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Publié le par Nikole

 

     Sujet : les arbres

 

 Là-bas 

 

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La Marne. J'étais dans le train et j'allais bientôt arriver dans la ville, le village de mon enfance, pour des obsèques. Le paysage était pesant. Qu'en est-il des arbres qui passent, laissant dans nos regards les lignes fuyantes de leurs voyages ?

 

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La Marne, encore. Une terre aussi triste, grise et presque calme, au Nord, qu'était tourmenté et violemment jaune le champ de blé de Van Gogh au Sud, alors que les corbeaux ponctuent les deux vues. Et plus proche, dans l'esprit, des représentations de sa Hollande natale.

 

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C'est une contrée où la plaine est fantôme. Parfois. Et les arbres si discrets, si pudiques qu'ils se fondent dans les souvenirs. Dessins. Desseins. Destins. Seules leurs silhouettes peuvent briser une ligne d'horizon infinie.

 

 
Ici 

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Dans les villes, la nature accompagne la civilisation ou se bat contre elle. Cette photo dense témoigne de la difficulté, de la proximité de leur concubinage. Troncs qui encadrent mais semblent étriqués dans ce cadre.

 

 

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Approchée d'eux, je fus émue par ces veines qui ressemblaient à celles qui sourdent sous les mains des vieilles gens. Rugosité des peaux fripées résistantes, résilientes. Je devinais un sang silencieux dans le travail des sèves, une lente persévérance dans la force de vivre.

 

 

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Une sensation double m'étreignit devant cette image : la familiarité et l'inquiétude. C'est la Marne encore, qui coule à deux pas de chez moi, mais si loin de celle de mes origines : hasard de ma vie, qui me fait habiter à quelques dizaines de mètres de là où elle se jette dans la Seine. Ces tons gris, ces arbres à la fois protecteurs et dangereux me ramènent une fois de plus aux mondes engloutis de l'enfance et aux chemins qui toujours les ont bordés.

Et pourquoi sur cette photo cette eau qui coule me fait-elle penser à une autre, celle-ci :

 

(sinon, sur youtube, ici)

 

 

 

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Monde de l'étrange. J'aurai beaucoup circulé dans les trains. J'aurai capturé beaucoup d'images, dans ma tête et dans mon appareil photo. Alchimie du regard, des reflets, des réflexions, aux deux sens du terme. Ne dirait-on pas une sorcière-babayaga préparant des potions aux herbes ou rassemblant ses affaires et son balai pour rejoindre les copines au prochain sabbat ?

 

 

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L'arbre aux cigares. En photo, faire feu de tout bois, et fomenter un peu d'humour végétal.

 

 

 

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Luminarbre. Tendre complicité.

 

Ailleurs

 

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Un endroit, un moment que j'ai aimés et dont l'atmosphère un peu douce, un peu mélancolique heureuse transparaît, j'espère, dans la représentation que j'en offre.

 

 

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Un détail du même lieu, au milieu, quand on s'approche sur la pointe des yeux ... pour vivre heureux vivons cachés ?

 

 

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En contre-bas, en catimini et sur le fil, un arbre nu danseur s'avance, entre Loïe Fuller, Isadora Duncan et Carolyn Carlson, telles que, fières, je les imagine ...



René Aubry, Tree song (vidéo où danse C. Carlson ici)

 

Publié dans Nicole Cholewka arbres

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L
Les arbres, partout! Et dire que certains disent qu'on en manque. En France les forêts  sont en croissance constante. Dans tes photos curieusement je note peu de forêts, plutôt des rangées d'arbres, ou des isolés. Beaucoup de noir et blanc chargé de nuages, un peu sombre, un peu triste, tourmenté. Ou du mauve, un peu triste... Est-ce la période? L'âge? La période est angoissante qui nous confronte à nous-mêmes, ce que nous sommes chacun(e) individuellement, chacun(e) par rapport aux autres, mais surtout individuellement. Chacun(e) face à soi-même. Du moins quand on est confiné chez soi. Quant à l'âge... L'âge est beau quand on l'accepte, je crois. Quand rien en soi ne renonce, mais qu'on accepte l'inévitable, et surtout, avant tout, la finitude. Alors surgit l'inespérée sérénité.<br /> Baiser tendrement serein
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A
Que d'arbres, déclinés dans tant de variations, qui toutes nous parlent, car l'arbre, c'est la vie ! Beaucoup d'émotions, tristesse, ancrage, humour ...
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L
Alternance de gris, noir et couleurs. Un panel large qui suit les méandres de tes réflexions. Représentation de ta vision d'un monde que tu es sans doute la seule à entrevoir, fait de pessimisme et en même temps de vivacité. Avec, en toile de fond, une tristesse profonde puisque tu ne souffres pas d'un optimisme béat. Tes clichés sont à l'image de ce que je sens de toi, à la fois parfaits et tristes. D'une tristesse qui est davantage de la nostalgie du temps qui passe inexorable. Comme si tu étais emmurée dans ces souvenirs souvent douloureux qui défilent comme le paysage que laissent entre-apercevoir les fenêtres d'un train en pleine vitesse.<br /> Un seul cliché lumineux dans cet ensemble : celui du réverbère sur fond mauve. Si l'on n'y prête pas attention, l'ampoule ressemble à la lune, on en oublie l'échalas qui supporte ce lampion mêlé dans l'entrecroisement des fétus graciles que sont les branches dénudées. Il y a toujours dans ta tristesse cette petite lueur d'espoir inconsciente qui te fait avancer, quelles que soient les circonstances. Cela vaut tout un poème.
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M
Un superbe envoi de grande qualité !
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P
AAAAhhhhhhh, le Sud  de la Marne et ses étendues plates , où les épis de céréales  sont les seuls reliefs en été , et les fanes de betteraves à sucre,  tentent avant l'hiver, de donner du relief à ces pauvres ( façon de parler ) terres .<br /> Dévastées par l'homme , par certains hommes , ces terres champenoises , sans Champagne ont été déboisées à outrance  pour des rendements céréaliers optimisés ......<br />  Paris / Châlons en train : quand la misère esthétique  envahit la vitre du wagon , c'est qu'on arrive bientôt.
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C
maintes fois, j'ai pris le train de tes voyages, observé tes paysages, tes personnages, mais ici, quelle profondeur dans le lien du retour aux origines ...  un décès agite souvent nos mémoires, et le temps d'une pause nous reviennent les beautés des vécus passés, une ligne d'arbres suivant la voie ferrée, reliant bourgs et campagnes, en compagnie du fleuve de la vie  qui parfois prend fin ... mais bonheur il y eu !<br /> prends soin de toi <br /> amitié .
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