Une heure à la galerie
Mon post précédent évoquait ma première sortie loin de la ville, au vert. Quelque temps avant, nous nous étions poussés pour retourner voir des photos ... oh, pas bien loin, pas question de passer des heures dans le métro, non, à la galerie Polka assez proche, un de nos lieux de prédilection ... bel endroit, et des expos qui jamais ne nous ont déçus.
L'es©alier de la galerie
Période oblige, même en voulant échapper à l'obsession actuelle, on nous y ramène, et l'une des expos traitait, peu ou prou, de la peste covidienne. Sujet traité (mais pas guéri, pardon pour le mauvais jeu de mots) par un certain nombre de photographes.
Casque d'or traverse dans les clous avec son caddie doré. Elle va d'un
trottoir à l'autre. On pourrait facilement écrire qu'elle passe du "monde
d'avant" au "monde d'après".
(extrait texte expo)
Nicolas Comment (détail)
(cliquez sur les photos si vous voulez les voir dans une taille plus appréciable)
Un monde de masques in et out.
Un monde de science-fiction.
Et curieusement, à cet instant,
me vient en tête -pourquoi ?-
la voix de Bowie dans "Diamond dogs" :
This is rock'n'roll,
this is genocide ...
(sinon sur YT ici)
Tous n'avaient pas illustré la peste d'aujourd'hui avec des images actuelles négatives ; la métaphore était parfois de mise.
Alors que le négatif de cette image était abîmé, j'ai décidé de le garder et de l'utiliser [...] Cette façon de penser s'applique aussi à la situation actuelle. Nous pouvons commettre des erreurs et des fautes. Mais nous devons essayer de saisir leur aspect positif, de transformer les dégâts en un bon résultat. (Daido Moriyama)
Est-ce qu'on s'éloigne du sujet ? Voire ... en tout cas, refuge, écart ou transmutation, probablement les trois, l'art est là comme geste-barrière contre la mort, même si c'est sur un plan symbolique. Et les symboles sans cesse nous environnent. L'homme et ses confuses paroles passent à travers ses forêts, pour paraphraser Baudelaire. Troublant d'ailleurs, non, sur cette photo, que cette forme fantomatique pour illustrer le propos ?
Une des fonctions, pour moi, de la photographie, que de faire du beau, ou de la présence non repoussante, fascinante, avec n'importe quel sujet. En théorie. Pas si simple. Baudelaire, encore lui, l'a fait en littérature. Clergue aussi qui réussissait à magnifier par la photographie les cadavres d'animaux morts ! (une photo au milieu des autres ici)
Bon, où suis-je partie, moi ? on revient chez Polka ... et sa danse de la mort ! Nan, restez, j'déconne ...
Suivez-moi, on change de crèmerie ... un étage plus bas, au sous-sol, contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est plus gai. Pi y'a du monde ...
Ben oui, encore des masques, mais ça les copains, faut en prendre votre parti ... j'ai mis du temps à les photographier, les masqués, mais i sont partout (et personnellement, je pense que c'est une bonne chose !)
Bon, ça n'empêche pas apparemment la convivialité,
voire le compactage,
ni même le fait de prendre ses aises,
comme vous le constatez dans les photos qui suivent ...
Bon, et si on regardait plutôt un peu sur les murs ...
En ce qui me concerne, je souhaite un retour à la
campagne, à une temporalité différente, sortir du
tourbillon. Un choix de vie qui pourrait m'emmener
dans la Creuse, d'où vient ma famille maternelle. Ce
serait bien de tenter de m'enraciner, de m'approprier
un lieu où le temps s'écoule différemment.
(Edouard Elias)
Ce paysage traduit une envie folle de
bifurquer, de s'inscrire sur un nouveau
chemin dont la destination reste à
déterminer collectivement.
L'une des vertus de cette pandémie est
qu'elle nous a montré le chemin.
(Philippe Guionie)
Cette crise nous fait réfléchir à la façon ont
dont nous pourrions vivre autrement.
Certains auront peut-être le courage de
quitter cette course folle pour vivre plus
apaisés, en possédant moins de choses,
uniquement ce qui est nécessaire au
bonheur. Comme ce jeune Suisse, resté
bloqué au Pays basque. Il a sa bouteille de
bière, il va probablement surfer.
(Claude Nori)
Aujourd'hui, j'ai perdu ma passion pour les voyages lointains,
je me concentre sur ce qui est proche de moi.
Ma famille et la nature.
C'est ce que représente cette photo de Sarah et Carmen.
L'amour qui devient de plus en plus fort chaque jour et que j'espère
pour notre monde et l'époque à venir.
(Jacob Aue Sobol)
Depuis ce printemps, je regarde, de mon toit, le soleil se coucher :
c'est ma nouvelle routine. D'habitude, je voyage beaucoup pour mon
travail, mais je ne savais pas que je pouvais voir tout l'univers depuis
le toit de ma maison.
(Miho Kajioka)
Et vous dans tout ça ?















