So long, Marianne ...
©Dennis Morris
Était-ce prévu que l'expo qui commence à la MEP du photographe-musicien soit émaillée de portraits de la chanteuse anglaise morte il y a quelques jours ? En tout cas la concordance de dates lui rend du coup hommage.
Sa voix éraillée ne me touchait pas et son œuvre musicale ne fait pas partie de ma culture. En fait je l'ai ignorée. Jusqu'à Before the Poison. Ce ne sont pas forcément les gens dans leur ensemble qu'on admire, mais un trait vous atteint, une chanson soudain vous happe, vous remue.
CELLE-CI me rappelle un moment précis. Comme parfois, je te suis où tu es dans tes déplacements de travail. Nous roulons à la fin d'une longue journée vers Viry-Châtillon. Il fait nuit. Alors sans doute est-ce l'hiver. Oui, il fait nuit et nous sommes fatigués. Depuis quelque temps j'ai cette chanson qui m'accompagne parce qu'elle me pulse. Et c'est encore celle-là que j'écoute dans ta caisse, à fond la caisse. Tu es peut-être excédé, je crois me souvenir que toi cette chanson elle ne te fait rien, et les hauts décibels te heurtent. Mais tu me laisses faire. Et tu me laisses m'agiter à côté de toi comme si j'étais sur une piste de danse. Les sons battent dans mon corps et je ferme les yeux. À côté de moi, tu es attentif à la route noire qui avance.
Je t'entends sourire ...