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KroniK69 (2023-semaine14)

Publié le par Nikole

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KroniK69 (2023-semaine14)

 Lundi 3 avril

    Hier dimanche, le soir, pas pu résister, comme d'habitude, à Sautet. Les choses de la vie en plus. Je peux regarder encore et encore les films que j'aime. Comme celui-là. Et même quand on les connaît par cœur, on découvre toujours quelque chose de nouveau, ou on redécouvre quelque chose d'oublié. Incroyable présence, constante, de la cigarette à la gainsbourg, entendez, nouvelle rallumée avec le mégot de l'ancienne. Et pas seulement chez Piccoli. Léa Massari -sublime- aussi. Quel film ! Quelle Romy ! Quelle grâce ! Quelle époque !
    Je me souviens avoir lu, il n'y a pas si longtemps, le roman dont est tiré cette histoire. Décevant. Et une atmosphère complètement différente. D'autant que si dans le film on hésite sur le destin final de l'accidenté, la description du livre est plus crue et morbide. Mais Sautet est un magicien du quotidien. Du quotidien de ces années-là, où la France était encore celle que j'aimais. En tout cas dans sa représentation à travers ces films-là.

 



 Mardi 4 avril

    J'entends de plus en plus souvent, dans la bouche de ceux qui causent à la télé, piquet  de grève prononcé piqué de grève. Ce sont eux qui sont piqués ou quoi ? ces ignares, ces journalistes (?) qui ne vérifient rien ou pas souvent, ou pas grand-chose, à croire qu'ils ont la source infuse ; et qu'on ne me parle pas d'accent ou de régionalisme, c'est trop souvent prononcé ainsi pour que ce ne soit pas seulement de la paresse.

*

  Attaqué "Mademoiselle Julie" et autres, au théâtre1, enfin du concret ! S'rait temps, on joue le 10 juin, quand même !!

 

Mercredi 5 avril

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 KroniK69 (2023-semaine14)

 

    Quand on est blessé, triste, en colère, et plus si pas d'affinités, paraît que d'écrire les évènements à travers ces sentiments, les sortir de soi, fait du bien. Sorte d'exutoire, de catharsis, de pus expurgé, que sais-je. Le symbolisme des choses, les métaphores qui les drainent, ça peut aider à évacuer les humeurs, améliorer son humeur, et c'est important. En écrivant ses désagréments, on s'en soulage peut-être. D'ailleurs j'ai décidé que je ferais cela désormais, et j'ai commencé. J'ai même sous le coude une ordonnance lettre, supplémentaire, écrite d'un trait contre une para-toubibe qui, après trois fois, ne daigne toujours pas répondre à mes messages ; elle va donc bientôt recevoir un petit courrier sur la fonction essentielle pour moi de la politesse et du respect envers autrui. J'ai fait la même chose à Picard, envoyé un vrai courrier pour me plaindre de dysfonctionnements dus à des ordinateurs qui répondent (à côté de la plaque, bien sûr) aux questions d'humains. Hé ben c'est vrai, ça m'a soulagée : une fois le courrier envoyé, pour moi l'affaire a été close, et l'histoire chiffonnée et comme jetée à la poubelle.

  *

    Retrouvé ce jour le nom d'un groupe ukrainien qui, il y a quelques années, m'avait fort impressionnée par sa force, son originalité, son rythme vital. J'avais d'ailleurs alors proposé sur mon blog la vidéo qui me les avait fait découvrir et que je vous invite à visionner ; j'ignorais à l'époque ce que signifiait ce mot, "Donbass", qu'elles martelaient dans la chanson !

 

 *

   Rouge sang avec B. Lecoq et M. Lescot, deux acteurs que j'adore. J'avais déjà vu ce film, mais il m'en restait si peu. C'est d'ailleurs étrange, "ce qui reste quand on a tout oublié" ! Un jeu de mots du policier (Héron) que son collègue appelle Tapon, et qui répond :  "Héron, pas Tapon", et je m'esclaffe derechef ; et puis cette remarque que je me fais tout haut quand ils entrent dans un hangar : "Il y a une voiture accidentée sous une bâche". 'fectivement. Détails. Cerveau. Mémoire. Images engrangées. Bizarre ! Mystère des corps.

 

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KroniK69 (2023-semaine14)

Micha Lescot, sur une affi©he la©érée dans le métro parisien ...


    ... et aussi dans cette vidéo-chanson que je ressors régulièrement ici, avec Albin de la Simone, et qui fait mes délices par sa délicatesse facétieuse.

 

 

    J'aime bien aussi S. Bonnaire (une autre protagoniste du film), petite lutine fragile et forte.

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KroniK69 (2023-semaine14)

(... ici dans la manif ©ontre les violences faites aux femmes)

 

 Jeudi 6 avril

     J'irais volontiers voir, si c'était confortable, l'expo d'œuvres communes Warhol/Basquiat, mais se farcir et une heure de métro et une heure supplémentaire (au bas mot) dans la file d'attente (ptêt même bien avec un coupe-file) je m'y refuse : ce serait un plaisir payé bien trop cher ... J'achèterai peut-être le livre, du coup, même si ce n'est absolument pas la même chose, mais il se dit que faute de grives, on mange des merles, ce que je ferai, moqueuse, et peut-être bien en buvant un merlot, moqueur.

 *

    Tombée en zappant sur ce petit con de Louis Boyard, je me force à écouter quelques secondes ce qu'il dit, et pour une fois, ce ne sont pas des outranceries : il est mal à l'aise de la somme qu'il touche en tant que député, eu égard au manque d'argent qu'il constate autour de lui, et se désole du confort administratif dont il jouit au sein de l'assemblée quand il voit le désert en ce domaine de la ville de banlieue où il habite. Pendant ces quelques instants, il m'a paru presque sympathique ... c'est bien la première fois ! (Mais quand même, cet air de ravi de la crèche ! )

 *

    Mal à la gorge alors que je dois aller au théâtre2 : pas envie d'y aller ? Sensation d'être mauvaise élève parce que je ne sais pas encore ce texte-là. Et puis ce temps incroyable passé sur chaque chose, exactement le contraire de l'autre atelier, et ce sentiment de grand écart permanent ... alors que je manque de ... souplesse ! Alors je fais contre mauvaise fortune bon cœur. Je sonne. Rien. Je téléphone. On me renseigne. Je me suis trompée, pas de cours cette semaine ! Je suis rassérénée, puisque j'ai une semaine supplémentaire pour faire travailler, encore et encore, Macha.

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    Sur le chemin, je remarque que la longue rue centrale de ma ville (et même des bouts d'autres), depuis quelque temps, est graphée au sol de lignes cabalistiques estampillées K : céKoi ce truc ?

 

    Et ce même jour, le soir, je vais au théâtre1. Soleil plein ouest en face. Crépuscule. Cette lumière !

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    Arrivée, je découvre que je suis la seule à être venue : je bénéficierai donc, en atelier individuel, du metteur en scène pour le dialogue Rodrigue/Chimène que nous jouerons ensemble. Heure pleine, riche, où nous avons presque finalisé le truc. Gratifiant, cette impression d'avancer. Enfin !

 *

     Regardé la fin d'une série que j'avais laissé tomber tant elle m'agaçait. "Le mensonge".
M'a agacée encore, mais pour d'autres raisons. Le pardon. Comment peut-on pardonner à quelqu'un qui nous a fait du mal, l'eût-il fait parce que lui-même souffrait. Le mec va en prison, mais il pardonne. NON. Le pardon, c'est une idée que je n'intègre pas. Même si, en y réfléchissant vraiment, je pense que je pourrais pardonner bien des actes à celles et ceux que j'aime. Mais pas tout non plus, et sûrement pas tout de suite et les bras grands ouverts. Non, j'aurais dans les organes un refus de taille et au moins un moment mes bras resteraient raides et sans élan.

 

Vendredi 7 avril

 

  Je m'étais promis de ne jamais recommencer ça (mais pourquoi, après tout ?). C'est là que je me rends compte du type d'addiction, potentiel ou réel, dont je puis souffrir, même si en l'occurrence souffrir est un bien grand mot (et comme la plupart desdits mots sont polysémiques en français, on peut toujours opter pour le sens qu'on lui choisit, et ici, ce pourrait être "permettre") : je me suis enfilé une série en un après-midi : six fois quarante minutes (j'ai déjà fait pire !) à regarder "Des gens bien" ; les Belges ont assurément un petit grain de folie. Humour, auto-dérison, surréalisme : on navigue entre horreur et rire et le suspense est toujours là !

 

 

 

Samedi 8 avril

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KroniK69 (2023-semaine14)

 

    Avant qu'elle ne reparte, j'ai fait un gâteau aux pommes. Il ne faut pas se fier aux apparences, on le savait déjà : L'enveloppe est jolie, comme dirait Bélise dans "Les femmes savantes", mais j'ai déjà fait mieux ! Comme quoi, on peut mettre beaucoup d'amour et de fluidité dans un acte et avoir un résultat moyen.

 

     La "petite" est repartie après quelques jours passés auprès de sa môman. L'amour maternel est une chose bien étrange. Mes filles ne me manquent pas, je peux rester un long moment sans les voir ni souffrir (sens fréquent), si grand alors est mon sentiment de liberté, tant qu'elles vont bien, même loin : c'est évidemment la condition sine qua non ; mais aussitôt ont-elles tourné les talons après avoir passé quelque temps chez moi qu'une envie affreuse de pleurer me trouble, me perturbe, me culpabilise, aussi ... de quoi, je serais bien en peine de le dire. Je sais que j'en ai pour des heures à avoir le cœur lourd et la gorge serrée, jusqu'à ce que, petit à petit, mon ciel redevienne clair et la vie à nouveau normale.

 *

    Sur Rembob'INA, je tombe sur cet incroyable film des années soixante-dix, "La neige de Noël", sur la drogue. Scandale à l'époque sur le bien-fondé ou non de sa diffusion, les instances publiques et le spectatorat étant divisés sur sa perception : dénonciation ou exhortation à se droguer ! Si ça vous chante, par ce lien, le film est accessible sur Internet, même si la qualité des images est médiocre (à cause de ce format de film difficile à utiliser ensuite dans de bonnes conditions). Par ailleurs, c'est troublant, comme souvent pour les gens qui connaissent les quartiers en changement spectaculaire, viscères urbaines, où sont tournés les films : ici, Créteil, que je connais aujourd'hui, et alors encore en pleine construction.

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    Brèves de télé : je sursaute et me demande si je rêve quand j'entends une journaliste (?!) citer, lors d'une remarque culturelle, l'enlèvement par Pluton de Prospérine !!! Qu'ils soient incultes, je le savais, mais que personne ne relève, à aucun moment, dans la chaîne éditoriale ... (Tiens, ça me fait penser à ce quidam interrogé par hasard à une station-service, et que personne n'a reconnu comme étant Michel Jonasz !)

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    Ma pépite du jour : ce moment doux d'une belle femme tendrement grise qui lit dans le soleil ; j'ai trouvé cette scène si lumineuse !

 

Dimanche 9 avril

    J'ai traîné en pyjama une partie de la journée. Seule et hors du monde. Enfin, avec moi, ce qui peut me satisfaire dans une élongation lascive du temps et des occupations morcelées. Traîner pieds nus et écouter mes silences. Ou parler toute seule. Déclamer. Puis écrire. Danser. Rêver. ... me laisser porter à mes propres désirs, même de rien. Sans contrainte. Avec la lumière du soleil. Dehors. Et qui le restera. Parce que moi je suis bien dedans. Quel que soit le temps. Seule véritable exception : devant l'océan. Et cela, aussi, par tous les temps.

 

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