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KroniK72 (2023-semaine17)

Publié le par Nikole

 

KroniK72 (2023-semaine17)

 Lundi 24 avril

    Il ne faut rien attendre. Jamais. Ainsi, chaque fois que quelque chose nous arrive de beau, de bon, c'est un cadeau magique que nous offrent la vie et les êtres.

  

Mardi 25 avril 

    Kilomètre 69 du voyage de ma vie. Repartie sur la route de la dizaine suivante.

   Je lave mes cheveux. Le bruit du séchoir m'isole de tous les autres bruits. Je n'entends pas la porte. Je traîne dans la salle de bains, pas longtemps pourtant. Revenue au salon, j'ouvre de grands yeux étonnés devant LUI qui est allé me chercher un bouquet plus vite que son ombre pour mon anniversaire. Festive et douce surprise. Des petits mots, des cadeaux, j'en aurai d'autres, judicieux, délicats, poétiques voire drôles, de mes proches. Attentions touchantes. Tellement.

 

KroniK72 (2023-semaine17)

 

Mercredi 26

    IL repart. Reviendra bientôt. Je délaye mon blues avec un film. Regarde Le goût des autres. Toujours plein de choses psychologiquement intéressantes pour moi dans ce que réalise Agnès Jaoui.

 

Jeudi 27  avril

    En ce moment (en ce moment !?) je m'emmêle les crayons avec les dates de tout, les cours, les pas-cours, (les parcours ?). Je continue, chaque nuit, de rêver que je suis des chemins ou des lieux inconnus, cette fois vêtue d'une robe douce où est inscrit un alphabet. Je vois passer un camion qui transporte à claire-voie un grand piano noir encordé) ...
    J'avais oublié que mes deux cours de théâtre avaient lieu aujourd'hui, contrairement d'ailleurs à ce que j'avais noté à tort, délicieux lapsus qui n'en sont jamais ... De plus en plus foutraque, le Krop, le temps, la rigueur temporelle (warf !) ! In extremis, j'ai su ... mais comme une gamine un peu honteuse de n'avoir pas révisé sa récitation. Bon, à tort, on n'en est plus là quand même !
    Je me suis d'ailleurs fourvoyée, car j'y ai pris du plaisir, à ces deux ateliers. Y suis allée du cœur. Mais l'attrait épuise un peu, parfois. Mon corps fatigue vite, gros citron que je presse, support où croule la pesanteur des émotions. Pourtant vitales.

 

 Vendredi 28 avril

    Quelle journée dense, ou ressentie comme telle. Peut-être parce que j'ai cette sensation sitôt dès que je mets les pieds dehors, et que j'y marche un peu.
    Du coup, même dans mon quartier, des changements impressionnants se font jour que je ne vois pas au jour le jour, précisément : des restaus qui ferment, des bâtiments qu'on abat, transforme, construit ...

 

KroniK72 (2023-semaine17)

 

    Je suis arrivée très en avance à la clinique pour ma radio. Dans le couloir d'attente, un vieux couple était assis non loin de moi. Chauve, il avait, comme TOI, rassemblé en queue de cheval les cheveux neigeux qu'il avait encore. Elle, n'en avait plus, de cheveux, je l'ai constaté quand elle a ôté son bonnet. Elle pleurait, et, douloureuse, se massant là où elle avait mal, elle a couché sa tête sur les genoux de son homme, qui tendrement, infiniment doucement, lui a caressé le dos, sans cesse, et il y avait dans ce geste tout ce qu'il pouvait lui donner d'amour. Elle disait qu'elle ne voulait pas rester là. Il la consolait, la rassurait. J'avais le cœur gonflé de compassion, les yeux pleins de larmes. Envie de les serrer tous les deux dans mes bras, très fort, et de leur dire que je ne savais pas quoi leur dire mais que je les aimais.

   Quand je rentre, il y a un cadeau dans ma boîte aux lettres : il a beaucoup voyagé car la Poste l'avait perdu mais il a enfin atterri : je découvre avec émotion les présents que m'envoie Mélusine, jamais rencontrée mais en lien étrange et indéfectible ... je ne sais quand ça a commencé, mais notre amour de l'océan et de certaines îles nous a rassemblées. Je déballe avec un enthousiasme enfantin le papier de soie ... tout est marin : le bracelet fait par elle, un livre, de la confiture de mimosas d'Oléron, un mot qui danse ... La vie est un orpaillage ...

 

Samedi 29 avril

   Je suis très attentive aux pieds. Aux miens en tout cas. Reconnaissante de leurs bienfaits : quel miracle de tenir là d'ssus ! D'ailleurs je ne l'aime pas, l'expression "bête comme ses pieds" ! Et puis un pied, c'est beau, beau et sexy ... c'est pourquoi il est important de les bichonner, de les mettre en valeur. Chuis descendue chez les Chinoises qui œuvrent tout près de chez moi et leur ai confié mes trésors. Longtemps. Avec délices. Vernis discret. Curieusement, en sortant d'une longue séance calme, j'avais presque l'impression d'avoir été remise à neuf !

 

KroniK72 (2023-semaine17)

 

Dimanche 30 avril
 
    En tête, j'ai une vague phrase, mais je n'en retrouve pas l'auteur (il me semblait que c'était de Céline, Louis-Ferdinand, pas Dion, car bien sûr sur Weweb c'est elle qui d'abord apparaît), et disant qu'il faut chanter avec ce qu'on a, et ne pas se priver de chanter si on n'est pas un merle, mais y aller de son gosier de fauvette. Je ne fais pas autre chose, je chante avec mon gosier de fauvette ou de piaf qui piaffe, de grive qui se grise des mots, de pie qui pique l'or de moments. Et je continuerai toujours ainsi, dussé-je rester seule dans mon coin-coin pour le faire. Couacs de canard, peu importe ! Mots restés dans ma cave, dans ma cage, sans envol, tant pis, je continuerai à seriner encore. Ne rien attendre, disais-je au début de ce semainier ; ne rien entendre ? Tant pis. Continuer. Pour rien. Pour la liberté. Gratuite. Intérieure. Infinie. Même sans ailes.

 

KroniK72 (2023-semaine17)

   

 

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