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Des années de blog

Publié le par Nikole

 

Des années de blog

                                                                                                              *

 

      Hier s'étaient écoulées neuf années ininterrompues de blog (qu'il est loin ce premier jour-là)! Des images et ma tête et mon cœur souvent exhibés, trop peut-être. Un format qui me convient, qui me convenait, comme une chronique de mes humeurs nourrie par mes photos et mes mots. La vie. La mienne. Art brut. On se lasse des attentes. Art brut parce que de plus en plus sans attente ; même si écrire pour soi a sans doute quelque chose à la fois de mortifère et narcissique -et pourquoi les deux mots seraient-ils antinomiques ?- on insiste et on a toujours envers le hasard un espoir à tête de chien. L'art brut est un art de l'ombre, fait a priori par les fous et les marginaux, qui eux n'attendent rien. Ils œuvrent parce qu'ils en éprouvent le besoin. Et j'éprouve même invisible, ou quasiment, inconsidérément, le besoin de faire des images. Et d'écrire. Nulla dies sine linea.
    Même si ce n'est pas qu'ici, je continue, avec une joie sans borne,
d'avoir des échanges partagés via les commentaires avec la poignée de fidèles qui me suivent, et à qui je voue une reconnaissance profonde. Car c'est presque un engagement. Je continuerai encore à exercer cet art brut, pour eux, vous, pour moi, même si je regarde parfois amèrement les fleurs de mes bouquets sécher, abandonnées, au bord d'un chemin si peu fréquenté.
    Qu'est-ce que j'y gagne ? ... J'ai envie de répondre que j'y gagne à cause de la couleur des blés, comme dirait le Petit Prince, ce qui,ici, ne veut rien dire d'autre qu'une émotion impalpable, mais j'ai pour habitude de poser céans les phrases que j'ai en tête et qui sortent au p'tit bonheur de mes souvenirs et des circonstances. Analogies. Et même si je me répète, c'est de ne pas savoir, qui est triste. Ne pas savoir qui passe, ne pas savoir ce qui dans mes mots leur passe, ce que vous retenez de mes pages qui s'accumulent en strates. Si au moins, de temps en temps, par micro-éclats, des cailloux étaient déposés. Je suis passé, passée, j'ai lu, comme un post-it laissé sur une porte avant de repartir, je m'en satisferais peut-être, ça me ferait sourire. Je demeure persuadée que dans la vie, les détails, même infimes, sont des signes essentiels.
    Il y a peu, on m'a fait découvrir que j'avais une -courte- liste d'abonnés. Parmi eux, des connus et surtout des inconnus. Personnes passagères et invisibles, je vous salue aussi. Et vous remercie. Peut-être qu'ici, c'est comme une scène, où une partie du public est dans l'ombre.

 

*  Photo : affiche chiffonnée (dans le métro à Paris) traitée façon polaroïd.

 

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