Semaine 19 : vacance(s)
Quand on part, le premier jour, si tant est qu'on arrive tôt, voire le deuxième, sont d'une lenteur exquise : on a (encore) tout le temps devant nous, d'étendre ses pensées, délier ses pas, s'abreuver de tous les maritimes : vent, air, embruns, couleurs, vagues, marées, attentes.
On le prend, le temps. De marcher, presque au hasard, sans autre but que le bleu de la vie. Le turquoise des insouciances. L'opale claire des matins partagés.
On a des rituels, des chemins de passage et des chemins d'errance. Des moments qui reviennent. Là encore. Encore là.
Ça, ce sera demain, on sera là toujours. La marée est bien loin, on ne verra plus rien. Demain, oui.
On sent bien que l'air vole, alors qu'on est statiques. Heureux, pesants et doux, sans rien faire que de nous. Toi et moi au soleil. Au vent et dans le sable, qui nous tatoue la peau de ses griffes infimes.
Et puis, et puis au fil des jours s'accélère la chute, comme du jour, ou d'un corps.
Jusqu'au dernier moment, on aura vu s'étrécir les heures, en en savourant chaque grain au fur et à mesure qu'ils filent entre nos doigts.
C'est ainsi et c'est l'inéluctabilité des ailleurs, quand on n'y vit pas.
