Kronik (40)
Jeudi 22 septembre 2022
(Les photos sont trop petites ? Cliquez et ça s'ouvre !)
Aube. "Pi ! pi ! pi ! pi !" ... Merci, l'oiseau, de m'avoir accueillie de ton chant, en ce nouveau matin du monde.
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"Le peuple des têtes penchées" : je me dis souvent ça, pour bien des choses, et en particulier concernant les téléphones. Je rictussais une fois de plus en voyant cet ado à l'arrêt de bus en contrebas, puis détournai la tête, pour, quelque temps plus tard, m'apercevoir qu'il était passé à autre chose, et semblait même rêvasser ! Peut-être devrais-je, sinon supprimer mes œillères, au moins élargir -un peu- leur champ de vision.
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C'est drôle, j'évoquais hier eau et robinet dans ce que je postai la veille et, dans la lecture du soir qui suivit, je tombai là-dessus : "Si je pouvais, j'quitterais la zone et la vieille et j'irais me loger en ville. J'aurais un appartement et une cuisine avec plein de robinets qui couleraient toute la journée" ... synchronicités ?
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Je n'aime pas les mouches, elles m'agacent, elles tonitruent et se déplacent avec fièvre, nerveusement ; il en est une qui nous nargue depuis au moins deux jours, comme si elle suivait nos déplacements. J'ouvre alternativement toutes les fenêtres mais non, elle a élu dirait-on domicile intra-muros ! Désolée mais ne va pas te plaindre si je finis par te tuer, toi, je t'aurai laissé plusieurs chances.
Analogie. Me revient cette phrase de Char : "Entre deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d'appeler une mouche madame".
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Fière de moi, j'ai réussi à me forcer à une séance de pilates (rouillée, après tout le temps passé à n'en plus faire) ; je n'aime pas le sport, je n'aime pas me bouger ; pour moi, à la ville -en vacances, c'est autre chose, l'air, les expos, la mer, les ailleurs- rester chez soi au milieu des livres, des films et des divers bricolages n'est pas une punition, mais un plaisir ... il faut cependant ménager la chèvre et le chou, et faire un petit quelque chose pour son corps et ses mouvements ... crouic-crouic ! ... flll-flll, burette de re-huilage des engrenages ...
Sentir ses rouages et garder le contact avec le sol. J'aime tant être pieds nus ; si je le pouvais, je marcherais ainsi dans la rue.
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La mouche a dû prendre mes menaces au sérieux, puisqu'elle a fini par prendre ses pattes à son cou et s'en "ailer" pendant ma séance pilatesque ... bon vent la b'aile ! Et me vient encore une chanson, celle qu'on entend dans une série des débuts de la télé, "Les compagnons de Baal" : "Gloire à ma sœur la mouche, à l'oiseau dans le vent, à tous les animaux qui vivent sur la te-erre ..." !" Sourire ! T'as raison, accrochez-vous, mouche, oiseau, "veau, vache, cochon, couvée", car nous ne sommes que poussière dans le vent de la vie.
Vendredi 23 septembre
Détails synchroniques. Hier soir, répèt théâtre en nombre très très limité (et après on me fera des réflexions les rares fois où je ne peux pas venir, pfff !). Du coup, vite bouclé entre "Chrysale" et "Philaminte" (oui, pour l'instant c'est la même pièce, on re-joue !). La conversation dévie, de la langue de Molière, à celle d'aujourd'hui et à ses sub-claquants, du subjonctif de l'imparfait au passé simple, puis sur le vocabulaire de la cuisine, autour de la table, c'est le cas de le dire, et à divers récipients pour cuisiner, puis pour contenir. Je me retiens, craignant bêtement d'être ridicule -où va se nicher l'amour-propre, parfois ?- de prononcer le mot "ravier", qu'on entend pour le moins rarement, d'autant que c'est un mot que je trouve -allez savoir pourquoi- étrange. Et puis ce matin, par deux fois, je l'entends ce mot, et je hausse le sourcil et souris, comme nom propre d'un sénateur (en rapport, je crois, avec la nouvelle des réfugiés que le gouvernement se propose de faire émigrer dans un village de Bretagne). Et ... non, je n'avais pas entendu ce nom avant. Ces petits "hasards" me font toujours plaisir. C'est comme si on rassemblait des miettes de puzzle. En y réfléchissant, le mot "ravier" m'évoque cantine, betteraves rouges en cubes et carottes râpées. Et je constate qu'il n'y a pas cet élément de vaisselle dans mes nombreux "outils" de cuisine.
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Ce blog s'essouffle, je le sens bien, même si j'y "parle" beaucoup plus qu'avant. Peut-être m'aigris-je, sens-je l'inutilité de cela, ou peut-être que le jeu n'en vaut pas assez la chandelle. Le mot "aride" me vient en tête. "Dust in the wind", comme je disais.
Samedi 24 septembre
IL a, pour illustrer d'une citation sa photo d'aujourd'hui, choisi une phrase de Roger Linhart, maoïste convaincu d'un mai qui fut vécu comme révolutionnaire (mais peut-être pas pour les bonnes raisons). Je me suis sentie replongée, post-ado, dans les après 68, et le nombre d'occurrences très élevé dans les conversations, de ce mot, "usine". Je ne comprenais pas grand-chose à ce qui s'était passé, à ce qui se passait, et je n'imaginais pas non plus ce qui se passerait, bien des années et des années plus tard ... quand donc notre dégénérescence générale a-t-elle commencé réellement dans ce pays ? Mais je me rappelais ce nom, et j'avais acheté "son" livre, "L'établi", que du coup j'ai ressorti de ma bibliothèque, et qui fera peut-être une paire d'heures (en diagonale ?) de mes futurs couchers après "mon colleur" ... la thématique est commune, celle de la vie de l'ouvrier, et son engagement politique. Comme cela me paraît anachronique, en tout cas les vifs concepts et les pensées radicales -autres que celles d'aujourd'hui- de cette époque d'alors !
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Regardé "Dédée d'Anvers" à la télé. Allégret. De la brume, mais en studio, on le devine, on le "verrait" presque, aujourd'hui. Le regard change sur la fiction. Et depuis quand Simone Signoret m'agace-t-elle autant ? Est-ce parce que dès la première image elle mâchonne quelque chose en ouvrant la bouche, et qu'elle jette le paquet dans le fleuve, de même que par la suite dans le film tous les mégots atterriront ailleurs que dans des cendriers. Je serais obnubilée ? Peut-être. Et puis non, je ne sais pas, je n'aime pas (plus ?) sa démarche, sa façon de parler ... ou est-ce le personnage que je n'aime pas ? Serais-je poreuse à cette attitude qui consiste à mélanger le fictif et le réel ?
En parlant de film, j'ai revu encore et encore "Seul au monde" ... bizarre comme, chaque fois que je re-découvre un film, j'y remarque des choses différentes et/ou supplémentaires. Et les invraisemblances sont de plus en plus visibles ... dommage.
"Wilson", ici, et puis au milieu d'une autre page, "noyé" dans d'autres images
Dimanche 25 septembre
Encore la puissance des rêves, et cette impression de "réalité vraie", des gestes sur la peau, des larmes, des hontes, des sourires, des paroles dites, des regards échangés, des lieux où l'on marche à nouveau, avec des souvenirs plein les mains. Vestiges. Vertiges ...
© Le Krop







