éKlats 28/52 - 1/3
Présent crénelé : cette invention de René Char, que d'ailleurs je cite régulièrement ici, pourrait être un des mantras de ma vie, lequel d'ailleurs chacun/e peut comprendre comme il ... l'entend. On pourrait dire aussi perceptions en dents de scie, mais l'expression est plus violente, verbalement et métaphoriquement. Créneau ... haut/bas, exposition/protection, alternances de toutes sortes qui après tout vont bien avec l'idée d'un château fort reclus, mais pourquoi pas aussi d'une place plus ou moins étendue où l'on parvient à se garer ou pas en fonction de notre aptitude à l'instant.
J'écris et je gomme. Je me suis plainte d'un renouveau d'irritation constante, acceptant mal ou pas du tout, sans doute ou sans aucun doute, ce qui se passe dans le pays mais aussi parfois probablement dans ma propre vie, dans ma tête : la colère, le doute, l'injustice, l'approximation, le débordement, le décalage, et la sensation sans cesse croissante de ne pas être là où je me devrais d'être et de penser.
Je m'étais plainte par mots interposés et j'ai gommé le plus extrême de cette forte tristesse infuse, quand j'ai vu, bouleversée, cet athlète sans bras ni jambes, rigolard, mais plein de vie et d'espoir : c'est sûr que ça remet les idées en place ou tout au moins relativise considérablement les jérémiades et les états d'âme.
Fermer les yeux un temps et faire le vide comme on balaie les nuages. Rester accrochée à la beauté comme celle de cette endormie dans le métro que j'admirai et que j'immortalise dans son absence douce et ce que je perçois d'apaisement.
