Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chronik (36)

Publié le par Nikole

 

(clic !)

Chronik (36)

 

 

Mardi 16 août

     Merci la vie. Merci la nuit. La seule et dernière unique et forte image que je me rappelle de mon rêve est celle de ma mère. Elle ressemble à une speakrine, le jeu en moins, mais elle est debout derrière un muret qui s'arrête à sa taille. Intouchable mais proche. Elle est élégante, loin des blouses qu'elle portait en permanence. Devenue comme citadine. Et elle sourit, mais sans timidité. Elle sourit comme quelqu'un qui a accédé à quelque chose de plus  haut, mieux, "achevé". Elle sourit franchement et même si nous ne communiquons pas, c'est comme si elle avait acquis (et voulait me la transmettre ?) la confiance, en tout cas la sienne.
    Hier soir je me suis encore endormie sur le canapé pendant un film d'action ! Ensommeillée, j'ai tenté de ne pas trop me réveiller jusqu'au lit et m'y suis réfugiée sans grand bruit dehors, quelques paroles venues d'une des fenêtres enluminées. J'ai eu la chance de m'endormir à nouveau je crois assez vite. La nuit a été calme.

 

*

 (clic !)

Chronik (36)

 

La pluie. LA PLUIE ! Ciel, que c'est bon. Et doux. Et frais. Inspirez, expirez, RESPIREZ !

 

 (clic !)

Chronik (36)

 

 

Mercredi 17

   Nuit calme. Plane. Mais mes rêves sitôt le matin s'en sont allés avec la lumière naissante ; dommage, je me souviens d'un film à grand spectacle !

 

 

Chronik (36)

 (clic !)

 

Jeudi 18

   (clic !)

Chronik (36)

    Je me relis, et lapsus qui n'en est jamais vraiment un, je découvre qu'au lieu de la phrase "j'ai supprimé les morts", j'ai écrit : "j'ai supprimé les mots". La chair de l'écriture. Sa représentation. Ses symboles !

*

    On se forge soi-même de bas plafonds de verre. Sans se rendre compte de rien. En acceptant ses limites. En fermant les yeux. En ne se faisant pas aider. Mais par qui ? par qui ? On prend pour de l'orgueil ce qui est de la douleur, et nos "fiertés" finissent par étouffer nos rêves, mais aussi notre réel.

 

Chronik (36)

 

*

  Je suis l'oiseau tordu dans les branches cachées
Je claudique d'un œil et cligne d'un seul pied
Un carré bleu ténu s'ouvre dans les nuées
Mais alourdies mes ailes ont du mal à voler.

 

Chronik (36)

(clic !)

 

  Vendredi 19 août

     Nuit verte. C'est la couleur qui m'est venue en tête. Comme l'ombre fraîche et silencieuse des sapins dans la parenthèse nocturne des hivers de jadis.
Me revient, du coup -analogie- quelque chose de Rimbaud ... à vérifier : "J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies", surement dans "Le bateau ivre" ...

(un temps)

Oui, c'est ça, et seulement pour le plaisir, je recopie le reste de la strophe concernée:

"J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !"  

 

... c'est beau non ? L'Ardennais me poursuit de ses mots depuis le collège. C'était probablement une tête à claques à vivre et l'influence scolaire a-t-elle sans doute (ah ! l'enseignement !) fait que sans elle je n'aurais jamais découvert des textes qui m'ont plu et d'autres qui m'ont rebuté, mais dont "au moins" j'ai eu connaissance. Probablement aussi qu'à un moment donné je me suis bêtement amourachée -intellectuellement- d'un personnage complètement à mon opposé : libre (dans sa tête) et semblable à moi : habité par les mots ! Peut-être était-ce convenu, aussi, de s'intéresser (alors) à Rimbaud, quand on était ado : une sorte de snobisme lycéen, je ne sais pas. Ce ne sont là qu'essai de compréhension rétroactif mais peu importe ! Et puis, il y a cette superbe photo faite par Carjat et les si nombreuses reprises graphiques toutes plus réussies les unes que le autres (celle d'Ernest-Pignon-Ernest, quelle splendeur, quel plaisir de l'œil !) J'ai tout ça, dans des tiroirs, des rouleaux, des coins, quelque part, mais où,  allez savoir, dans mon foutoir ! Tout doit être dans la grande Toile d'araignée, celle où il y a à boire et à manger !

 

 *

 

    Vu un film espagnol qui m'a plutôt plu :"Eva en août" ; j'ai souri en pensant qu'il y avait un autre film qui titrait : "Milou en mai". Le jour où j'ai appris qu'il y avait une écrivaine qui avait pour nom Agota Kristof, j'ai éclaté de rire en face de celle qui me l'apprenait ; en fait je croyais à une sorte de blague. Ça me faisait penser immédiatement à Agatha Christie, mais apparemment il n'y avait que moi qui voyais un rapport. Ce genre de parallèles m'amuse beaucoup.

 

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>