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Salgado-Nice, suite

Publié le par Nikole

 

    Je reviens sur ces photos dont je parlais il y a peu. En disant qu'elles m'avaient marquée. Pourquoi ? Sans doute, sans aucun doute, à cause de ce qui passait dans les regards. La vie des corps, les souffrances, les tristesses, les désenchantements, le désespoir vécu, ingurgité, résigné, passe aussi par ces témoins-là, les regards.
Les premiers à m'agripper sur lesquels je tombai, ce furent ceux de ces petites filles :

 

Salgado-Nice, suite

Somalie, 2001. Ces deux fillettes, 7 et 10 ans, ont été excisées la veille. "Elles peuvent à peine marcher et avancent lentement en glissant, à l'aide d'un bâton, les jambes liées, pour éviter de déchirer les chairs rudimentairement refermées." L'horreur !

   Et immédiatement, en lisant de quoi il s'agissait, je me sentis ... je me sentis le cœur et le ventre complètement vrillés. L'excision, l'idée même de l'excision me sort de moi, en même temps dans une rage qui me galope dans le cerveau et dans une tristesse abyssale statufiante, qui me désespère sur la nature INhumaine. Quand j'étais jeune -post-ado- et que je ne connaissais vraiment pas grand-chose de la vie, particulièrement sexuelle, je connaissais vaguement un étudiant des Beaux-arts (un maigrichon barbu qui s'appelait Henri Meyer) dont c'était un des thèmes récurrents dans sa peinture. Je ne savais même pas que ça existait, je n'osais pas poser de questions et de toute façon je ne "voyais" pas pourquoi on faisait ça. J'ai longtemps été naïve et parfois sans doute vaut-il mieux ne pas tout savoir des horreurs existantes. Une autre fois, j'ai vu, en noir et blanc, peut-être bien à la même époque, un reportage tourné en Afrique avec une partie de la séance de mutilation sur une petite fille, dont on bloquait de force les jambes écartées et qui hurlait ; aujourd'hui encore, j'ai rétrospectivement infiniment mal pour elle. Je ne veux pas m'appesantir sur le sujet et ne penser qu'à celles (et ceux, même s'ils sont moins nombreux) qui luttent aujourd'hui contre ces traditions de pouvoir plus que barbares. Je vais, sinon, déborder et m'épancher n'importe comment et je ne le fais peut-être déjà que trop.

   Un autre article de ces Déclarations disait : " Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental". Eh ben y'a du boulot, ne serait-ce que pour que l'on octroie à chacun chacune la possibilité et le droit de la recevoir, l'éducation. Ce fut un principe fondamental qu'elle était la base de tout ; c'est pour moi toujours  vrai, mais ça ne l'est pas pour tout le monde. Et que doit-on enseigner ? Le sacro-sait trio savoir lire-écrire-compter est depuis longtemps tombé dans les oubliettes et il y a tellement de gens qui s'en foutent complet que c'est désolant et mortifère. Non mais sans dèc je sais bien plomber les ambiances pas vrai ... euh, je crois que ça va être la couleur du jour (qui a dit "comme d'hab", dans l'fond hmmm ?) ... bon, je vous promets de proposer quelque chose de plus doux pour demain ...)

   Et en parlant d'éducation toujours, je vous propose aussi cette image :

 

Salgado-Nice, suite

Afghanistan, 1996. Il s'agit d'une classe où l'une des matières enseignées est le danger des mines anti-personnel. Les enfants sont l'avenir du monde. Qu'y-a-t'il dans leur tête et leur avenir, précisément, pour ceux qui en auront un ? Quelle innocence reste-il encore dans ces regards-là ?

   Une autre image encore :

Salgado-Nice, suite

Inde, 2001. "Ce centre offre éducation, thérapie occupationnelle, physiothérapie, formation professionnelle, métiers du design du textile, art de la menuiserie" et autres ... Et à qui est dédié ce centre : à des enfants handicapés par la polio, LA POLIO ! Quand on sait qu'il existe un vaccin pour ça ! Ahhh !!!


    Enfin, je ferme la page Salgado-niçoise avec la même photo que celle de son ouverture, cette image (1999) d'une petite Brésilienne, où je ne veux voir, moi, dans le regard, que la farouche envie de vivre avec force, une force qui lui fera soulever des montagnes !

 

Salgado-Nice, suite

 

Publié dans Nice

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