éKlats 33/52 - 5/5
(... clic ... approchez-vous pour sentir la pluie ...)
Il pleuvait, donc. Des cordes, comme on dit. Et l'unique cordeau des trompettes marines, chantait Apollinaire. Corps d'eau, oui, de la rue et du ciel. C'est à ce moment que j'ai eu envie de sortir. Eau claire. Purification. Les beaux oiseaux ne mouillent pas, Les belles plantes, il faut les arroser, etc. etc. Fichtre, je le fus, arrosée ! Tellement que j'étais prise d'un fou-rire sous ma capuche bleue. Je traversai le pont,et je croisai cette fille en rouge, qui semblait aussi ravie et amusée que moi sous cette eau lustrale. Toute la pluie tombe sur moi. Sur nous. Échange de sourires. Le sien était flamboyant. Plein de soleil. Histoire sans paroles. Rien qu'avec le regard et nos rires brillants.
La vie se mesure en instants.
(clic ... passez le pont ... en face, les balcons vertes, c'est chez moi)

