Métro c'est ... re-nouveau !
Un IMMENSE merci à Gilsoub d'avoir rattrapé au vol mes mots en allés : me permettre de les re-poser a restauré non seulement mon texte, mais ma bonne humeur ! (et désolée pour les commentaires qui, du coup, ont sauté).
Au crépuscule très avancé, nous nous sommes séparées après plusieurs jours de festive amitié, station Bastille, vers des directions différentes : elle pour prendre son train à la gare d'Austerlitz et rentrer à Nice, moi direct pour Charenton.
Il s'est passé quelque chose d'étrange : ma rame était silencieuse et calme. Certes je n'ai compté que trois personnes qui n'avaient pas le dos courbé vers leurs pensées, pardon, vers leur téléphone-cellulaire-mangeur-de-cellules, ce qui les occupait, voire les sidérait, sans doute, encore que pas un(e) ne l'avait pas au moins greffé à la main, mais il y avait, oui, une certaine quiétude. Une tranquillité inhabituelle.
D'autant que le voyage s'annonçait mal, le conducteur nous annonçant que la circulation était extrêmement ralentie, et certes nous nous sommes aperçu(e)s rapidement de cette lenteur, si je puis m'autoriser ce quasi-oxymore.
On se serait cru dans une église en prière, dans une crèche à l'heure de la sieste, dans un film arrêté sur pause. La patience !
Je regardais ce que je pouvais voir de ma place, tentais quelques photos curieusement presque toutes floues, comme si mon appareil était déréglé à l'image, c'est le cas de le dire, de ce voyage sans fin.
Je regardais les gens, cette fille de loin qui me voyait manipuler un appareil photo et qui voulait peut-être protéger jalousement son image ; ce garçon au bonnet vert dont je trouvais inattendu qu'il ait un anneau dans le nez et de fins tatouages sur le cou.
Nous nous arrêtions sans cesse, ou roulions si lentement que je vérifiais de la vitre qu'à l'extérieur le noir et les lueurs se déplaçaient un peu.
Ce son blanc n'était brisé que par l'ouverture et la fermeture des portes. Et, une seule fois, par l'exclamation d'un homme ressorti en trombe en criant affolé qu'il avait oublié son chargeur à l'hôpital.
J'avais l'impression d'être assise là depuis des heures dans un monde fictif, espérant à chaque station que la vitesse augmenterait ensuite, à l'affût des rouages qui reprenaient de l'allant et chaque fois déçue quelques secondes plus tard.
À la longue, après des quarts d'heure et des quarts d'heure d'attente c'en fut trop ; je n'étais plus très loin de chez moi : à la station Liberté, je l'ai prise, suis sortie à l'air vivant et ai terminé le chemin à pied.