Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Entre midi

Publié le par Nikole

 

                               Attentes

 

Interlude

                                                     Sur un ban©, par l'Oeil du Krop

 

    L'attente, le risque, un peu de doute, exaltent et vivifient l'âme bien plus que ne le fait la possession du certain. (P. Valéry)

    J'avais posté cette photo, rubrique "Interlude", voulant me limiter à ça, cette image d'un vieil homme assis sur un banc au soleil près du château de Tours. Je trouvais ça bien de laisser cette image, ouverte à l'imaginaire ou à une succincte contemplation.

    Je l'ai titrée "Attentes". Et puis, comme ce mot-là, chez moi et sans doute chez tout le monde, suscite idées, pensées, réflexions diverses, j'ai cherché une citation qui pût me parler, ne m'imaginant pas partir sur une auto-discussion où se mêleraient, éternellement, encore, des mots se bouleversant entre passé, présent, futur, Temps, bonheurs, malheurs et que sais-je encore. La spirale folle, stérile et sans doute inutile des questions récurrentes sur la vie.

    J'ai lu plein de choses qui m'ont agacée, sans que je sache pourquoi, peut-être parce que certaines paroles écrites me paraissent bien péremptoires, que d'autres me semblent bien pompeuses (les unes étant souvent de mèche avec les autres), que d'autres, enfin, me semblent déformées dans leur sens, sorties de leur contexte, comme celle que je trouvai de Giraudoux dans Électre : Le seul bonheur que j'ai connu est l'attente. Je me méfiais, contexte, mythes ... Et après vérification : Je n'attends plus rien, mais dix ans j'ai attendu mon père. Le seul bonheur etc. Et voilà, rien qu'avec une phrase supplémentaire, ça change tout.

   À la fin, je décidai de laisser courir - une simple image, c'était pas si mal - quand je tombai sur la phrase rapportée en début de ce texte, et qui m'interpella. Ça voulait dire quoi, cette assertion dont pour le coup, je n'avais pas besoin de chercher le contexte pour qu'elle me fît réagir, dans l'absolu ? Je prise peu la philosophie, qui me semble bien complexe, bien théorique et pour tout avouer, souvent auto-masturbatoire. Peut-être dis-je ça par dépit précisément parce que je trouve ça trop complexe. Peut-être pas. J'essayai de traduire cette phrase à ma sauce en me demandant pourquoi elle m'agaçait ... La possession du certain. Je pensais alors à : Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Est-ce que Valéry glorifiait l'audace -incertaine- qu'il privilégiait à une routine sereine ? J'avais laissé tomber le doute : chez qui existe-t-il ? Qu'est-ce que le doute ? Pourquoi ? Quand ? La philosophie était décidément une ornière, quand on était pris dans ses questions, on pataugeait dans la gadoue sans pouvoir s'en sortir. Un truc d'intellos !

    Je regardai à nouveau l'homme de la photo : Attendait-il autre chose que le bonheur simple, sans doute, de quelque repos vivifiant et serein dans la lumière vive, douce, exaltante dans sa plénitude, du grand soleil de midi ?

 

 

(Ajout : les hasards de certains jours qui m'amuseront toujours, c'est ça : Oeil du Krop/Op du kroeil ...)
  

Partager cet article
Repost0

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>