Kronikole semaine 27-2/3
Jeudi 06 juillet
Grande enfant et jeune adolescente, j'ai vécu des fulgurances amoureuses. Pures et ne demandant rien que de voir un visage, dans le passage attendu d'un être, et le contempler. Ces histoires prenaient fin avec la même force soudaine que celle qui les avait vu naître. La personne remarquait mon manège, et me parlait. Et tout mystère, toute magie, toute BEAUTÉ étaient rompus. Je ne pouvais plus m'imaginer l'absolu.
Ce souvenir de ce que j'étais m'est revenu en voyant un documentaire (intéressant, assez poignant, et que je vous conseille) sur cet homme :
(image empruntée à arte)
Le reconnaissez-vous ? Je crois que c'est impossible ... c'est Tadzio. L'adolescent de Mort à Venise.
Vendredi 07
De plus en plus, il me faut colmater les trous de ma passoire cérébrale. Alors je mets des petits mots partout. Je pose des cailloux blancs pour ne rien oublier en chemin, comme dans Se souvenir des belles choses.
Mon logis est comme un atelier. Sans doute pourrait-il rendre fous certains cerveaux. Est-ce qu'on s'habitue au chaos quand on a horreur du vide ? À sa cage quand elle est aussi cocon protecteur ? Aux couches successives de matelas qu'on a accumulé(e)s quand on ne connaît pas l'existence du petit pois ?
Intimités
... docu englisheries
... griffures de mémoire
Mes murs ont la parole.
Tout ce qui est mot m'appelle et je le regarde.





