Continûment

Publié le par Nikole

 

Continûment

 

  C'est chaque fois le même étonnement. Il est tôt et, en l'occurrence, il fait noir encore, ou à peine moins. Dimanche. Huit heures du matin. Non, que dis-je ? Sept heures à peine, puisque nous sommes passés ce jour de l'heure d'été à l'heure d'hiver.


  Toutes les cinq à dix secondes, schhhhh, schhhhh, trait sonore gris ou blanc sans que ne défilent, à pouls régulier, schhhhh, schhhhh, sur le macadam mouillé, schhhhh, schhhhh, des automobiles dont, aux heures creuses, je me suis toujours demandé quels étaient leurs itinéraires à ces heures hors de la vie normale. Celle, par exemple, de la grasse mat de fin de semaine bien au chaud sous la couette. Oui, délicieusement au chaud pendant que, fenêtre entrouverte, y gouttent quelques larmichettes de pluie qui sans doute pleurent la fin provisoire d'une saison chaude, tandis que quelques cris d'oiseaux que jamais je ne reconnais strident courageusement, pour mon plaisir, dans une aube obscure encore.


  Nulle couleur sur les matins sombres des routes. Comme les habits, les voitures sont tonalité passe-partout. Les gens semblent aimer peu la couleur. Un besoin de discrétion, d'anonymat peut-être. De protection. Vous avez remarqué les véhicules et les vêtements ? Rare que surgisse, dans une assemblée, la manche jaune d'une veste ; ou que ne se distingue dans un parking une tache vive qui nous ferait reconnaître au loin ce qu'on a garé, inattentif de l'emplacement, et qu'on retrouve parfois difficilement.


  Chaque petit-déjeuner sur ma terrasse (allez, encore une fois, encore une fois avant les froids réels !) apporte sur mon plateau cette question récurrente : Quelle est la vie de ces gens qui passent en contrebas ? Les gens dans la rue : d'où qu'ils viennent ? Où qu'ils vont ? Qui qu'ils sont ? comme disait Perec.

 

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L
Pas si facile à porter, la veste jaune, d'autant plus ces derniers temps <br /> Mais il me semble que la couleur est là, par touches, comme une ponctuation: une bouche fardée de rouge, une écharpe vive qui danse au vent, une chevelure flamboyante, un bonnet rose... Mais il faut bien reconnaître que l'ensemble est assez grisouilleux neutre. Peut-être que si on arrêtait de dire aux gens qu'être différent est un défaut...<br /> J'aime beaucoup tes mots généreux, ton questionnement tendre, et puis j'aime savoir que tu n'oublies pas d'écouter les oiseaux et de lever la tête pour suivre leurs vols.<br /> Doux baiser.<br />  <br />  
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P
les couleurs vives sont le symbole , ou du moins la manifestation,  de la Fête et du spectacle , de la gaieté sous ses formes les plus diverses...Fête foraine , cirque , carnaval et j'en passe.<br /> je crois vraiment qu'en s'habillant le matin , par les temps qui courent, rares sont ceux qui ont , de nos jours , l'idée ou l'impression que la journée va être une fête .
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C
tous ont une histoire, chaque histoire pourrait faire roman, du thriller à la romance on a le choix ... est-ce pour sortir masqué que chacun s'habille de grisaille ?<br /> j'aime tant les couleurs vives !<br /> amitié 
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M
Ceci m'interpelle, car j'ai déjè eu une pensée voisine, non pas pour les automobiles, mais à propos des maisons. Que cachent les maisons ? Quelles joies ? Quels drames ? Quels projets, espoirs ? Alors, j'ai écrit un roman avec comme titre : Une journée, une rue, cent personnages.Au fait, que veut dire le mot 'matin' ?
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L
Pour le chant des oiseaux à reconnaître : https://www.xeno-canto.org/explore/region<br /> Bon dimanche.
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T
J'adore Pérec. Y a aussi un peu "des ailes du désir" dans ton post quelque part je trouve.
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