Un monde en question
Le sapin est encore là mais on ne sait plus trop ce qu'a été la fête.
Il y a bien ça et là des reliefs des moments passés, la nappe un peu chiffonnée mais restée en place, des bougies qui traînent, et des feuilles de papier de jeu du "petit bac" ou de ces délicieux "cadavres exquis", association de mots festive -elle- à l'aveugle, qui permet parfois des trouvailles poétiques et drôles :
Une tortue géante
a traîné par les pieds
une immense malle remplie de malles remplie de petites malles
dans un palace parisien
en faisant des moulinets avec ses bras
*
Les enfants de l'école
déballent
une boîte remplie de pâtisseries
dans les chaudes nuits d'Acapulco
en faisant dodo
*
Un orteil douloureux
chantonne gaiement
Tous les bateaux tous les oiseaux
à Venise
en piétinant des tas de roses
*
Le petit bonhomme en mousse
apprécie modérément
un peuple de grenouilles amicales
dans la petite cabane au fond du jardin
en se laissant glisser sur les fesses
:
Au hasard s'associent parfois des connexions involontaires ...
Maintenant, la pluie tombe en continu, parsemant de larmes-fin-de-quelque-chose, peut-être, la fenêtre grise, et le vent souffle sans cesse. On se prend à rêver qu'un jour, peut-être -quand, nul ne le sait- poindra quelque part une lueur rose pleine d'espoir. L'espoir, ce n'est pas interdit, et quelquefois, ça permet de vivre, ou de vivre mieux.
♥ Prenons soin des nôtres et de nous.♥



