Tôt
Ce foutu g'nou m'a encore réveillée aux aurores, et même avant.
Cinq heures du mat' ... ... Seul sur le lit dans mes draps bleus froissés C'est l'insomnie, sommeil cassé ... (chanson)
Je me tourne et me retourne telle la vacancière moyenne au soleil de la plage, j'agite ma jambe gauche, petits mouvements, petits moulinets : bouge de là !
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille
Tu réclamais le soir, il descend, le voici.
Tu voulais le matin, il monte, le voici.
Une atmosphère obscure s'éclaire, enveloppe la ville
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
(Baudelaire ... et moi)
C'est le credo des arthrosés du petit matin : bouge bouge bouge bouge !
Cafetière on. Pendant que le café passe, jean et pull par-dessus ma tenue de nuit, manteau, son écharpe autour du cou, je descends à la boulangerie toute proche : quelle bonne idée d'ouvrir à six heures du mat' !
Escalier. Cinq étages : aïe ! allez ! Tu prendras l'ascenseur en remontant.
Quand j'ouvre la porte de l'immeuble, comme d'hab, j'écoute ce moment privilégié de la vie qui renaît et l'air particulier qui l'accompagne.
C'est beau une ville dans la nuit qui s'achève.
Quelqu'un s'affaire déjà (changement de propriétaire) à la pizzeria du coin de rue. Et à la boulangerie un employé range avec soin les pâtisseries à vendre.
Je ne suis pas la première : un homme, devant moi, en bleu, sorti de sa camionnette, demande qu'on lui réchauffe une part de pizza.
Il est cinq six heures
Paris Charenton s'éveille
Il est cinq six heures
Je n'ai pas plus sommeil ... (chanson)