Dominicales
Balade de quartier
J'aime bien les dessins à la craie ... je tombe rarement dessus ... et les marelles, on n'en voit plus, des marelles ...
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Je passe souvent devant l'École véto, à deux pas de chez moi. J'ai pensé à mon frère. Je me suis approchée des grilles et j'ai regardé à l'intérieur mais il n'y avait personne. Tout était tellement calme, comme abandonné. Mais ce sont les vacances, j'oublie ce léger détail, souvent, depuis que je ne travaille plus. Pourtant, un garçon est passé près de moi et en faisant un code secret à la porte du tourniquet de l'entrée, a traversé la cour. Je me suis demandé si existait toujours la salle-foyer de l'époque où tout avait l'air de se passer, quand mon petit frère s'y trouvait. Une sorte de troquet animé et joyeux. Le Grisbi, ça s'appelait. En principe, on nous enjoint de ne pas y toucher... mais je suppose que celui-ci a été démonté depuis longtemps et que des bâtiments, là et alentour, beaucoup plus propres, modernes, stériles mais moins vivants se sont substitués aux anciens, liés à une époque plus, j'allais dire débonnaire. La porte du parking derrière demeurait ouverte et je pouvais y garer ma vieille 4 L quand je venais voir mon frangin. Des chiens allaient ça et là, sans sortir, comme celui, peut-être abandonné, je ne me souviens plus de l'histoire, que mon frère avait recueilli, Charly il s'appelait, et qui se baladait avec une cravate rouge autour de son cou ; ça me fait toujours bizarre de vivre près de cet endroit qui me rappelle plein d'images.
Ce dimanche-là, j'ai un peu tourné dans les rues avoisinantes. C'est août et il n'y a pas grand-monde. L'église Sainte-Geneviève m'évoque un ancien bloggueur (que je salue s'il me lit encore) ... il avait habité là et s'y était peut-être même marié, je ne sais plus. Il faisait soleil. La Marne proche attirait mes regards. Je me suis accoudée au parapet. Des reflets verts dansaient au bord des péniches. De larges feuilles drues décoratives jonchaient les plates-bandes de la ville. Graphique.
Je vais chercher ce genre de photos, les traces qui demeurent plus tard d'un moment éphémère où l'on a été heureux, d'une promenade un après-midi de soleil. (P. Modiano, Dimanches d'août)
Nous restions là, tous les deux sur ce ponton, à suivre du regard un canoë qui glissait au milieu de la Marne. L'eau n'était plus stagnante mais parcourue de frissons.
C'était le courant qui portait ce canoë, et le rendait aussi léger et donnait son élan au mouvement long et cadencé des rames, le courant dont nous entendions le bruissement sous le soleil. (idem)
En rentrant, le contraste entre le massif du bâtiment au coin là-bas et la délicatesse, près de moi, des fleurs fragiles et assoiffées qui tombaient des pots géants décoratifs sur le trottoir, m'a sauté au visage.
Arrivée chez moi, j'ai remarqué que mon fuchsia avait fleuri. Et j'ai revu ceux de jadis, dans la maison de Fagnières. J'ai pensé à ma mère.












