Kronik (38)

Publié le par Nikole

 

 Dimanche 11 septembre, très tard

    La nuit, maintenant, c'est vraiment la fin de l'été. La preuve : le silence. LE SILENCE dehors. Les humains rentrent aux premiers froids nocturnes ou supposés tels. Et je peux, enfin, en toute quiétude, ouvrir ma fenêtre aux nues juste avant que s'attellent mes rêves au sommeil.

 

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Lundi 12 septembre

    Très tôt et au réveil, les oiseaux ont changé et des chants citadins ont remplacé ceux du hibou ou de l'effraie qu'on entendait dans la vraie nature oiselière à Dieulefit. Cette chanson-là, et celle des orages aquatiques et étincelants, sont des souvenirs poétiques puissants de sons et lumières vécus dans la fraîcheur végétale proche de notre lit, alors, et de nos sensations rares.

 

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    Ils ont repris, tous, maintenant, je pense. Je jette un œil, parfois, réflexe, en contrebas, à l'arrêt de bus. Seulement deux regards greffés sur quatre au téléphone portable. Pas si mal au vu de la conjoncture "sociologique" actuelle. "Outil" auquel je ne parviens pas encore à me faire encore. Civilisation des têtes penchées. Troublant. Pour moi en tout cas. Et dérangeant, me mettant au mieux mal à l'aise, au pire en ire. Tout dépend des contextes. En particulier quand il trône au milieu d'un groupe de parole "humaine". Comme si on était là, parmi les autres, avec une peluche-câlin-refuge indispensable à proximité  !

 

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    J'ai repris moi, dans la journée, un chemin de mon quartier, en savourant la lenteur de mon pas. Faire des courses dans la journée aux heures creuses, en prenant son temps, est un privilège simple. Se sentir bien, même peu, est un plaisir simple ; ce fut le cas.
Je retrouvais aux quelques tables devant le monop, des femmes qui parlaient, et puis cette vieille dame, qui lisait : c'était charmant, j'aime bien voir lire les gens. J'ai déjà dit que ma ville était habitée de nombreuses vieilles femmes, et qu'il me plaisait de les voir occuper l'espace, prendre de la place et du joli temps à l'ombre.

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    Je reste abasourdie par la quantité d'images prises à Arles pendant les expos. Prendre des photos de photos ... de la doc ! Quel intérêt ? Certes il n'y a pas que ça, mais c'est quand même la plus grande partie de la récolte. Sur le moment, j'effervesce à donf, je vois telle photo qui pourrait illustrer tel article hypothétique, je remarque des choses à mettre en parallèle, des mots me viennent ... il faudrait presque que je prenne des notes en plus des photos ... je n'en sortirais plus. Et puis tout ça retombe, et au bout de quelques jours il ne reste plus grand-chose de ces grands élans. La mémoire, les enchaînements, les analogies s'en sont allés ... et c'est peut-être mieux comme ça ...

 

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M
Je suis aussi d'accord avec Patrick... J'ai du mail à comprendre ces gens le nez dans leur portable, à lire en marchant, ignorant ce qu'il se passe autour d'eux. ...c'est à toi de les éviter quoi...et puis, tu as l'impression d'être indiscret quand ils causent à côté de toi...<br /> A l'heure de la soit disant communication, le monde devient aveugle...mais pas nous puisque nous aimons prendre des photos...de la vie!<br /> Bises de Mireille du sablon
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P
AAHH , les téléphones portables et tous ces gens qui communiquent , car c'est la mode de communiquer , si tu communiques pas , t'es rien , parait-il . Ces gens qui mettent haut et fort le  haut-parleur en pleine rue , et qui hurlent leurs vies sur le même volume...ces mêmes gens , sans doute offensés par les cameras sur la voie publique, ou tout autre grave atteinte à leur vie privée qu'ils déballent à tour de bras et de cordes vocales , alors , qu'en fait personne n'en a rien a foutre ...
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Z
Oui, enfin... Les uns comme les autres : obsédés par un objet et ce qu'il y a dedans...
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Z
Et ceux qui étaient le nez sur leur smartphone... n'étaient-ils pas étonnés par cette femme qui était tout le temps le nez dans son appareil photo ???
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C
 Je voudrais parfois que mon cerveau soit relié à la machine pour faire paraître tout ce qui s'y passe en pensées, en mots, en réactions ... ces choses sont tellement fugitives ... qu'elles passent et le vent les emporte sans que nul ne les retienne (même pas moi ...)<br /> Notre société n'est plus "sociale", chaque individu est bien seul ... de ces jeunes au regard scotché à l'écran, de celui-là qui admire ses pieds, de cette vieille dame seule plongée dans son livre, de cette dame qui compare sa main à celle du cliché tout en la photographiant ... <br /> et puis nous qui avons ce besoin de nous exprimer <br /> nous sommes bien loin des contacts humains mais il y a le chant des oiseaux et tout va bien !<br /> amitié .
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C
J'aime énormément tes deux premières photos. Un halo de mystères bien vivants.<br /> Têtes penchées sur des téléphones ou sur un livre, et toi qui observes le tout, merci!
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