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Airs de famille

Publié le par Nikole

 

Nini et Zazanne

 

Airs de famille  Comme souvent  les dimanches après déjeuner, je me suis calée devant la télé en détaillant les replay d'arte.
 

  Retour à l'enfance, même si je trouvais un peu ridicules ses chansons oumpapa, j'ai regardé le documentaire-hommage qu'ils proposaient sur Annie (Léonie-Nini) Cordy qui est morte il y a peu. J'ai écrit ailleurs qu'elle faisait partie de ces interprètes dont on a l'impression qu'ils appartiennent à la famille. Parce qu'on les voyait sans cesse dans les émissions de variétés quand j'étais petite. Parce qu'elle était rigolote et d'une folle énergie.

 

 

  Peut-être aussi parce que j'ai toujours trouvé qu'elle et ma tante Suzanne (Zazanne, disait ma mère, sa sœur) se ressemblaient.

  

  Non, je n'aimais pas ses chansons drôles que je ne trouvais pas drôles. Mais oui, je lui reconnaissais beaucoup de talent, de panache et de professionnalisme. Et plus tard, bien plus tard, je serais d'une admiration sans borne devant sa façon de jouer au cinéma. Et cela, dans des rôles dramatiques qui me filaient la chair de poule. Un jeu hors normes, profond, qu'à mon avis on n'aura pas assez sollicité.

 

Airs de famille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Suzanne a été énergique et rigolote, aussi, en son temps ; beaucoup moins, à présent, j'imagine.

 

  Après que le diffusion a été terminée, je suis restée pensive et troublée. J'ai songé à Suzanne et je me suis traitée de lâche. J'avais eu des nouvelles par son fils G. bien longtemps auparavant : elle était sous tutelle, présentant des signes d'Alzheimer. Hélas pour elle ! Et cette maladie, annihilait à coup sûr la dernière promesse de nous revoir elle et moi chez elle, dans la Marne. J'avais craint de tomber, en lui parlant au téléphone, sur un mauvais jour et une peur en m'entendant, de ne savoir quoi dire, d'être gênée pour moi, d'être gênée pour elle, et j'avais -un temps, pensais-je- rompu les ponts. Mais le pont  s'est fait aqueduc géant et si j'ai pensé il y a peu à elle, me souvenant de son anniversaire en septembre, c'est à la suite de ce film m'ayant replongée dans le passé que je me suis décidée à prendre le téléphone, cette fois, et à l'appeler.

  Le numéro n'était plus attribué et mon sang n'a fait qu'un tour. Mais elle n'aurait pas disparu sans qu'on me le dise, quand même.

 

 Airs de famille

 

    Là où elle logeait, à Châlons, ça ressemblait à un théâtre. Rideaux,

fanfreluches, rouges, roses, règne d'une féminité un peu kitsch et très

émouvante, artiste, précieuse, précise ; couture ! Je me suis félicitée d'avoir

eu envie de photographier son lieu de vie et sa déco une des dernières fois

que j'avais passé un week-end chez elle. Les souvenirs émouvants que j'ai de

ces moments-là me remuent encore plus à présent.

 

Airs de famille 

 

  J'ai appelé mon cousin sans l'avoir tout de suite ... l'appartement de la rue de l'Olican, près de la halle du marché, n'était plus habité par elle.

Airs de famille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Suzanne ne reconnaissait même plus ses enfants, qui l'avaient rapprochée d'eux pour pouvoir la voir : elle habitait  dans un ehpad, depuis trois ans, à ... Oléron ... Elle était la dernière personne directe qui me rattachait à ma ville d'origine. J'ai une tendre pensée pour elle : j'irai la voir quand je retournerai dans l'île.

 

Airs de famille

 

 
A. Cordy, Ça ira mieux demain (sinon ICI)

 

 

 

Les photos d'A. C. sont des captures d'écran-arte.

 

 

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