Chronik (37)

Publié le par Nikole

 

Vendredi 26 août

 

Chronik (37)    Le départ pour les vacances est proche et comme à chaque fois, je suis partagée entre l'allégresse et l'angoisse. Une fois sur la route, je laisse derrière moi le lieu abandonné un temps et les inquiétudes. Mais avant, mon cœur s'emballe comme devant une opération (à cœur ouvert ?) Des vieux restes de traumas du passé, sans doute, sans aucun doute, jamais soignés, jamais pris en compte. Adulte, on se préoccupe rarement de revenir psychologiquement, pour l'alléger, sur ce qui nous a atteints enfants. On se croit forts, ou tout au moins on se penserait faibles de soulever la chape de plomb qui recouvre nos miasmes ou nos peurs. On se dit qu'ancré au plus profond, ça ne bougera plus ; mais certains évènements sont des hommes-grenouilles qui sont allés troubler et remonter les amphores pleines de nos souvenirs. Partir en vacances, enfant, c'est se faire réveiller en plein sommeil matinal et dès cette minute, entendre ses parents fébriles et énervés dans la préparation du départ, dans l'inquiétude du trajet, la peur de tout ce qui peut arriver. De mauvais. Ils ne le disent pas mais leurs émotions négatives sont palpables. Sans doute le père se fâche-t-il parfois, par inquiétude viscérale, aux remarques de notre mère porteuse de la même angoisse. Je ne me souviens pas alors d'une atmosphère autre qu'électrique. Peut-être est-ce un faux souvenir, une projection de la propre inquiétude que j'avais alors. Partir en vacances, enfant, c'est être nauséeuse pendant des heures, à moitié ensommeillée, parce que les médicaments anti-mal des transports atténuent à peine le mal-être des organes, juste assez pour rester proprement dans un coin comme un petit paquet chiffonné n'attendant, résigné, qu'une chose, arriver.

 

Samedi 10 septembre

 

Chronik (37)

 

        On rentrait et la nuit avançait, plus vite que nous ... c'est vrai, le soleil se couche plus tôt, c'est la fin de l'été bientôt, déjà. La conduite de nuit est désagréable, et s'y ajoutait ce nombre incroyable de bagnoles de tous les côtés quand on entre en région parisienne, en même temps que ce flux palpable d'atmosphère citadine lourde, peuplée et énervée, comme sous pression incessante.

 

Dimanche 11 septembre

     Comment peut-on rapporter mille six cent soixante douze images de ses vacances ? Voilà qui dépasse mon entendement ; c'est pourtant ce qu'affiche mon appareil ... Même avec la déclenchite aigüe, j'ai du mal à imaginer avoir appuyé autant de fois. Certes, je multiplie, je mitraille, je compulse sans doute, quoi ! une fois commencée la moisson ; certes je jetterai beaucoup, et ce que je veux happer du présent me sera probablement en partie (et en "grande" partie) inutile ou stérile ensuite, après le sas, le filtre, la trémie ... mais le fait est là, je me suis déchaînée sur ce pauvre appareil devant moult vues, besoins de saisir, impressions et ressentis ... on verra bien ce que donne tout ça, déposé dans la machine, avec des étonnements après coup, des bonnes et des mauvaises surprises ...
J'y vais...

 

Chronik (37)

 

 

Publié dans Arles2022

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P
L’anxiété avant les départs est sensiblement la même que pour tout acte de la vie, je pense . Quand on doute , quand on est anxieux "certifié / tamponné", ce manque de tranquillité psychique devient presque un moteur , sans lequel , un départ ne serait pas "vraiment" complet.  Je parle bien sur pour mon compte personnel, mais je sais que je ne suis pas le seul .............
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Z
Je préfère ne pas parler de vacances... Trop de complexes d'infériorité sur ce sujet...<br /> Très bonne journée
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B
J'ai moins cliqué cliqué que toi, je n'en ai que 1014 ...Restera à voir quoi en faire ...<br /> Bonne reprise du travail de la retraite, un peu de repos après toutes ces pérégrinations.<br /> Bonne soirée. 
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A
Pas de panique ! Cela ne fait jamais que 4 à 5 clics par heure (jour et nuit). Maintenant il ne reste plus qu'à ranger, classer, trier. L'important étant les images que tu gardes en toi.
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C
mes parents ne partaient pas en vacances, je n'ai donc pas souffert de ces "angoisses" ...  mais je ressens malgré tout cet espèce de "tourment" quand il me faut prendre la route pour un long trajet puis au volant installée, c'est la joie de partir (ou de revenir) qui m'habille ...<br /> je suis curieuse de pouvoir découvrir le résultat de ton tri (dans quel boulot tu t'engages) afin de saisir tes joies, tes émotions, ton regard ...<br /> vas-y !<br /> amitié . 
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