éKlats 29/52 - 2/3
Il était neuf heures quand j'ai émergé. Mal nulle part, fenêtre blanche et air vivifiant, j'ai plié mes genoux arthrosés et me suis levée de bonne humeur.
Gniark gniark ! Rire sardonique.
J'étais assise donc je ne suis pas tombée sur le Q par deux fois, en rigolant nerveusement devant ce que j'appris ce matin devant ma télé (qui, heureusement, elle fonctionne pour me les apprendre ...)
Je tombe sur la préparation d'une messe ... Une messe à la Madeleine pour célébrer les Jeux Olympiques ! Euh, ah bon, une messe ! Sauf que, autant ça m'aurait irritée en temps normal (aux époques d'antan, les années 70) autant ça me fait un peu ricaner, au vu de l'écrasement visible de cette religion-là par une autre ... une sorte de nique au cheveux impurs. Gros rire ... de défense ? Bon, énervée quand même par un cureton qui dit (en substance) que c'est bien cette célébration en ces temps où l'on est, je cite "bloqués" dans la laïcité. J'aurais bien aimé qu'il développe mais personne n'a relevé.
Tiens, au passage, j'ai vu la mairesse entrer dans l'église et je me dois honnêtement de battre ma coulpe : j'étais persuadée qu'elle ne se baignerait pas dans la Seine et trouverait un prétexte, elle m'a étonnée sur ce coup-là (mais la ministresse dja-dja et son air ravie de la crèche lui a quand même volé la vedette). Quant au bad boy élyséen, on attend toujours.
Quelques minutes auparavant, j'avais zappé vite fait en entendant parler un insoumis soumis à la mauvaise foi, osant en particulier parler de magouilles pour tous les partis ... sauf le sien bien entendu. Ben tiens ! Je me gausse. Tout le monde s'est bien fait avoir sur ce coup-là (et c'est bien fait ... au point où l'on en est arrivés de compromissions et de n'importe quoi, je préfère en rigoler) ... j'y vois l'effet-boomerang qui se retourne vers bien des cheutrons.
Et quand je vois des élus et élues qui refusent de serrer la main à d'autres dans l'hémicycle, ça me gonfle. On n'a pas à faire ça : si on est adulte, même si on n'est pas d'accord avec les autres, on se doit de leur serrer la main ; les règles, le protocole, ça ne veut pas rien dire, et d'ailleurs il ne s'agit même pas de ça ici, mais de la politesse, simplement de la politesse, qui est une valeur de base. Si on fait fi de ça, c'est tellement révélateur que ça fout par terre toute crédibilité potentielle. Quel panier de crabes ! Fatigant. Et quelle tristesse !
J'étais déjà en train de me trémousser d'aise devant ce chaos quand la nouvelle suivante m'a achevée : une panne géante chez Microsoft bloque une partie du fonctionnement informatique du monde ... tiens, mon ordinateur, j'écris, là ! et c'est en ce moment, warf ! Attention, loin de moi l'idée de minimiser l'importance prépondérante et vitale de l'informatique dans la vie d'aujourd'hui, mais la plupart des gens ne se rend tellement pas compte de la relativité et du danger de l'informatique sans alternative que ça rabat un peu le caquet de qui pense que tout est magique, simple et dû, comme ça, d'un claquement de doigt, et sans responsabilité.
Je n'utilise jamais les toilettes à fermeture électronique, j'ai trop peur de rester enfermée s'il y a un bug. Et je ne suis pas à l'aise avec les cartes-clés-électroniques des hôtels, pour la même raison. Tout ce qui s'ouvre et se ferme électroniquement/automatiquement, j'ai pas confiance. IL m'a expliqué un jour qu'en cas de bug, de panne, je ne sais plus, pas de crainte, c'est le contraire, tout resterait ouvert (la fonction étant annulée, du moins c'est ce que j'ai cru comprendre) ; ce matin, à la télé, un journaliste était enfermé dans sa chambre bloquée à cause du système informatique déficient d'aujourd'hui et ils ont dû faire venir un serrurier ...
Voilà, vive les machines sur lesquelles on compte trop, ça me fait penser à HAL dans "2001 L'Odyssée de l'espace", à l'intelligence complètement artificielle tout ça tout ça. Mouais, mes propos sont ptêt un peu ... pervers (?) ... bah, pour une fois qu'j'excorie, au lieu de me ronger les sangs !
C'est agréable de ne plus être une boule de nerfs comme il y a quelques jours.
Dans la boîte aux lettres, il y avait une carte postale dont j'ai tout de suite reconnu l'écriture d'une ancienne copine de primaire avec qui j'ai des relations épisodiques par petits mots. Je vais développer la chose : bien sûr c'est une rente l'achat de timbres mais recevoir des vrais courriers est un plaisir sans mesure, tant il est rare de nos jours, et je suppose, j'espère, que mon envoi de cartes produira un plaisir équivalent à celui qui m'anime quand j'en reçois.
Gniark gniark ! Sourire.
