KroniK 57 (2023-semaine2)
Lundi 9 janvier
À peine avais-je lu les remarques de Patrick dans son commentaire concernant la langue française au Canada que j'entamai mon petit dèj devant, à la télé, un reportage sur les "cabanes à sucre" dans ce pays. Moi qui ai toujours du miel à la maison, je me suis dit que j'achèterais bientôt du sirop d'érable, autre sucre dont, à part son goût délicieux, je ne savais pas qu'il était bon grâce à certains éléments qui le constituaient (calcium, magnésium ? j'ai oublié, je vérifierai).
Dans le reportage, on rencontrait plein de gens dignes d'intérêt, dont cette famille vivant dans la nature et l'apprenant à ses enfants au jour le jour.
Vous ne couperez pas à la ritournelle de circonstance que j'ai déjà proposée ici : Bon, je sais bien qu'il ne s'agit pas "forcément" dans la chanson du même sucre (réel ou métaphorique), mais ça n'a pas d'importance pour moi, ça reste du sucré dans le lexique, et vous n'allez pas me casser du sucre sur le dos pour ça ! Je m'aperçois, avec le lien proposé, que je fais mon miel de toujours les mêmes fleurs ... bah, c'est mon monde.
Chansons sucrées
Mardi 10 janvier
Ce jour, collusion désagréable dans la circulation intensive de la pièce. En m'aidant dans sa "déconstruction", son ficelage et son scotchage, dont le rouleau lâche d'un coup, PAF ! accident de sapin : IL m'a décoché un direct du droit dans la tronche ! J'ai vu trente-six chandelles, au moins aussi lumineuses que les loupiotes que j'avais ôtées du conifère. Quand on va me croiser avec la "pétéchie" multichrome qui ne va pas manquer de s'imprimer sur le front, juste entre les deux arcades (chic, je vais pouvoir jouer "Rhinocéros" de Ionesco sans trucage !) les gens vont me regarder comme si j'étais une femme battue. Et une folle, en plus, si je leur dis joyeusement : "C'est rien, c'est un coup du sapin !" Jingle bells !
(affiche lacérée dans le métro parisien)
Mercredi 11 janvier
Sortir un peu, direction Bastille, galerie Polka.
Dans le métro, je verrai une fille qui lit mais avec de la musique dans les oreilles : pas envie de chercher à la prendre en photo. Et sentiment de "mésalliance" des intérêts.
Dans le métro, dans l'autre sens, je suis étonnée par l'homme en face de moi. Je sais pourquoi : il est habillé tout de noir avec une certaine élégance, ce qui est assez rare, et ses souliers sont cirés avec grand soin. Il ressemble un peu à Philippe Djian. Tout le temps que durera la "confrontation', il ne bougera pas d'un pouce (ni d'ailleurs d'un autre doigt) et regardera quelque chose sur son téléphone, qui ne dérangera aucun de ses traits.
Chez Polka, entre cet aller-retour, deux très belles expos, l'une de Toshio Shibata et l'autre d'Alexander Gronsky.
Pour le second des deux cités, malheureusement, photos ratées car appareil déréglé, mais je vous invite à suivre ce lien.
Jeudi 12 janvier
Dès le matin, dehors il pleut ... S'offrir, après le café-tartines, ce luxe immense de retourner un peu au lit, juste, JUSTE pour le plaisir chaleureux de la couette et celui, infiniment étiré, et bien vécu, de la retraite et la vieillesse assumées comme sereines et quasiment heureuses. Celui de la vie lente.
Sortie après la pluie chercher le pain, j'ai, dans l'air frais apaisé et encore un peu aquatique, senti un plaisir immense et quiet à ces quelques pas, me sentant bien, sans souffrance, les pieds dans le présent, à goûter cette joie simple et infinie d'être VIVANTE. Dans la rue, silencieuse, j'étais seule.
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Avenue Delattre, rentrant du "théâtre2", en jetant l'œil à travers la vitrine d'un restau de sushis, je vois, au loin, derrière le comptoir, une vieille femme asiatique au regard triste, si triste !
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IL m'apprend que Jeff Beck est mort. Encore un ... Ce n'est pas ma culture musicale, sauf ce morceau que j'aime, juste après ces mots, et que j'attribue à tort, toujours, à quelqu'un d'autre !
De façon erronée encore, j'ai filé voir Gogol en cherchant une pochette en papier kraft illustrée d'un poisson, dont j'étais sûre qu'elle fût du groupe auquel il appartint, Beck Bogert and Appice ; je découvrais alors que je m'étais fourvoyée, pas plus de poisson que de beurre (blanc) en branche -d'ailleurs, je n'ai pas retrouvé ce que c'est, help les personnes culturées dans la chose- mais une autre pochette avec leurs noms assemblés, bien plus classique, et que je me rappelle bien avoir vue, celle-là, jadis, dans la chambre de mon frère. L'occasion d'en extraire ici une chanson doucement, dont le titre évoque un abandon ("surrender") avec cette mort, qui en est un.
Vendredi 13 janvier
Jour du poisson, le vendredi, on disait, quand j'étais gamine. Et mon coup de gueule sur le leurre des emballages. Qui sont deux fois plus grands que leurs contenus, histoire de nous faire croire qu'il y en a beaucoup. 400 grammes, ça ne me parle pas vraiment en terme de volume, et un paquet plus petit ne m'aurait pas fait ciller ni ne m'aurait détournée de mon achat, mais je déteste qu'on se foute de ma g..... pour tous ces trucs ; ça, et en particulier les prix qui ne changent, pardon, ne "changeaient" pas, mais dont on diminue le poids : gâteaux passant de 100 à 80 g, œufs vendus non plus par douzaines, mais dizaines, etc. etc. etc. Que croient-ils ? Qu'on est assez bête pour ne pas s'en apercevoir, non mais sans blague ! Et en plus, et qui est LOIN d'être négligeable, quel gâchis de papier !
Les filets ? Ben oui, ils étaient très bons, manquerait plus que ça, qu' "en plus", ils ne l'eussent point été !
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L'après-midi, excursion audit mahJ (Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme) pour y découvrir une très belle expo d'Erwin Blumenfeld. Nous en avions déjà vu une autre, il y a plusieurs années, au Jeu de Paume, qui était centrée sur sa période "mode" ; là, expo 1930-1950 sur toutes ses tribulations ! Un beau lieu et un bonheur d'expo, que je vous conseille.
(une de mes photos préférées, 1937)
Samedi 14 janvier
En ce jour, des remarques "de trottoir" : un microcosme civilisationnel, en fait, toujours sur ces quelques dizaines de mètres, de pas, entre le pain ... "maison Chopin" (ça ne s'invente pas, ou plutôt si, et joliment !), et mon immeuble.
Ce rétro encapuchonné du drapeau français, dont je n'ai pas compris l'utilité : le fond, à la rigueur, mais la forme ... ça m' a fait penser, bizarrement, à ces chienchiens qu'on habille. Un sentiment d'incongruité, en somme. IL présumera que ça date du foot pas si lointain.
Tous les ans à la même époque, c'est pareil : des sapins abandonnés traînent n'importe où : la semaine dernière disséminés sur le devant de l'immeuble, devant les autres aussi ; aujourd'hui, en plus, des aiguilles partout, de l'ascenseur à sa destination, j'étais furax, qu'au moins ils passent un coup de balai. Et en plus, un enclos métallique a été installé pour les déposer, tout près, au bout de la rue : bande de feignasses. Bon, à la décharge -c'est le cas de le dire-des personnes abandonneuses des ritualisés conifères, l'endroit n'est pas vraiment signalé, au moins pour les nouvelles personnes habitant le quartier, mais les anciennes ! Oui, encore, c'est vrai, si on ne lit pas la feuille de chou de la ville, on peut ne pas savoir, d'autant qu'aujourd'hui, il n'y avait même plus la feuille 21x29,7 apposée sur les barrières concernées ... papier collé côté rue, tant qu'à faire ! Grrr !
( j'me casse ...)
Le temps de viser le déploiement dans l'air, l'oiseau s'était déjà posé ... les ailes des volatiles et mon œil, c'est une confrontation sans cesse recommencée. Je voudrais tant, cueillir leur élan et l'emprisonner plus matériellement que dans mon regard ; quel drôle de mot, "emprisonner", pour parler des oiseaux : je devrais avoir honte.
Tiens, et j'avais oublié ça, aussi. La semaine dernière, un matin, tôt, on frappe légèrement à ma porte. Le temps d'arriver à l'entrée et de regarder par l'œilleton, je vois disparaître une ombre dans l'escalier ... soit ! ça ne devait pas être important. Et un peu plus tard, je me souviens que quelqu'un devait passer vérifier les ventilations ... on nous avait prévenus fort à l'avance et retiré le papier bien avant la veille, donc j'avais oublié, et en plus le type fait tout pour que je ne l'entende pas ! Second tour prévu donc, et heure vachement précise : matin ; j'adore !... Il va avoir droit à mon affichette lui enjoignant de SONNER ! De toute façon, les appareils à ventilations, on les a démontés et nettoyés à donf, et IL les a bloqués en position ouverte ! La crasse est installée dans les tuyaux, qu'est-ce qu'il va regarder, le mec ?!
Dimanche 15 janvier
Découvert avec un instant d'espoir la vidéo suivante sur arte, tentant de démontrer que selon le proverbe, "la musique adoucit les mœurs" ...
D'ici à là, il n'y a qu'un pas ... de danse, que je me hâte de franchir ; hors de toute considération politique ET religieuse, je suis emportée vers le passé et mes danses folkloriques de collège, où, entre autres musiques et farandoles de plusieurs pays, nous prenions notre pied à faire ce genre de choses ...
La musique et la danse devraient être des havres de paix.
(œuvres de Banksy)












