nuit je me suis réveillée avec cette phrase devant moi : il faut parfois traverser une rivière de larmes pour rejoindre l'autre rive.
J'espère pour les quelques personnes auxquelles je tiens si fort de pouvoir quitter le côté noir de la moon comme j'essaie de le faire avec trop souvent beaucoup de mal et d'avoir, dans les yeux, un peu de cette lumière qui brille et qui augure des jours meilleurs. Parce que la vie est brève et précieuse.