Passages souterrains
C'était il y a longtemps, j'avais quatorze ans ... et j'adorais cette chanson-là. La voix du chanteur était pleine d'émotion et fleur bleue en diable, je me disais que j'aimerais bien qu'on me parle ainsi. En plus, celui qui chantait, avait un regard magnétique et une beauté que je trouvais exotique, voyageuse.
Ensuite, le monsieur ne m'a plus du tout intéressée mais je reste attachée avec tendresse à ce souvenir adolescent.
Herbert Léonard vient de mourir. Une page encore, tournée. Au suivant !
C'est le mot passage, presque au sens rite initiatique, qui traverse aujourd'hui mon esprit. La mort en est un (même si on pense que c'est vers rien, c'est un passage quand même).
J'ai pensé ça aussi, au sens propre et figuré, en voyant deux films qui ont ceci de commun qu'il s'agit de femmes dans la tourmente de la vie parisienne/ Île-de-France et ce que tout cela peut engager de stress de transport et de traversée d'épreuves. Il y a eu "Les heures souterraines" (replay arte), film (d'après le roman de Delphine de Vigan) fort, fin, humain, beau ... on y voit beaucoup le métro, et une femme vivant un difficile passage de vie.
Et puis ce film magnifique, "À plein temps", sur la 2, avec une Laure Calamy époustouflante qui passe son temps à courir entre campagne et Paris, grève des transports et travail, garde des gosses, pour ne pas sombrer. Un film de mère-courage comme il y en a tant (pas des films, des mères !).
On voit si peu de films en haleine, retenant l'attention et faisant retenir à grand-peine ses larmes que je voulais parler de ces deux-là. Au passage.