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éKlats 29/52 - 1/3

Publié le par Nikole

 
Au sol

 éKlats 29/52 un

 

    Sur la terrasse, je jette un œil en contrebas au moment où un homme allume une cigarette en attendant le bus. Et jette (lui) à ses pieds ce que je suppose de loin être le papier du paquet (bien sûr, il y a une poubelle à trois, allez, disons quatre mètres !) Mon sang ne fait qu'un tour. J'appelle, je gueule, je fais des grands gestes, mais tu parles, du cinquième et dans un environnement sans silence ! Ni une ni deux je fonce sur mes tongs, descends et traverse. Aux pieds du mec, je vois, en fait, un briquet :
- Ah, vous avez perdu quelque chose.
Je ramasse et lui tends.
- Non, ce n'est pas à moi.
- Je l'ai vu tomber à vos pieds de ma fenêtre.
Alors il ajoute :
- Oui mais laissez, il ne fonctionne plus.
Menteur, donc, en plus de la mauvaise foi.
Alors je me campe devant lui et articule :
- Alors dans ce cas, ça se met DANS LA POUBELLE !
Les gens sont toujours étonnés quand on leur dit. Il se statufie.
Je retraverse et, ridicule, la tête haute et le verbe pompeux, je lui assène en me retournant vers lui :
- C'est à ce genre de détails qu'on mesure le civisme des gens.
Dans l'intervalle, une fille est arrivée et me regarde comme si j'étais folle, mais je m'en fous complet.
Et la scène n'aura sûrement pas traumatisé le fumeur, mais elle m'a soulagée.
Quand je suis remontée, le bus est passé dans l'intervalle.
(Je scrute de loin, histoire de vérifier que je n'y voie pas un mégot par terre, mais je ne remarque rien).

 

    C'est marrant, si l'on peut dire, car quelques heures après ces lignes, j'apprends que la ville d'Arcachon en a marre que ses rues deviennent poubelle et décide de faire payer des amendes comacs aux jeteurs et salisseurs (750 euros pour un mégot jeté appréhendé quand même !). Un électrochoc pour le porte-monnaie, certes, et qui peut faire réfléchir, mais qui n'empêchera sans doute pas les pas vus pas pris : tant que l'éducation du civisme -et du bon sens respectueux- n'ont pas été enracinés dans un être, je ne sais pas jusqu'où on peut rattraper ça.

 

 

 (Garbage, Stupid girl)

    JETER est de toute façon pour moi un mot tabou .... je peux jeter des mots, des larmes, des colères ... mais je ne sais pas jeter de mon cœur, de ma tête, de mes placards, de mes tiroirs, de mes boîtes, ce qui a constitué bien des choses de mon existence. C'est difficile à vivre ! Et je lutte constamment. Mais j'étouffe régulièrement d'être comme ça, et me rends bien compte que c'est à la limite du maladif ! C'est comme si je griffais, au mieux, déchirais, au pire, ma peau. Je me rends bien compte de l'excessif de ce que j'écris là, j'ai conscience que quelque part, je garde fermée la porte de ma cage, mais pour reprendre l'image de la peau, j'accepte de scarifier, mais par toutes petites zones. Du coup, je jubile quand je recycle. Et puis certaines choses je les photographie, ainsi, avant de les abandonner, il reste une trace. Je me fais l'effet d'être un monstre ... et en écrivant cette parole, à peu que le cœur ne me fend.

 

éKlats 29/52 un

 

    Place de la mairie ce matin, des employés municipaux nettoyaient les reliefs des dernières élections en décollant les affiches caduques de leurs supports. De l'eau partout et des miettes de papier détrempées qui se collent aux pavés. Pas simple pour eux comme boulot ... ces détritus politiques, éparpillés, déchirés et pantelants m'ont semblé, finalement, une métaphore parlante de ce qui se passe en ce moment.

 

Publié dans citation Villon

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