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KroniK 56 (2023-semaine1)

Publié le par Nikole

 Mardi 3 janvier

 Kronik 2023- semaine1

(Folle danse de ©rayons dans l'ombre)

 

     Tous ces jours passés sans écrire ... comme ils sont déjà loin les mots de l'année dernière. Mais on ne saurait être devant soi et devant les autres. On est unique mais on n'est pas ubique. Et le partage avec la vie des "nôtres" est la plus belle des écritures, celle du cœur.

*

    Aujourd'hui : descendue faire quelques courses, je l'ai fait par inadvertance à une heure où je me suis retrouvée au milieu des piaillements enfantins de la sortie d'école du quartier. La plupart mangeaient qui un beignet, qui, un gâteau sec. J'ai pensé à mes antiques sorties d'école : il me semble que j'attendais d'être à la maison pour goûter. J'ai, à un moment donné, entendu ce dialogue extraordinaire :
- Tu veux que je t'achète un goûter à la boulangerie ?
- Non papa, ne gaspille pas ton argent.
Je n'en revenais pas.

*

 Avant aujourd'hui : rembobinage, souvenirs en vrac à remiser dans les tiroirs de la tête ... pousser ces murs-là aussi.

 

Kronik 2023- semaine1

clic pour ouvrir la nuit qui s'avance !

 

 Jeudi 5 janvier

    C'est en voyant ce midi quelques images sur les rêves que je me suis rappelé des bouts de celui de cette nuit, alors que je l'avais oublié en bloc ! J'ai retenu de ces quelques minutes d'émission l'importance des songes (ce dont je suis de toute façon persuadée) et le fait qu'ils sont déterminants dans notre compréhension de nous-mêmes. Une sorte de gps de nos vies, disait la personne interrogée, une carte des directions à prendre ou à éviter, via nos propres symboles ; elle parlait aussi de la positivité des cauchemars, même s'ils nous sont désagréables, ils sont un bon signe, malheureusement je ne sais plus de quoi. Il est rare que je rêve de mes proches, mais LUI habite parfois mes nuits depuis quelque temps, même s'il n'est jamais seul : il y a toujours beaucoup de monde dans mes rêves, et je m'y meus souvent au milieu d'un grand nombre de gens, et en des lieux alternatifs à celui où je vis. Cette nuit, ma grand-mère paternelle (pas beaucoup fréquenté l'autre, qui ne nous aimait pas) volait pour moi un passeport ; je devais ensuite réparer psychologiquement les dégâts, éviter qu'elle ne se retrouve à la gendarmerie, et pour cela je parlementais avec une femme. Qui connaissait l'homme au passeport -Tonino- dont j'étais subitement tombée amoureuse : ma grand-mère voulait m'aider pour que je connaisse son nom, d'où le vol. Il m'arrive d'avoir des coups de cœur pour quelqu'un, dans mes rêves, mais même dans ce monde parallèle, la morale l'emporte toujours, et je ne veux pas trahir mon amour réel : c'est une chose que j'ai du mal à m'expliquer que ces barrières si bien ancrées. Tu es là, peut-être alors, TOI, parfois, comme mon ange gardien, celui qui me permet de garder le cap sans avoir rien à regretter ; le cap (gps ?)

 

*

    Envahie par la colère en tombant sur les propos mous, lâches, insupportables du ministre de la Désinstruction nationale, je la laisse éclater ici, même si j'avais dit que j'éviterais ce genre de sujet ; tout le monde ment, je peux bien le faire une fois en passant. Ce serpent aux paroles lénifiées, clairement, de peur de se faire couper la tête, et après tout, étant peut-être d'accord pour qu'on la tranche auxdits mécréants, aura du sang sur ses mains de pourri la prochaine fois que des assassins ne supporteront pas qu'on défende la république au regard de la religion prônée par l'islam dur. Pauvres proviseur(e)s, pauvres professeur(e)s ou en danger de mort, ou malheureux et malheureuses auto-censeur(e)s le ventre en potentielle capilotade : comme tout cela doit être difficile à vivre quand on a un peu d'honneur, je les plains sincèrement. Le roitelet macaron s'est fait poinçonner une fois de plus son ticket pour l'Enfer en nommant ce connard haïssable.

 

Vendredi 6 janvier 

    Mes réflexions, mes vagabondages de la tête me viennent souvent de l'œil. Je tombe sur des choses à la télé, et je change vite de chaîne ou au contraire un "truc" m'accroche, et je ne bouge plus. Je l'avais déjà vu ce film sur Auroville, peut-être même en partie à Arles, il y a une paire ou plus d'années, au milieu d'autres thèmes. Je l'ai revu avec la même interrogation, le même étonnement, la même attente.
    L'histoire a commencé il y a bien longtemps, même avant le film, qui date de 1964, mais où bien des choses étaient encore à construire, et stricto sensu même, des bâtiments.
    Si le côté gourou, ou plutôt gourelle -il s'agit d'une femme, qu'on appelle "la Mère"- peut agacer et causer a priori une gêne ou un rejet, de l'extérieur -on a vite fait d'imaginer religion radicale ou secte- l'attitude calme, presque lente des personnes concernées, peut interpeller. L'intervieweur en dit : "Quand on leur pose une question, il y a toujours un silence avant la réponse : ils réfléchissent, puis parlent". C'est particulièrement inattendu lors du dialogue avec deux petites filles, de 10 ans je crois. Quand on les reverra, dans un second film de 2008, je serai étonnée de voir à quel point je les reconnais, en tout cas dans la personnalité. Paradoxalement, alors qu'on aurait pu penser qu'elles étaient sous l'emprise de la pensée d'une autre, on les voit alors parfaitement en accord avec une sérénité, une paix intérieure très forte ; c'est en tout cas ce que j'ai ressenti. L'absente de chaque instant, c'est la colère, personne ne souffre jamais de ça : je dis "souffre", car si la colère est un exutoire passager, elle est sinon une souffrance, en tout cas le reflet de cette souffrance, souvent consécutive à un sentiment d'injustice. Mais les gens d'Auroville ne souffrent pas, ils choisissent d'être là et de faire ce qu'ils font. Si, il y a une autre absence, celle de l'argent ; certes il est là, mais pas de façon négative et mortifère, et pas dans une guerre d'acquisition et de pouvoir. Tout ça est tellement loin de nous que c'est très intrigant.

    Je ne sais ce qu'est devenue Auroville, aujourd'hui, et peut-être n'ai-je pas envie de le savoir. Les beaux projets d'autre vie, d'humanité différente, sont-ils possibles à long terme ? Certaines idées supposent la vertu. Est-ce que des fruits peuvent rester beaux sans que jamais un ver ne s'y loge, contaminant toute la récolte ?

 

    
    Il y a eu cette chanson (difficilement retrouvée, car je cherchais Tri ... Yann, mais pas Tri ... angle ! -Merci frère-Jack-encyclopédie-musicale-)  qu'on a entendue dans ma jeunesse et dont, à l'époque, je ne comprenais pas les paroles, n'étant pas au courant de l'existence de ce lieu.

 

Samedi 7 janvier

    Zap zap ! Oui, je suis véritablement une enfant de la télé : elle m'a toujours nourrie, le tout étant de choisir la nourriture sur le vaste buffet (même si, je vous le concède aisément, c'est la malbouffe qui prédomine !). Il est rare que je m'arrête sur une chanson, mais celle-ci a retenu mon attention. En plus le chanteur a une belle présence, et je me dis que vraiment dans ce domaine j'ai lâché l'affaire ; d'ailleurs je m'étonne parce que ce n'est pas un jeunot, et sa voix me dit quelque chose. J'attends la ref sur l'écran, et ... oui, c'est bien ce que j'étais en train de retrouver : Springsteen. Jamais auparavant je n'ai aimé ce que j'ai entendu de lui, ça m'ennuyait, et puis là, la tenue, les sourires, la voix, les rythmes, les chœurs, que sais-je, ça m'a plu.

 

 

*


    Quand j'ai entendu que la ville de Pantin était transgenre, j'ai vraiment cru à un canular comak. Mais non. Nous vivons dans un monde où la réalité est tellement au-dessus de la fiction dans son énormité qu'on perd et reperd ses repères, que le vrai, trop souvent insupportable, nous paraît faux, et lycée de Versailles. Et ça passe ! TOUT passe ! Arghhhhhhh !
    L'autre jour chez Elisabeth Quin (pas moyen de retrouver le titre de l'émission ...) j'ai à peine eu le temps, au passage, d'entendre le texte inhérent à un dessin fait par l'auteure de bédés invitée sur le plateau ; je n'ai malheureusement pas retrouvé le dessin humoristique, mais je me souviens que ça disait ceci : Pantine, la ville où Perec n'a pas écrit "La disparition" ; j'ai a-do-ré ! 

 

Kronik 2023- semaine1

    (Aux Rencontres d'Arles, cet été, il y avait dans une expo un mur avec des photos de Perec -prises par Babette Mangolte- : je trouve celle-ci particulièrement mimi -même si perso j'aurais ôté, au traitement, le petit truc rond qui dépasse sur la balustrade- ... mais chut !)

 

Dimanche 8 janvier

 

Kronik 2023- semaine1

 

    Quelle est la musique idéale pour nous accompagner quand on épluche des pommes de terre ? Cette fin de matinée, je me suis dit que la chanson suivante, c'était bien ... plus remuant, j'aurais mis des plombes, car j'aurais dansé, et l'heure de mon repas dominical en eût atrocement été retardée ! Épi chanter, ça, on peut !

 

 

    Un beau partage en musique comme j'aime ! "Ohohoooooooooooooo ! listen to the music ..."

    Et juste pour sourire, la même un tout petit peu avant dans le temps ...

 

 

   Beaucoup de jeunes hommes ressemblaient à ces chevelus, à l'époque ; on dirait LUI tout jeune à des moments de sa vie où je ne le connaissais pas encore ! ... 

 

Kronik 2023- semaine1

 

Kronik 2023- semaine1

 

   Pardon à TOI pour le droit à l'image ... mais y'a prescription, non ? Épi priver la postérité de tels documents sociologiques, au demeurant attendrissants au possible, c'eût été tellement dommage.

 

     C'est décidé, je terminerai cette journée sur la facétie et le sourire. Demain sera bien assez tôt pour sortir à nouveau l'agressivité et les choses qui fâchent. Non, pas d'impatience, ça viendra. Pour se mettre de bonne humeur, et pour rester dans les patates -et leur épluchage- qui ont initié l'écrit féculent de ce jour, il y a cette vidéo dont je ne me lasse pas :

 

 

     Aimez-vous, comme moi, ce type d'humour ?

 

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