Procrastinite aigüe
Les photos virtuelles s'accumulent, la flemme de les traiter. Les bouts de texte s'accumulent ici et là, la flemme de les transformer. Les jours passent et passent encore, la flemme de n'avoir plus qu'un, ou un projet et demi par jour, aller mettre la couette au lavomatique, désencombrer la poussière du purificateur d'air. Le reste ? Même la vinaigrette, il m'arrive maintenant de l'acheter toute faite. Tout est fatigant très vite. Bien des actions sont vaines. Le désir de devoir, sauf pour les petites choses auxquelles on s'accroche, s'alentit. Seul le plaisir, récurrent, rituel, des petites choses me comble. Le café lent du matin avec sa tartine. Parler avec lui. Lire et rire. Faire ma page de sudoku. Jeter un œil sur Internet, les blogs. Aller chercher le pain. Déjeuner, quiets et se regarder une paire d' "Experts Miami" en guise de sieste. Fainéantiser tranquillement toute la journée entre de riquiquissimes tâches comme vider le lave-vaisselle ou remplir le lave-linge. Bassoter, comme on dit en Lorraine, en alternant une éternelle culpabilité légère et un je-m-en-foutisme assez développé. Vivre ce paradoxe avec tranquillité et lenteur.