Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Kronik (51)

Publié le par Nikole

 Lundi 21 novembre

    La grande est repartie. Yoyo de ses voyages Sud-Paris-partout, entre les stages, le travail d'appoint, et les visites à sa maman. Cet appart devient un carrefour, un refuge, un endroit où on pose sa besace un court temps entre deux aventures de la vie. Ce n'est pas pour me déplaire. Et même ça me plaît beaucoup ces retrouvailles vives. Pointillés. Dans les interstices, je jouis d'une solitude choisie, je ralentis, je réfléchis, j'écoute le silence et le bruit. Les miens. Après ceux des partages. Avant ceux d'autres.

 

 

                                                                 First Aid Kit, Angel

 

Mardi 22 novembre

    Ouvrir en grand la fenêtre encore noire avant le matin, retourner dans la chaleur et écouter "dehors" : oiseau toujours proche, en catimini, et mélodies traînantes tout là-bas, des routes chuintantes, aujourd'hui de pluie, et des rails glissants. Mais pas fort. Juste comme en un rythme épisodique et lent.

*

 

Kronik (51)

 (expo, Chaumont-sur-Loire, 2011)

 

    Sur arte, c'est un reportage sur mes chères abeilles. Voyage exotique en Chine, dans une province de terres rouges. Ses essais bio ; courageux. J'ai déjà, céans, évoqué plusieurs fois les abeilles (ICI, en particulier) et ressens une grande admiration pour ces peuples animaux organisés (les abeilles, les fourmis) qui me rappellent que quand un plein nombre de petits "fonctionnent" ensemble, une force est inimaginable de puissance. Le grand soir ? Je déconne, je préfère les grands matins. Premier souvenir de lecture concernant lesdites : Maurice Maeterlinck, "La vie des abeilles", sur un vieux bouquin de bibliothèque couleur miel. Qui m'a fait découvrir cet écrivain belge sur d'autres chemins : le théâtre symboliste.

"Que l’œil s'approche [d'une ruche] et tâche de se rendre compte, et voilà la complexité effroyable des phénomènes les plus naturels, l'énigme de l'intelligence, de la volonté, des destinées, du but, des moyens et des causes, l'organisation incompréhensible du moindre acte de vie.(dans le livre cité)

 

Mercredi 23 novembre

Kronik (51)

 

    B'alors, si faut s'coucher à deux heurs du matin pour faire, royale, une nuit "complète" (jusqu'à huit heures ...)

*

     Il faut avoir lu "Les trois sœurs" de Thékhov pour le théâtre-2 de demain ... le livre me tombe des mains ! Je n'y comprends rien et je trouve ça d'un ennui abyssal. À défaut d'apprécier le contenu, j'aime beaucoup l'illustration de couverture du petit ouvrage de référence :   

 

Kronik (51)

(William Paxton, Tea leaves, détail)

 

Jeudi 24 novembre

     Théâtre-2 : Pendant une heure et demie, la metteuse en scène nous parlera de Macha, Olga et Irina et elle réussira à m'intéresser à la pièce. Ensuite, curieusement, des impros, sans que nous nous en rendions compte, nous mettront en accord avec certains des personnages, cadrant avec ce qu'elle a déjà pressenti de nous ... à suivre !

 *

     Cellule de crise au théâtre-1 : mon "mari, Chrysale" a attrapé le covid ; tristes, nous sommes obligés, pour la deuxième fois, d'annuler la représentation des "Femmes savantes". C'est la poisse, cette pièce, depuis la rentrée !

 

*

 

    Avec un mal de tête devant le film du soir, je me suis endormie devant "Contagion", le temps de voir le début : "2e jour", où une femme rentrant d'un voyage en Chine succombait à un virus inconnu, et quasiment réveillée, après quelques intermédiaires flous où les humains tombaient comme des mouches, à l'image finale, "1er jour" où l'on voyait une chauve-souris déféquer, lesquels excréments tombaient dans la nourriture de porcs destinés à l'alimentation de restaurants ... le processus était lancé, et une catastrophe sanitaire en marche.
Je LUI fais remarquer que le covid -exact scénario de ce qui s'est passé- a donné l'idée du film ; ce à quoi il me répond que ledit date de 2011 ... alors j'ai vraiment, vraiment flippé !

 

   

Vendredi 25 novembre

Kronik (51)

 

   Une douleur à la tête m'a réveillée avant six heures. Deuxième migraine en trois jours ... j'avais oublié. Grâces soient rendues à la science et à l'inventeur des triptans : je resterai un peu vaseuse et fatiguée toute la journée, mais la douleur vive aura elle vite disparu !

 

*

    Christian Bobin est mort. Je suis triste. On vieillit et on avance au milieu d'un champ de vie trébuchée, où ça tombe de plus en plus : logique et normal ... mais faut s'habituer !
De lui : "Voir, entendre, aimer. La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin au réveil".
Encore : "Tout le mal dans cette vie provient d'un défaut d'attention à ce qu'elle a de faible et d'éphémère".
Enfin : "Le jour de notre mort traverse chaque jour de notre vie comme une eau plus sombre dans l'eau limpide, mais nous sommes trop agités pour le voir et saluer comme il convient notre prochaine disparition dans toutes présences du monde".

 

Kronik (51)

 (Chaumont-sur-Loire, 2011)

 

Samedi 26 novembre

    Une tempête sous un crâne m'a, encore, réveillée à cinq heures et demie : marre ! Droguée rendormie, j'ai vogué en de puissants rêves, la voile de mon bateau nocturne gonflée de songes que jamais je ne fais d'ordinaire : pluie persistante atmosphère film noir auprès de la cabane du grand-père, laquelle cabane maison et monde d'antan n'existent plus depuis longtemps, passage dans le ciel, façon chemin céleste Peter Pan, d'enfants en apesanteur -dont le petit dernier faisait "cul berceau"- tous habillés façon Rockwell, et pendant que je regardais ça, un mugissement terrible me fait tourner la tête ... derrière la fenêtre, juste là, tout près, une vague-tsunami à la Hokusaï s'apprête à m'engloutir, et alors que je me résigne à être engloutie en espérant n'avoir pas le temps de souffrir, je me réveille en douceur, comme échouée sur la grève. Ces trois points : l'apesanteur (rêvée une seule fois jusqu'à présent, ICI), la mort imminente, et la vieille cabane noire aux araignées de mon enfance, ce sont des choses vécues cette nuit assez troublantes, comme si un monde parallèle etc. etc.

 

Kronik (51)

 

Dimanche 27 novembre

   Et allez, mal de tête au réveil : épuisant, fatigant ... parfois je me demande (je démarre vite) si je n'ai pas un "truc grave" qu'est en train de s'installer. Nausées, en plus : shit !

*

   Bon, "ma douleur s'est assagie, et est devenue plus tranquille", pour paraphraser l'autre. C'est pas encore la grande forme mais c'est déjà ça : vais-je donc me mettre à craindre les matins ?

 

Kronik (51)

   

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>