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Kronikole semaine 49 1/2

Publié le par Nikole

 

Lundi 4 décembre

    Chez Pilates, efforts de fin contrariés par de la musique qui venait du dessus. Apparemment le nouveau kiné n'aime pas le silence. Et moi je n'aime pas les bruits parasites qu'on m'impose. Si jeudi ça recommence ...

 

Kronikole semaine 49

    En voilà pour tuer une oreille sensible (Molière, Les femmes savantes)

 

Mardi 5 

 Kronikole semaine 49

 

    Je me suis éveillée et suis retombée sur le lit, qui tournait comme un manège à grande vitesse. Décidément, on ne peut pas dire que le corps exulte, ces derniers temps. Oreille interne, ai-je supputé, vu que ça m'était déjà arrivé il y a cinq ans : heureusement, la généraliste m'avait appris à faire des exos de tour de tête pour bouger les foutus cristaux mal emmanchés ce matin-là. Mais j't'en fous, à part sur le dos, ça continuait à tourner. Et grave ou pas, sensation désagréablissime. J'ai recommencé les exercices et ça semblait aller mieux. Un sommeil profond m'a happée, dont je me suis réveillée le cœur au bord des lèvres et le corps faiblard. Saleté d'usure ... Il a fallu, médocs périmés oblige, prendre rendez-vous chez la toubibe du bas, dans la journée heureusement. Bon, j'ai eu les médocs équilibre + nausée. Elle pense que c'est dû à un pic de tension ... mouais ... bizarre le truc, chuis pas persuadée. Faîche tout ça. Mais faut bien faire avec. Haut les mains les maladies ! Haut les cœurs les corps !

 

Kronikole semaine 49

 

 

Mercredi 6

Kronikole semaine 49

 

     Je ne sais pas si c'est à cause de la légende de saint Nicolas et des petits enfants au saloir, mais j'ai fait cette nuit des cauchemars. Beaucoup de gens. Une fille ramasse par terre une grosse pierre un peu terreuse et me la tend. Et à l'endroit où elle l'a prise, je vois que dessous il y avait de gros cafards immondes !

 

 

    J'ai fait comme parfois, j'ai tapé sur Gogol le nom d'anciennes connaissances perdues de vue. Certaines sont complètement absentes de la Toile et ça m'étonne toujours. D'autres sont facilement reconnaissables. Par exemple parce qu'elles sont restées dans la ville d'origine et qu'elles ont un nom particulier. Praxède Giget, étudiante en littérature, était dans la même cité U que moi à Reims, rue Gérard Philipe, et faisait partie du cercle de discussions et de petites fêtes que nous vivions là pendant nos études. Je dois avoir une photo d'elle que je me rappelle très bien, mais où ? De loin en loin, j'ai appris qu'elle s'occupait d'une troupe de théâtre, toujours à Châlons, ma ville d'origine, et qu'elle avait été prof de français. Je me disais que ce serait bien qu'un jour ... Comme d'hab quoi. Et , je tombe sur l'annonce de sa mort, l'année dernière, au mois de mars, d'un cancer. On a beau savoir, les né(e)s dans les années cinquante, que nous sommes plus près de la fin que du début, et que personne n'est à l'abri d'un problème mortel de santé, ça fait un choc, ce livre qui se referme violemment avec un bruit cassant, alors qu'on aurait aimé continuer à le feuilleter. C'est comme ça. Adieu Praxède au drôle de nom, et dont m'émeut, aujourd'hui, le souvenir.

 

Kronikole semaine 49


    Par la fenêtre, la couverture étendue me fait penser à un linceul.

 

Publié dans Praxède Giget

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