Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

éKlats 29/52 - 3/3

Publié le par Nikole

 

éKlats 29/52 trois

 

 

    En entrant dans la chambre, le ronron incessant m'a fait zuter, j'avais laissé tourner le ventilo tout le jour. Mais non, c'était le chant d'une pluie régulière qui m'accueillait du dehors, en même temps que la fraîcheur  bienveillante de la fenêtre grande ouverte sur la nuit du jardin, assortie d'un silence étale, délivré de conversations humaines disséminées. Mes heures de repos s'annonçaient royales.

 

Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme. (A. Samain)

 

    La journée avait été saturée de soleil et de chaleur mais il me fallait sortir pour le compost et la Poste : ça rime. Près de la boîte (postale) un type assez crade était assis par terre, fumant une cigarette. Lettre avalée, je m'éloignai alors que le type m'apostropha d'un tranchant connasse qui m'abasourdit. Je me retournais laconique en ne trouvant rien d'autre à dire que toi-même, pouce vers le bas. Alors il me traita, de plus en plus fort et en boucle, de putain. Parfois on ne se contrôle plus, alors me retournant vers lui, bêtement, je le regardai fixement et crachai par terre -recracher les mots qu'on crache sur nous ?- Une femme, pas loin, parut aussi étonnée que moi de mon geste. C'est à ce moment, quand il embraya sur saleté d'arabes ! que je comprenais alors que ses insultes n'avaient rien à voir avec moi, en particulier, mais que j'avais affaire à un dérangé véritable, comme on en rencontre de plus en plus. Quand je suis repassée quelques instants plus tard après mes courses, il avait disparu.

 

    Quelle époque ! Entre les fous, avérés ou pas, les malhonnêtes, les violents, les faux ceci et les vrais cons, les hypocrites et les semeurs de morts ... rien n'est simple, tout se complique.

 

Nouveaux p'tits coquelicots

 

Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir. (H. Matisse)

 

    Je suis sortie de ma séance kiné avec une douleur comaque aux épaules ... faut dire que je m'étais fait au moins dix minutes de brasse dans les grands fonds ! Je ne pensais pas qu'un jour un pro musclerait mon dos douloureux par le biais d'exercices réels sur images virtuelles. Je tombais des nues mais faire des efforts par ce qui ressemble à un jeu, ça fait vraiment travailler, et sans trop rechigner : c'est ludique, pour les mouvements à faire (et les réflexes, en plus), de donner des coups de maillet sur des taupes qui sortent de leurs trous, couper au sabre des tomates et des kiwis propulsés dans l'air comme des satellites, ou faire passer des balles fluo, séries rouges, séries bleues, dans une raquette sortie d'un film de science-fiction.

    Je ressors en nage, c'est le cas de le dire, le visage dégoulinant quand il ôte mon casque de spationaute terrestre. C'est pas mal ce truc mais assez énervant, aussi, avec tous les bruits parasites accompagnant la chose.

    Normalement, m'avait-il prévenu, vous allez kiffer ! Oui,
j'aime bien (j'exècre ce verbe à la mode, kiffer, comme je déteste cette habitude de dire meuf pour une femme et j'en passe et des pires !) ça me change de mon ordinaire d'exos à faire chez moi, beaucoup plus classiques, destinés à me muscler en vue d'enrayer ce point douloureux récurrent sous l'omoplate droite : haltères et autres joyeusetés.   
    Savez-vous (moi, même en le sachant, j'oubliais régulièrement) que le mot haltère est masculin. Je viens de trouver un procédé mnémotechnique imparable pour ne plus me tromper : des haltères ... égaux ... warf !

   Ça fait deux jours maintenant et mes courbatures s'estompent tout doucement. Il est parti en vacances, qu'est-ce que sa remplaçante va m'inventer, elle ?

 

Cette sorte de sourires fleurs que sont parfois aussi les fleurs sourires, au milieu des herbes graves.
(P. Jacottet revisité)

 

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>