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Les caramels à un centime

Publié le par Nikole

 

    Après ma journée au collège Rive-gauche-puis-Nicolas-Appert où je vécus de délicieuses années, je passais parfois chez la vieille mère Ralite -celle dont le fils fut un politique à qui j'eus un jour l'occasion de raconter cet épisode- et j'achetais quelques caramels à un centime. Dans mon souvenir, leur apparence est très précise, ils étaient tout petits et emballés soigneusement dans des papiers chamarrés rouges, jaunes ou bleus. Je plongeai ma main au hasard dans le gros bocal de verre.
On dit qu'on trouve tout sur la Grande Toile, je n'ai pas retrouvé l'image de ces friandises-là. Mais ce souvenir des petits carrés sucrés perdus m'a donné l'idée d'une seconde série de photos des vacances où, de la même façon, j'ai plongé mes yeux dans le vrac, sans chronologie.
Si vous voulez partagez mes minuscules bonbecs avec gourmandise, cliquez sur les petits carrés aux couleurs de ma mémoire, vous en aurez plus à manger regarder ...

 

Les caramels à un centimeLes caramels à un centimeLes caramels à un centimeLes caramels à un centime

 

 

 

 

 

 

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Déballer les petits papiers de ces caramels-là, les poser sur la table et me rappeler encore, mélangés dans le temps,  tous ces petits soleils des sens, entre terre, mer, air, vent, senteurs, plaisirs ... la belle vie.
Papier rouge : la petite maison dans la Drôme, perdue dans les hauteurs et les arbres ... de ces endroits que les gps ne trouvent pas ... nous nous sommes encore égarés, nous avons un temps erré dans des chemins qui se perdaient dans des sentiers, avons tourné et retourné ... et rigolé.
Papier bleu : Le site de Malpasset. La végétation au milieu des ruines du barrage. Le soleil qui écrase tout. Et le silence. Un silence si lourd. Si chargé.
Jaune : Brassac. Et toujours cette émotion devant les lieux habités qui surplombent l'eau. Jadis j'ai eu envie de ça. J'étais tombé en amour, à Ornans, pour la maison de Courbet, et bien avant, j'avais longtemps, à Châlons, rêvé devant des fenêtres, accoudée au pont Putte-Savate ...
Rouge : Les nuages, les toujours merveilleux nuages ... 
Papiers bleu, jaune : le lac de Pradelles ... repéré du pic de Nore, et une balade sur ses rives le lendemain. Souvenir de calme. Infini. D'arrêt sur image.
Rouge : Restau vacances : produits de la mer ... Fraîcheur, délices et inventivité. Me demander mes adresses si jamais ...
Jaune : Une si grande plage, toujours recommencée. Saint-Trojan, je t'aime dans ton océan et ton sable si long si loin.
Papier bleu : Une image qui fout un peu la trouille non ? Dramatique, actuelle, mystérieuse. Peu pourrait importer l'endroit où elle fut prise mais je le précise quand même histoire de râler : caves célèbres à visiter à Roquefort ... Mouais, visite marketing que je trouvai sans âme !
Rouge : Aux "Poissons rouges", justement. Version luxe, ensaucée et marine des pierogis que faisait notre mère, il y a mille ans au moins (Silwia, la femme du patron, est polonaise ...)
Papiers jaune et rouge : Le cadre, merveilleux au coucher du soleil (la Baudissière), où déguster ces merveilleuses gambas (on s'en est foutu partout !)
Papier rouge pour ces cairns au milieu des cailloux (où est Charlie ? ... humour noir !) et la mer comme s'il faisait nuit ...
Papier jaune pour l'oiseau. Si souvent j'essaie de les photographier, de voler leur vol ! Ils se jouent de moi mais je ne leur en veux pas. Animaux fascinants, je vous admire tant !
Rouge : vieux Nice ; ce jour-là la chaleur était écrasante, nous longions les murs, les ombres ...
Bleu : Chut ! Silence ! Fermer les yeux ... Le cœur qui bat ... Ferveur.
Papier jaune : Un petit jaune pour la femme à la parthénogenèse ? (village de Versols)
Bleu : Le sel de la terre. Dans une autre vie, je veux être paludière et écrire les trémies de cristal. (Oléron, merveilles)
Jaune : la Sorgues à Versols : fraîcheur, fraîcheur ! Fraîcheur verte.
Rouge : Pic de Nore. Le vent. Sa chanson. Les cheveux fous. Les yeux grands ouverts sur l'infini dans le jour qui décline. Beauté profonde, silencieuse encore. Recueillement.
Papier rouge : Sous le barrage (Malpasset). Passage étroit. Impression étrange. Rebrousser chemin.
Bleu : La petite fille qui regardait la mer. J'ai songé au Tadzio de "La mort à Venise" ... même blondeur, même gestes un peu précieux et maillot de bain vintage. (Oléron for ever ...)
Jaune : Bois flotté sur la plage de Saint-Aygulf. Un jour peut-être jouer, créer, mamailler, les mots, le papier, le tissu, le bois  ... projets sans fin ... assez de temps de la vie qui me restera, après, quand il faudra canaliser tous les désirs encore vifs de projets à satisfaire ?
Rouge : Le départ pour un voyage, ou sa fin, fusée presque à la Tintin, jouet géant, ondes, envolée, et à côté tout près, le chant de flûte ferré cliquetant comme celui des crissements métalliques d'un bateau, toutes voiles dehors, dans le vent, en partance ...

 

 

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