Chronik (13)
Samedi 18 décembre.
Depuis quelque temps déjà, et sans que je lui aie rien demandé, mon ordi affiche la température, assorti d'un élément de phrase : "Il va pleuvoir", par exemple. Soit ! Ce matin, imaginant un bug informatique, j'ai découvert qu'il faisait 44° ... avant de m'apercevoir qu'y était adjoint un F, que je suppose vouloir dire Fharenheit. Pourquoi, soudain ?
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Entre-aperçu lors d'une vidéo un gamin issu d'une quelconque émission de m.... où ils sont pris pour des génies (j'invente, mais plausible vu ce qu'est devenue la télé !) et à qui on demande ses choix dans divers domaines. Quand on l'interroge sur le mot qu'il préfère dans la langue française, il répond, souriant et fier de lui : "Wesh" : pauvre petit con décal(qu)é !
Codicille, après coup (à la relecture) : La veille, j'avais regardé, surtout parce qu'y jouait Olivier Saladin, un film, "La bonne conduite", qui m'avait mise mal à l'aise sur son décalage -encore- complaisant, presque façon conte, sur des banlieues édulcorées où tous les Wesh étaient présentés comme, au final, presque attendrissants dans leurs "désordres" (il est vrai qu'ils n'y tuaient personne et ne brûlaient pas de voitures) ... n'empêche, même "gentillet", je ne supporte vraiment plus ce cinéma-là (aux deux sens du terme).
Cette conne (on est cerné) d'Hidalgoche (gauche mon cul !) assimile le mouvement anti-islamisme à une haine anti-musulmans et ose le comparer à la haine anti-juifs des années 30. Qu'elle aboie, passons ... Ce sont ceux qui n'ont à la bouche que le padamalgam qui mélangent tout ... bande de nazes ! Tant de mauvaise foi et de déni d'évènements réels m'assomme : qu'elle nous cite donc une décapitation, un égorgement, un bataclan ou un charlie-hebdo qui aurait été diligenté par un juif, à l'époque ... cette nana et d'autres personnes du même acabit, aveugles, retorses, bêtes, bêtes à pleurer, sont dangereuses !
Dimanche 19 décembre.
Est-ce qu'on a mal aux yeux quand on ne veut pas voir ? Où est-ce que cette "explication" ne vaut pas une poignée de cacahuètes ? Est-ce qu'on peut être (inconsciemment) empathique, poreux, "commutatif" ? Ma cadette est rentrée de son boulot éphémère avec une paupière rouge et gonflée. Au moment de me coucher, les yeux me brûlaient et j'ai fini par abandonner mon livre pour les calmer en fermant la lumière. Ce matin j'avais recouvré des yeux calmes ; ma cadette est partie bosser avec deux yeux plus myxomatosés qu'hier ... j'avoue que j'ai admiré son sens du devoir, et que pour ma part j'aurais déclaré forfait, inquiète et consultant, plutôt que d'aller vendre des couteaux dans une boutique de luxe.
Jeudi 30 décembre
Vers quatre heures et demie ce matin, je me suis éveillée. Et n'ai pas pu me rendormir. La fenêtre était entrouverte et l'oiseau qui est resté près de (chez) moi cet hiver a commencé à triller à bec-que-veux-tu ! Comment font-ils pour se nourrir les oiseaux désemparés restés là, avec pour seule pitance à becqueter le gros gâteau vide des temps-grisouille et des arbres dépouillés de vie ?! En contrepoint, l'ours endormi près de moi grognait doucement ses petits ronflements ... avec plus l'envie de rire que de dormir je me suis levée.
Et je retrouve cette écran-page, cet écran-plage d'où s'envolent mes mots comme des grains de sable toujours présents mais dont on ne sait pas où ils vont, dans quels yeux, sous quels pieds ...
Le temps de Noël a passé et le temps des fêtes est encore là, avec les amours, filiales, amoureuses, qui m'entourent, me heurtent et me cocoonent avec l'épaisseur de vie et d'instants étonnants qui les ont habités et les habitent encore ; écrire m'a manqué, mais on ne peut pas à la fois vivre sa vie et l'écrire en même temps, la dire du bout des doigts et du cerveau ... je me suis satisfaite du cœur ... et il me faut cette insomnie pour venir pianoter un peu et me promener quelques instants sur cette p(l)age ...
Je suis la mère, je suis la mer ... ouais, fastoche ... je sais ! Cette phrase est en écho, bien qu'écrite avant, avec le commentaire évoquant cette phonie commune lu sur ma page précédente.
Et puis, ce sont les derniers jours de décembre ; de l'année : il faut boucler "quelque chose", et pour moi, ce le sera toujours par des images et peut-être, "aujourd'hui", encore plus par des mots.
Vendredi 31 décembre, dernier jour de l'année 2021.
De la chambre à peine rosie des premières lueurs calmes de l'aube -j'avais, auparavant, à peine entendu l'oiseau sans doute en rallonge de sommeil blafard- j'ai longuement écouté le silence. La nuit avait été complète, sans ces réveils récurrents qui maintenant entrecoupent mes rêves. Je pensais à demain sombrement prévisible et à tous ces aujourd'hui qui s'emmêlent, zombiesques, dans un maëlstrom pâteux et piétinant. Je me disais
le temps s'est arrêté
il ruisselle de bouts d'histoires inachevées
où nous passons avec notre silence ...
... et puis, de l'autre côté, le temps de me retourner, une couleur vive s'était levée à l'est, et le soleil éternellement magistral me faisait signe de l'œil, comme s'il me forçait à relever la tête. Il a réussi à me faire sourire.





