Vieilles et vivantes
La vieillesse, c'est comme une cage (j'avais écrit page, c'est vrai aussi ...) avec une porte ouverte ... vous savez, comme chez Prévert ... pour faire le portrait d'un oiseau ... drôles d'oiseaux, les vieux, les vieilles, habités de rides et de lourdeurs mais riches de tant de souvenirs et d'expériences, de savoir !
Dans ma ville comme partout, la population vieillit. Dans ma ville comme partout, on rencontre, c'est en tout cas comme ça pour moi, plus de vieilles femmes que de vieux hommes. Déjà, elles sont plus nombreuses -j'affirme mais est-ce toujours ainsi ? je le crois ...- et elles sont plus résistantes ... ça j'en suis sûre ...
Là où j'habite, la vie de quartier est intense, et on voit tous les jours ces personnes-là dans les cafés, sur les bancs publics, ici et là. De vieilles femmes sortent, même seules, s'installent aux terrasses, même non accompagnées. J'en reconnais, souvent. J'en découvre que je ne revois pas, parfois ... je ne suis pas toujours là.
Il y a quelques jours, il y avait sur la place un nid de cheveux gris -ou pas, trompe-l'œil joli- et des occupations, des passages divers ; si la canne est parfois présente, ça n'empêche pas de se promener ; si on véhicule des clichés -j'en ai plein- on sourit à la vue de celle qui boit un coca accrochée à son téléphone, ou mange sur le pouce en regardant les passants ... et moi, parfois, sans que forcément je m'en rende compte.
Je serais d'ailleurs bien en peine de définir ces mots : vieux, vieille, tant ils ont de sens différents complètement subjectifs et qui changent au fil des décennies ; à l'instar du con, on est toujours le vieux de quelqu'un, et, tant pis pour le cliché encore, même si le corps exulte de moins en moins, je connais bien des cerveaux âgés mieux faits que celui de jeunes cons et de jeunes connes, pour qui le monde n'a jamais existé avant eux.






