... sans oublier tous les autres ...
Il y a quelques jours :
- Ben, tu ne dis rien de Boualem Sansal sur ton blog ?
- Non, je ne sais pas quoi dire, et puis penser à lui me retourne l'estomac.
- Mais tu dois être contente maintenant !
- Pourquoi ?
- T'es pas au courant ? Il a été libéré !
Je suis sonnée et ne réagis pas, la nouvelle ne va pas tout suite jusqu'à mon cerveau. Ravie, je suis ravie de m'être trompée, moi qui étais persuadée qu'on laisserait cet homme croupir et mourir dans les geôles-du-pays-au-régime-pourri où il naquit.
Je lui en ai même voulu : "Naïf, que diable allais-tu faire dans cette galère ? Tu ne sais donc pas de quoi sont capables ceux qui t'ont enchaîné à leur haine ?"
Ce qui a pu être dit ensuite, je n'ai même pas cherché à l'écouter : il était en vie, il quittait ce pays merdique (et pas forcément grâce à ceux qui auraient dû le plus œuvrer pour ça) mais cela même de savoir qu'il était en vie suffisait à mon bonheur tout ponctuel !
J'ai sorti le cadre calé contre une des lampes de mon salon, ai relu ces deux citations de lui que j'avais inscrites sous un portrait trouvé quelque part, et remis le cadre en place. Pour ne pas oublier ! Même si je sais que je n'oublie jamais ces évènements-là. Ni les personnes qui subissent encore et toujours. Injustement. Despotiquement. Sans une once d'âme de leurs bourreaux. A fortiori quand ils sont à la tête d'un pays.