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KroniKole semaine 20

Publié le par Nikole

 Clic pour ouvrir le chant des possibles

KroniKole semaine 20

 Mercredi 17 mai

     Quel grand écart de vie entre l'île tranquille de la semaine dernière et la région parisienne. Une différence qui se mesure en poids : légèreté de l'air et du temps contre lourdeur des présences et des bruits. Beauté versus laideur. Espaces. Lumières. Ouvertures. Constrictions.

    Mon sommeil est devenu profond et grave, comme si je voulais m'y noyer. Bien sûr qu'il y a matière à être bien (partout ?) en y mettant de la bonne volonté. Justement ! Ailleurs, pas besoin, les pas sont plus libres. L'esprit aussi. On dirait que je suis mûre pour ailleurs. Je ne sais pas. Je ne crois pas avoir le courage.  La force, plutôt. De sauter le pas.

 

Jeudi 18 mai

clic pour voir le son

KroniKole semaine 20

 

    Entendu aujourd'hui l'expression "massages sonores" (bols chantants tibétains). La chose m'a interpellée, moi qui ai vécu la semaine dernière un épisode court mais terrifiant d'acouphènes, et qui depuis se sent la tête un peu fragile (à la limite de l'inconnu, parfois) et surveille comme lait sur feu le (heureusement !) faible bourdonnement (un à deux sur dix) subsistant dans mon oreille gauche.

 

Vendredi 19 mai

    Réconciliée un peu ce jour avec le théâtre2 ... qui sans cesse m'interroge ... parce que j'ai l'impression d'y aller comme à un entraînement sportif ponctuel que je n'aurais pas préparé, anticipé. Pourquoi y aller, alors ? Parce que je suis une femme de promesse et de devoir, et que je ne veux pas mouiser mes collègues en les quittant au milieu du voyage. Et il y a un bon moyen de détourner cette sorte de culpabilité diffuse en moi du manque d'entraînement : plus de rigueur - ah, la rigueur !- en amont de chaque cours ... moi, je bachote la veille, alors que l'apprentissage -de tout- est une chose journalière. Dans ce cours-là, il ne suffit pas d'avoir le texte assuré (ce qui n'est même pas exactement le cas) mais de chercher toutes les possibilités de l'en-soi, fussent-elles très différentes d'un cours à l'autre, et loin de tout ce qu'on m'a demandé dans ce domaine jusqu'à présent. Jouer avec ce que l'on est, ce jour-là,  fût-ce en étant malade, lointain, à côté de ses pompes. Hé bien c'est précisément ce que j'ai fait ce jour, après n'y être pas parvenue hier. J'ai joué petit, étriqué, mais, mais  naturel : j'ai donc passé un stade. Positif, le stade. Et je dois le reconnaître, remotivant.

    Ce jour va être un jour de sortie théâtrale, en plus. Et je suis méfiante, car je vais de façon rarissime voir des spectacles théâtraux, devenue très ermite, et m'étant beaucoup ennuyée au théâtre par le passé. Mais aller voir une mise en scène du jeune qui nous a dépannés un jour alors qu'on était privés du Vadius des Femmes savantes était la moindre des choses ...

 

Samedi 20 mai

KroniKole semaine 20

   Ça ne me disait rien de me trimbaler en métro une heure jusqu'au nord de Paris. Mais grâce à une âme conductrice bienveillante, j'ai été transportée aller-retour sans souci d'horaires ou autres désagréments potentiels.
   Une de ces salles minuscules de petits théâtres parisiens (une quarantaine de places), et les pieds pratiquement sur la scène (j'aime être au premier rang des théâtres de proximité).
    J'ai eu du mal à entrer dans le jeu, mais le crescendo puissant et profond a fini par me porter. Et je suis tombée sous le charme d'un jeune acteur dont le talent m'a littéralement fascinée, et à qui je prédis, si la vie est juste (mais ...) la plus belle des carrières à venir : Sébastien  François, jouant le rôle de Frantzeck dans Le Test (de paternité) de Lukas Barfuss.

 

KroniKole semaine 20

 

Dimanche 21 mai
  
    Je parlais hier de cette pièce de théâtre tournant autour de la famille, la paternité (biologique ou pas) tout ce que ça induit, et j'en trouve ce matin un écho en apprenant la mort d'Ari Boulogne, fils de la chanteuse Nico et de Delon, qui n'a jamais voulu le reconnaître, ni, précisément, accepter de faire un test de paternité : quelle malhonnêteté, quelle lâcheté ! Ne pas avoir la reconnaissance de ses origines, de sa naissance, peut conduire à tant de malheur ... Déjà que sa mère, fusionnelle, à ce qu'il en disait, même dans les seringues partagées  ne devait pas favoriser son équilibre ... alors ce vide qui devait le remplir, submerger peut-être ; ce sentiment d'injustice, et de ne pas être désiré ... Destin fatal !

 

(Femme fatale)

 

(Et Venus in furs -une de "mes" chansons-, où l'on voit le petit Ari au milieu du groupe musical)

 

    Des enfants heureux, j'en ai entendu parler ce matin à la télé, dans un reportage évoquant une école particulière, L'École buissonnière (L'école en forêt, Public Sénat), cise à Ré, belle entreprise pédagogique unique et ponctuelle, pleine de bonnes idées évidemment jamais promises à un bel avenir (puissé-je me tromper) ... mais il est vrai que sortir, apprendre la nature, l'écologie (la vraie), l'appétence pour la Vie, de soi, des autres, et tout court, n'intéresse guère les politiques. Je me suis souvent demandé ce qu'aurait apporté à mes filles une école alternative, fondée sur un vécu et des valeurs plus proches de la réalité et d'une certaine relation au bonheur simple, au rapport avec le concret, que ce qu'est l'école traditionnelle. Même si je ne la critique pas a priori. Mais ces années-là, si essentielles et constructrices, me font, rétrospectivement, me poser tant de questions, y compris dd ma propre scolarité. J'ai toujours dit que j'adorais l'école. Sans doute est-ce ce qui a fait de moi, en grande partie, une contemplative. Qu'en aurait-il été si s'y étaient ajoutés l'action, le mouvement, la découverte du dehors ? Aurais-je acquis en moi plus de confiance, de force ?

 

KroniKole semaine 20

 

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