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Kronikole semaine 34

Publié le par Nikole

 Entre le lundi 21 et le dimanche 27 août

 

Kronikole semaine 34

 

    Le fait d’être habité par une nostalgie incompréhensible serait tout de même le signe qu’il y a un ailleurs. Cet ailleurs est, peut-être, si je puis dire, un « ici » que je ne retrouve pas. (Ionesco, Notes et contre-notes)

    En cherchant dans des citations de Ionesco, pour illustrer littérairement le titre qui m'est venu en postant cette photo sur Aminus, je n'ai rien trouvé qui fût issu de cette œuvre, mais sur le simplissime :

 
La serveuse : Que voulez-vous boire ?
Le consommateur : Deux pastis. 
(Rhinocéros)

    Cela m'a rappelé une histoire, je ne sais plus où je l'ai entendue :
La scène se passe en Pologne :
Dwa piwa, proscze !
Et la serveuse lui apporte deux bières.
- Mais pourquoi lui en as-tu demandé deux, si tu étais seul ?
- Je sais dire deux bières, mais pas une !

 *

 

    À Nîmes, un gamin est blessé et un autre est mort, alors qu'ils étaient dans une voiture conduite par leur oncle. Je ne sais rien de l'affaire et je devrais la fermer, mais si on s'en tient au peu que disent les "journaux", on n'en dit pas plus sur eux : leur oncle ? des gamins transbahutés à cette heure ? Dans un quartier dangereux où il y a des tirs réguliers. Je sais bien que ce n'est pas le problème, et que c'est l'autre côté qu'il faut voir, ne pas faire comme ceux qui disent que les filles cherchent quand elles sortent en mini etc. etc. mais on en est à éviter, éviter, éviter toujours. Marre.
    La drogue. Commencer, puisqu'ils n'ont pas le courage de s'en prendre aux vendeurs, de le faire aux consommateurs, qui sont aussi une plaie. Qu'ils commencent par le bas de l'échelle, qu'ils foutent la trouille aux petits, mais vraiment, ptêt qu'il y aura moins d'amateurs avec une vraie prison quelque temps.
    Quand j'étais gamine, je détestais quand le père disait : "Tant qu'ils se tuent entre eux, ça f'ra des pourritures en moins". Je penserais presque la même chose aujourd'hui, à cela près qu'il semblerait de plus en plus que des gens qui n'ont rien à voir avec les pourritures prennent des balles. C'est un crève-cœur, aux deux sens du terme. Toutes ces morts injustifiées (car oui, je pense qu'il y en qui le sont, justifiées, celles des nuisibles : terroristes, tortureurs, défonceurs de gueule de leur femme etc. etc.) me dégoûtent et me mettent en rage.

    Entrevu par la suite un bout de reportage-interview d'habitantes du quartier Pissevin où a eu lieu le drame : que des mamas noires en boubous colorés ; sur la tête des voiles ? j'avoue que je ne sais plus, et qu'il y avait beaucoup de flous, elle ne voulait pas qu'on les reconnaisse, elles avaient peur. Je me suis demandé si le fait de ne montrer que ces femmes-là était délibéré, ou si ce quartier est un ghetto noir. Pas cherché à en savoir plus.
    De toute façon, en boucle à nouveau, ce sera un autre enfant mort, un autre accident, un autre scandale insupportable qui passera comme tout passe sans que rien n'ait d'importance ...

 

    J'ai longtemps critiqué les Corses, que je prenais pour des voyous égoïstes. Maintenant je les applaudis des deux mains, on devrait suivre leur exemple et se rebeller contre le Mal, au lieu de se laisser marcher dessus en en redemandant, enfin, les malfrats qui nous gouvernent.

 

 *

     Je m'aperçois, en cette nuit du 23 au 24, que j'ai laissé passer la date anniversaire de mon blog, celle où je me pose des questions récurrentes sur son avenir. Faut croire que le tourbillon dans lequel je vis, et l'absence forcnée de repère dans les dates, de plus en plus, a provoqué cette absence. Ce n'est pas plus mal, ne nous posons pas trop de questions pour l'instant ... non, juste une phrase rencontrée il y a peu, et qui correspond à l'était d'esprit en rapport.

 Est-ce que je veux vraiment m'accomplir, me connaître vraiment ? Être vraiment maître de ma vie et de ma mort, ou bien est-ce que je veux tout simplement faire, continuer à faire de la littérature ? (Ionesco, Journal en miettes)

 
*

 

Kronikole semaine 34

 

 

Kronikole semaine 34

 

Kronikole semaine 34

 

Kronikole semaine 34

 

Kronikole semaine 34

 

Kronikole semaine 34

 

    Nancy-Charenton, Bordeaux-Charenton. Mimi et Isa sont là pour une paire de jours entre filles. Et ça piapiate à donf, comme 'hab, avec expos et petits restaux à découvrir. Atelier des Lumières, devenu presque rituel. Pas la meilleure présentation de celles qu'on a vues : Klein, très court, et Van Gogh sans Arles ni jaune vraiment flamboyant comme dans sa réalité ... dommage. Bon, ça n'empêche pas les photos, les scrutations, l'observation des gens. Pas encore regardé ce que ça a donné, je peux pas être partout. Ce serait chouette, tiens, ça ! le don d'ubiquité ... celui de traverser, invisible, les murs, aussi, j'adorerais ... pas d'Aladin à frotter par ici ?

    Pris le métro, du coup, et pas qu'un peu. Remarqué que, finalement, il est des gens qui lisent.

    Fou le nombre de choses qu'on peut faire avec les filles versus mon ermitage. Expos, balades, rigolades, souvenirs sans fin, jeux. Déambulations lentes. Dommage que la fatigue rapide de mes pieds et la chaleur enfouissent un peu en moi le désir de faire des photos. J'ai trainé l'œil, comme j'ai un peu traîné la patte : pas de photos de rues, aucune image du Père Lachaise. Un manège horrible des Tuileries mais seulement via le Jeu de Paume (image postée sur Aminus, vendredi prochain, le 1er septembre) où avec elles, je suis retournée voir les expos Horvat et Van Keuken. Plus d'efforts qu'ailleurs, c'est vrai, lors des expos photo : même ralentie, on retrouve sa nature profonde. Avec l'appareil que j'ai naturellement à la main, je me mets à ne plus voir chaque élément qu'avec l'arrière-pensée du cadre et de la prise.

    Déçue par la maison de Victor Hugo, désincarnée. De plus, je n'ai jamais aimé la Place des Vosges ... mais bon, comme la pelouse en est fréquentée, ça permet quelques photos de gens.

 

 *

 

    Elles sont reparties. On part bientôt. Pu le temps de grand-chose, ni de beaucoup parler avec vous, suis à la bourre des jours, dommage. Et faudrait que je songe à faire ma valise pour Arles ...

 

 

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