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KroniKole semaine 25

Publié le par Nikole

 Lundi 19 juin 2023

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KroniKole semaine 25

 
    Bouh, journée fatigante pour ma vieillerie. Faut dire que je me suis sentie pleine de lassitude dès le réveil. Pourquoi ça ? ! Légère déprime, un des signes ... ? Non, pas de raison. On verra ...

    Entre le Pilates du midi et les trois heures de répète théâtrale de fin d'aprème, les marches pour ce faire et le relâchement de soirée, je me suis (j'en ai marre d'être comme ça) presque rituellement endormie devant la télé sur les coups de vingt-et-une heures et des bananes ! J'aimerais  bien, de temps en temps, voir un (télé)film complet (ce qui est assez rare). Ah, ces glissements progressifs du plaisir (titre d'un film) vers un bienheureux sommeil passager sans faille ni relief, tranquille, silencieux, dans lequel je me glisse comme en un vêtement des plus confortables.

 

Mardi 20 juin

    Réveil dans la nuit : paroles lointaines mais qui durent et dérangent (caisse de résonance extrême que cet ensemble d'immeubles côté jardin), entendues derrière la fenêtre ouverte. Obligés de nous rendormir (vite, heureusement !) avec une fenêtre fermée. Je claquerais, voire tuerais, de plus en plus de gens inconfortables !

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KroniKole semaine 25

 

    Le soir chez Céline, dehors, avec la troupe1, pour un pique-nique (avec chaises, je hais les pique-nique où l'on n'est pas bien assis) richement mangeatoire. Pas trop bougé, heureusement que d'autres l'ont fait, ce qui m'a permis de parler avec différentes personnes, dont les nouvelles. Feignasse aussi pour les photos, mais je n'ai pas pu m'empêcher, par réflexe, de capturer une paire d'images, je ne l'ai fait que dans ma ligne de mire, au débotté et sans aucun effort. Bah, quelques photos me plaisent, et puis ça engrange toujours de jolis souvenirs.

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 KroniKole semaine 25

   
     Un joli souvenir, fruit d'une jolie parole, j'en ai un de ce soir-là, quand une des comédiennes de la troupe s'est tournée vers moi pour me dire qu'une amie dans la salle m'avait trouvée touchante dans mon jeu (Julie, Chimène). Elle a ajouté et cela je l'avoue m'a fait fondre de plaisir : Et elle est actrice !

 

Mercredi 21 juin

     IL était resté là pour m'accompagner, hier, malgré le rendez-vous qu'il avait ailleurs dans une autre ville et le fait de prendre la route le jour même. Lui parti, j'ai comme d'hab senti le vide étrange des premières heures d'absence, et ai comme souvent sombré dans une de mes addictions : ne pas pouvoir passer outre l'épisode suivant quand je commence une série à suspense. Toute la journée, et même, comme ce n'était pas d'une traite (presque, quand même) une partie de la nuit, jusqu'à quatre heures du mat. Cela, au moins, m'a permis d'être sûre que cette nuit-là, si tard, était silencieuse à ma fenêtre de chambre, ouverte ... elle le fut.

  *

    Ai pris bien garde de ne pas sortir en ce jour de la fête de la musique, défaite de la musique longtemps, je ne sais plus aujourd'hui, où la ville était pleine de mots lourds, de personnages titubants, de canettes vides et de rues salies de détritus divers (dix verres ?!) y compris organiques. La musique n'adoucit plus toujours les mœurs ...

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KroniKole semaine 25

   
    Instaurée par (mauvaise) Lang, cet ignoble personnage à mes yeux, et dont un de mes mauvais souvenirs est le regard de serpent qu'il m'a jeté un jour, associé à une poignée de main à la fois moite et glaciale, lors d'une manifestation professionnelle que nous avions eue à Blois, il y a des lustres, et je m'en souviens encore. Et pourtant, je l'admirais, dans les années soixante-dix, quand il avait mis en place le Festival mondial du théâtre, à Nancy, il y a encore bien plus de lustres ... Combien de vies ai-je donc vécues ... en cette vie-là ? ...

 

Jeudi 22 juin

     Journée consacrée au théâtre en deux exemplaires : répète en comité réduit l'aprème, spectacle le soir, à Montreuil, de l'autre troupe de notre prof de théâtre2, laquelle troupe nous regardera au même endroit, le vingt-neuf juin, jouer en l'état des lieux de notre travail en cours, soit les deux premiers actes des Trois sœurs.
    Journée entachée (je crains la prochaine rencontre) par les rixes psychologiques des deux personnes qui, alternativement, permettent qu'on joue chez elles, la salle disponible pour le cours étant précisément à Montreuil, soit de quarante cinq minutes à une heure de métro de chez moi ; si cette alternative devait avoir lieu, engagée pas engagée, je déserte le bateau.
 

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 KroniKole semaine 25

 

    Intéressant et toujours étonnant de voir des amateurs jouer, tant on se projette. Et ça faisait longtemps que je n'avais pas vu de théâtre amateur. J'ai trouvé qu'il y avait à boire et à manger. Et les textes (ce ne sont que des femmes) tournaient tous autour du thème des rapports familiaux et de couple. Très à la mode. Bon, j'ai passé un bon moment, malgré la chaleur et la légère douleur au genou gauche, ne pouvant pas déployer ma jambe là où j'étais placée. Et puis ça a tellement remonté mes statistiques de sortie ... Avec ce bonus, encore, de la bonne âme qui m'a accompagnée en voiture en y allant elle-même.

 *

    Rentrée, je me suis affalée sur le canapé et suis tombée sur un film de midinettes filles dont j'ai loupé le début, mais où il y avait Matt Damon (chépa pourquoi, mais je le trouve mimi, lui).

 *

     Tard, agapes enlumièrées (et le babillage sonore qui va avec) à plus de minuit, côté jardin. Décidé d'éviter ma chambre, et puis, à force de traîner encore, de faire ceci et cela, le temps a couru, une heure ou deux heures encore, et j'ai eu la bonne surprise de découvrir un jardin plongé dans le noir, silencieux et frais derrière la fenêtre de la chambre ouverte à la nuit.
La vie est faite de détails immenses.

 

Vendredi 23 juin

  Tout ça ne met pas la pêche à un corps qui a du mal à récupérer, à garder l'équilibre thermique dans un appart en surchauffe, même si je supporte mieux que LUI.

  D'autant que toute la matinée, sans doute par une sorte de masochisme pur, non, histoire de me retremper un peu dans un monde où les gens aiment les dictionnaires, je devais me connecter à une réunion Zoom avec un groupe de linguistes dont je connaissais une partie. Enfer, damnation et pommes pourries, je ne savais pas que j'aurais à faire un topo sur moi, et les deux pieds dans le plat, même si c'était vrai mais pas très délicat et d'un ridicule achevé, j'ai commencé par dire que j'étais en retraite et là en touriste, bravo ! Toujours à côté, dans la marge, le Krop, on ne la changera plus. Bon, en fait, c'est bien ça que je suis, souvent, une touriste, assume !

*

    Il est des lieux et des symboles maudits. Le Titanic et le sous-marin où aujourd'hui sont mortes des personnes dont je ne parviens pas à imaginer la terreur effroyable qu'elles ont dû vivre comme un cauchemar dont jamais on ne se réveillera. Comment peut-on accepter d'aller visiter des fonds si profonds, tellement loin de tout, et pour apprendre quoi d'un bateau synonyme de malheur, dans ce qui ressemblait à un jouet ? Comment peut-on ne pas avoir peur quand certaines personnes vous mettent en garde contre quelque chose qui est dangereux ? Et comment ne pas frémir en signant une décharge où il est dit explicitement que vous pouvez mourir ? Je ne comprends pas. Ils y sont allés et ils sont morts. Et ces moments ont dû être atroces. D'une atrocité infinie.
    Rien à voir, et pourtant ... à l'ère de "la communication" comment se décider, au péril de sa vie, à accepter avec des centaines d'autres de monter sur un rafiot de fortune (de grande fortune pour les passeurs), à risquer de périr en haute mer dans d'atroces derniers moments, pour rejoindre un pays où la vie ne sera qu'errance ! Fuir la guerre, vie pour vie, mort pour mort, on peut comprendre ce courage-là et le sentiment de ne plus avoir rien à perdre (si, la vie, quand même, et en laissant des siens derrière !), mais quand les conditions économiques seront les mêmes que celles que vous quittez ou pas si loin, pourquoi se saigner aux quatre veines d'une famille entière pour engraisser les meurtriers (les passeurs sont des financiers meurtriers à noyer, eux !) et comment croire les mensonges de ceux qui leur disent qu'ailleurs la vie sera plus belle. Et ceux qui leur ressemblent, pourquoi leur mentent-ils ? Je ne comprends pas.

*

   Le soir, à la télé, Rouge, avec Irène Jacob et Trintignant (j'admire les deux). J'avais déjà vu (je crois, même pas sûr d'ailleurs, ou alors j'avais tout oublié !) Un peu intello et bizarre (ces Polacks, comme ils sont torturés !... je suis bien placée pour le savoir !) mais plutôt bien foutu. Très bien foutue même, la structure. En tout cas j'ai bien aimé. Une sorte (même loin mais j'avoue, à cause de quelque chose d'un mystère et de parallélismes de situation, avoir pensé à ça) d'un Mulholland drive compréhensible et sans se la péter ! 

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KroniKole semaine 25


 

Samedi 24 juin

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KroniKole semaine 25

 

     Maison Chopin, ce matin, dans mon quartier, presque au pied de chez moi. Boulangerie bien nommée : les fournées y sont fréquentes et plus d'une fois la tradi que je vais y acheter est chaude, du chaud pain quoi !

 *

    Suis allée au marché à la fin d'icelui, histoire de bénéficier de ristournes éventuelles. Mais à part les trois barquettes de framboises pour trois euros, pas de baisse de prix. Bon cela dit, cinq euros les deux melons et un euro trente la batavia, je ne me rends même pas compte, vu que valsent et augmentent sans cesse tant de prix, si c'est cher ou pas ... pas rapport à quel autre endroit et quels type et provenance de prix !

 *

    La vue du truck-pizza m'a fait sourire. Un jour, j'avais fait remarquer (très poliment, juré !) qu'artichaut s'écrivait avec un -t et pas un -d : je m'étais fait tellement engueuler que j'avais annulé ma commande. Sauf qu'aujourd'hui, c'était corrigé ...

  *

    Pas encore goûté les framboises, mais melon bof-bof ! Quel prix faut-il mettre, aujourd'hui, pour que soit goûteuse la nourriture ?!!
 

*

    Framboises pas terribles non plus : acides ... mis du miel pour adoucir ! Si même sur le marché c'est nimp !!

  *

    Ah ben et si même arte n'est plus fiable ! Pas pu regarder la fin de "Mare", le film s'étant arrêté à la cinquante-deuxième minute alors qu'il est censé en durer cent-soixante-dix-neuf ... Voulant me rattraper sur Internet, la vidéo censée durer jusqu'à la fin tourne indéfiniment à peu près au même moment ! Frustrée je suis !
    Je n'allais pas rester sur une frustration. Alors dans la foulée, je me suis fait un doc, celui sur Charlotte Rampling : une vie et une personnalité que j'ai trouvées, disons, pour le moins étonnantes.
J'ai envie de revoir "Portier de nuit".
 

*

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 KroniKole semaine 25

 

    Pour la nouvelle pube Celine, ils ont choisi un garçon qui de loin m'a semblé souffreteux, et semble faire la gueule, tu parles d'une engeance ! J'ai remarqué l'affiche parce qu'elle était dans l'abribus, sur l'autre trottoir, alors que je revenais de chez Zen Sushi pour un plateau-télé pseudo-japonais, toujours le même : soyarolls thon cuit épicé/avocat, gyozas et salade de chou, le tout avec sauce sucrée uniquement. La petite rousse (asiatique teinte en rousse) qui m'accueille rit chaque fois et me lance un Comme d'habitude ? rituel qui me rappelle régulièrement un détail d'un épisode de "Sex and the city", où l'une des protagonistes commandait un chinois par téléphone et où la personne au bout du fil terminait ses phrases en rigolant là aussi en listant un menu toujours identique. J'ai failli mettre le tout au frigo, en attendant ... quoi ? que les gyozas soient froids ? Petite tête ! me dirait-IL ! Peut-être même s'inquièterait-IL de ces distractions récurrentes qui m'habitent et me donnent parfois cette impression incontrôlable de flotter un peu.

 

Dimanche 25 juin

    Ahhh ! Une vraie nuit couchée tôt (avant minuit !) Rêves oubliés ... souvent, en ce moment ! Levée tôt. Quelques courses. Et, sur le chemin, longtemps que ça ne m'était pas arrivé, petite photo prise d'un couple dans la rue :

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KroniKole semaine 25

     L'idée me plaît de terminer cette page sur de l'amour partagé, et sur deux personnes qui, dans leur soleil, marchent du même pas.
    Bonne semaine à vous qui passez ici. Et puis à vous qui laissez quelques mots. Merci.

Publié dans afflac1-0235, afflac1-1802

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