Croquer le bitume

Publié le par Nikole

 

          Down on the street

 

                                                                         clic pour se traîner par terre

À terre

 

Le soir de Magma, un autre groupe mangeait la poussière, sur le trottoir presque juste en face. Aussi vieux. Aussi mythique. Les Stooges. C'était bizarre de voir cette affiche chiffonnée, abîmée, là, sur ce trottoir. De l'autre côté du succès. Abandonnée aux chiens errants.

 


The Stooges, I wanna be your dog

 

Je n'avais même pas vu, c'eût tété dommage : un objet détourné, transformé, c'est intéressant. Et Iggy Pop debout sur du papier mouillé qui se traîne m'a fait penser à Iguane Pop qui rampe langue en avant sur la scène. La rue la scène. Affiche démantibulée. Corps claudiqué. Et réflexe des compagnons de concert d'en face, saisissant la vue sur le trottoir, dans un beau mimétisme de photo-souvenir.

 

À terre

 

Faut-y être fétichiste pour ainsi noter sur son téléphone, comme sur un carnet (la similitude des gestes est d'ailleurs amusante) une trace musicale et symbolique, quel qu'en soit le degré.

Et pourtant, à part vous -et votre sens de l'observation- à part nous, tout le monde s'en contrefichait, de cette bouillie de rock, de cet étalage de notes écrasées, de ce catafalque. Et les passants passèrent.

 

À terre

 

À terre

 


Iggy Pop, The passenger

 

À terre

(variante couleur ICI)

 

Photos ©hiffonnées par L'oeil du Krop ; guest stars : Jack et Patrick.

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P
Quel beau clin d’œil que ces affiches du film de Jarmusch consacré au Stooges , lacérées , comme Iggy savait si bien se le faire en concert vers 1970 .....<br /> C'est juste devant l'Olympia, et quelques années plus tot , nous étions les mêmes a venir voir Iggy & the Stooges s'y produire ........<br /> Bis repetita placent pas toujours , mais là, si .
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C
Très chouette "The passenger", je ne connaissais pas du tout.<br /> Quant aux papiers qui traînent par terre, aussi beaux ou intéressants soient-ils, doit-on s'étonner si on passe à côté de pauvres gens à même le sol sans les regarder...parfois.<br /> (oh, je n'avais pas lu le com' de Roger avant d'écrire, tant pis.)
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R
Heureusement qu'il reste encore des regards qui ne négligent pas celles et ceux ( humains ou métériels ) qui sont à terre.Effectivement, notre société renie trop souvent ce qu'elle a aimé ou adoré.Du coup, gâchis de masse et pollution à gogo...Joli phénomène de mimétisme entre ces deux compères passionnés et observateurs.<br /> Belle journée !<br />  
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L
J'aime beaucoup la troisième photo... <br /> Je suis désolée de voir ces affiches sur le sol et non dans une poubelle. Et purée tous ces chewing-gum collés sur le bitume... <br /> Tu n'as jamais eu l'idée de récupérer des petits bouts d'affiches ci et là pour en créer une? ;)
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D
C'est bien vu , bien raconté , je m'en vais de cette oreille déguster la musique !
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L
Nombre d'affiches finit sur le macadam et cela n'intéresse personne, sauf peut-être le cantonnier auquel cela apporte un surcroît de travail. Ton œil a ceci de particulier que tu parviens à rendre vivant ce qu'on appelle généralement un non-événement. Tu n'as pas tort d'immortaliser cette affiche, elle rend compte de la fragilité de la vie en général, de la notoriété en particulier. Et quand la pluie se mêle à ces papiers encollés, l'effet dramatique est encore plus grand. D'autant que ces "souillures" n'attisent que l'indifférence des passants. Beau sujet de réflexion, non ?
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S
beau thème! j'aime bien la 3
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T
C'est là qu'on finit tous, non ?
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P
Oui, ça aurait été dommage, le rendu est très intéressant, seul ou avec les passants. 
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P
tout un monde au sol.
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C
n'est-ce pas le résultat de nos sociétés modernes de jeter aujourd'hui ceux qui hier faisaient l'affiche ?<br /> amitié .
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M
J'aime beaucoup cet article, même s'il s'en dégage quelque chose d'un peu étange.
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