KroniKole semaine 21
Jeudi 25 mai
Si je devais manquer de lui, ce serait de mes années fin quatre-vingts et quatre-vingt-dix où je l'écoutais énormément, parfois en boucle, étourdie par ce monde à la fois simple et ésotérique, instinctif et cérébral.
(Il n'a illustré ici qu'une de mes photos : c'était là)
Vu en concert il y a des lustres à Nancy salle Poirel, il avait, comme d'habitude souvent, critiqué ce monde et certains chanteurs (Lalanne ce jour-là). Ses jugements à l'emporte-pièce, absolus, sans concession, gravement moqueurs, témoignant peut-être d'une personnalité blessée, timide, désabusée, allez savoir ... ses critiques acerbes -comme son œil bleu glacial à la Béjart- souvent justifiées contre certaines maisons musicales, font que je le suppose avoir été une tête à claques pas facile à côtoyer ... Et puis à un moment, je l'ai perdu de vue, de son ...
Il n'importe : Jean-Louis Bergheaud, alias Murat, nom adopté par amour de la région où il vivait, et où un village porte ce nom, est mort. Soixante-et-onze ans !
Et ça me fait un drôle de coup au cœur !
... Garder près de nous la poésie des chansons perdues et tous les beaux souvenirs qu'ils auront installés en nous ...
Vendredi 26 mai
Êtres de rituels quand ils touchent à ce qui nous est cher : lieux, activités passionnées, restaus-plaisir ... nous avons roulé jusqu'à Tours profiter de l'avant-dernier jour de l'expo au château : Autochromes.
J'ai dû me retenir les doigts pour ne pas prendre en photo les deux jeunes blablacariens endormis à l'arrière du véhicule. Trouvant la route longue, j'ai eu envie d'un peu de Murat, en sourdine, mélancolie en tête. Puis nous avons rebasculé sur de l'aléatoire de notre époque : J. Cooker, C. Rea, Led Zep ... les classiques quoi !
Et j'ai eu envie mi-figue mi-raisin, d'éclater de rire (jaune un peu, quand même), quand, leur demandant si on ne les avait pas trop saoulés avec notre musique, l'un d'entre eux nous a répondu d'un air poli et candide : Ne vous inquiétez pas, on a entendu bien pire !
Soir, bords de Loire
Samedi 27 mai
Près de Vouvray, à Chançay, la dernière fois que nous sommes allés renouveler notre stock de vin, les salle-clients et cave étaient en travaux. Cette fois, refait, grand, superbement arrangé, l'endroit était somptueux. Le viticulteur nous a fait tout visiter du lieu -couloirs frais, interminables et habités de tant et tant de bouteilles en attente de devenir des élixirs- et nous a raconté son vin : moment de plaisir en plus de celui que nous prendrons à le déguster.
Le stade de la levure en dépôt dans la bouteille de vin
Dimanche 28 mai
J'aime beaucoup les séries scandinaves. Pendant que sans doute les gens, dehors, s'extasiaient du soleil, des promenades en famille et des terrasses parisiennes probablement surpeuplées, nous avons pris plaisir et suspense à nous faire, patates de canapé assumées, The white wall (arte replay) que je vous conseille si vous partagez le même attrait que moi, que nous, pour ce type de fiction.
Autant me plaît de filer ici ou là, par intermittences, en libres balades, autant me plaisent ces moments doux et tranquilles à seulement, seulement avancer calmement le jour, l'un près de l'autre, hors du monde et tous les deux ensemble. À aimer, parfois, la simplicité de l'existence.
Oui, sa simplicité. Parfois.




