éKlats 28/52 - 2/3
Éveillée l'esprit tranquille, la fraîcheur d'une fenêtre nocturne ouverte baignant la chambre, je me suis dit que peut-être le magnésium commençait à faire son effet, ou que je devenais aquaboniste, ou simplement que le petit matin m'allait bien, quand je me réveillais reposée et sans cauchemars.
Pleine d'énergie, j'ai fait mille choses.
J'avais d'ailleurs oublié qu'on était le quatorze juillet (un "d'ailleurs" qui n'a rien à voir avec la phrase précédente).
Je suis sortie jusqu'au composteur du quartier, vider mon seau-prévu-à-cet-effet-par-la-ville, ramassant sur le chemin, en passant par le parking, une peau de banane qu'un être exquisément délicat avait jeté sous d'éventuels pas. Je me suis alors souvenue pourquoi j'étais si souvent en colère contre les gens.
Et ça n'a fait que s'amplifier sur mon trajet, constellé de mégots. Dans un coin de rue trônait, cassé, un vaste ventilateur. Un chien avait uriné dessus et une rigole dégueu suivait la pente. J'ai soupiré. Fort.
Dans la rue, avec mon petit seau, j'avais l'impression de me promener avec un pot de chambre.
C'était donc le quatorze juillet ; j'ai allumé la télé ... je ne sais pas bien pourquoi, je ne suis pas attachée aux défilés, ni aux militaires, ni à leur musique ... une sorte de rituel illogique. Peut-être que le fait de voir un peu d'ordre, d'organisation, me fait du bien, allez savoir.
Cette année les filles ne se sont pas donné rendez-vous pour aller voir les avions en direct. Trop compliqué cette fois. D'habitude, je les vois passer dans mon ciel, mais rien, avions fantômes, absents. Des gens regardaient, attendaient, sur le pont. Puis sont repartis. Je les reverrai ce soir, en foule, pour le feu d'artifice que je suis toujours de ma fenêtre.
Je dois quand même reconnaître, quand j'ai levé la tête vers la fin de la cérémonie (parce qu'en fait, je me lasse assez vite et fais autre chose) que la mise en scène des jeunes et de la flamme olympique était assez émouvante.
J'ai traîné un peu, lorgnant sur Macaron premier. Il a mis la main dans sa poche et je me suis demandé ce qu'il faisait. Il l'a ressortie, l'a remise (mais qu'est-ce qu'il fout ?), cherchant manifestement quelque chose, qu'il a subrepticement porté à la bouche ! Un bonbon pour l'haleine ? que nenni ! Un chewing gum, car il s'est mis à mâcher, oh, pas ostensiblement, pas tout le temps, il se le calait dans un coin de palais (élyséen) pendant qu'il causait avec les gens dont il serrait la pogne ou caressait le dos mais j'ai trouvé ça incorrect. Vous imaginez de Gaulle, Mitterrand ou Pompidou mâchouillant dans une manifestation du genre ? Moi pas. Décidément ! Ça ne se fait pas, c'est tout. Un détail de taille.
