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Mon tapis volant

Publié le par Nikole

    ... à chacun son ciel ...

    Arrive un temps où le corps s'use au point de bien le faire remarquer à la personne qui l'habite. Si c'est pour vivre potentiellement centenaire, autant y mettre du sien. Il m'est arrivé il y a des siècles, au moins un, de fréquenter salles de gym, de musculation et piscine. Mais la paresse, la vie aussi, ont arrêté cela et je n'ai plus fait grand-chose, sinon rien, pour contrebalancer les plaisirs de la table que je n'ai, eux, jamais abandonnés.

    Si je n'ai plus de migraines, ce qui est déjà un plaisir immense, entre arthrose, diverticulite, sciatique et cruralgie certes ponctuelles mais arrivant par crises, donc extrêmement douloureuses, j'ai remis certains principes de vie sur la table, même si elle n'est pas rase. Côté alimentation, j'ai changé bien des trucs, mais surtout, hormis le pilates et l'aquagym qui m'aident visiblement, je ne savais quoi faire pour la marche qu'on me prescrit comme obligatoire ! Problème : je n'aime pas marcher, ou plutôt je n'aime pas marcher sans but !
    Une balade ? Pourquoi ? Aucun plaisir (ah si, exception : en vacances au bord de l'océan) ! Mais chez moi mon champ de marche se limite aux magasins, médecins et librairie alentour, sinon rien (bon, ok, un peu de métro pour les expos, au moins là je fais des photos !)

    Et puis, révélation grâce à mes proches, L'IDÉE qui correspond à mon cas : le tapis de marche ! Fi de sorties improbables en ville à mégots crachats et gens désagréables, fi même du bois de Vincennes proche aussi habité qu'une ville et parfois tout aussi désagréable, le tapis me permet de marcher comme j'aime, tout en restant recluse comme je le souhaite naturellement, à l'heure que je veux, aussi peu ou longtemps que je veux, à la vitesse que je veux, en restant en pyjama si je veux et en écoutant une musique rythmée choisie à laquelle j'ajuste mon pied, nu le plus souvent. J'ai trouvé mon tapis céleste, celui qui me fait décoller, l'œil rivé sur la Marne que je regarde de la fenêtre, le sourire éclosant au fil de la distance et du temps qui s'affichent. Curieux sentiment que ce mot de liberté qui me vient à l'esprit en parlant de cela mais c'est ainsi, le mot a de multiples définitions personnelles.

    Allez, encore une chanson de ma playlist aléatoire, encore une autre si elle est courte, et ça fera trois quarts d'heure. Le hasard, au milieu de la grosse cinquantaine en devenir des titres programmés, a pointé au bout de mon chemin les deux seuls titres que j'ai de ce style dans ma liste (découverts dans les années soixante-dix), dont l'enjouement m'avait transportée et qui, hors de mon monde clos et protégé là tout de suite, m'ont ramenée à la triste réalité du monde :

 

    On n'échappe pas au monde, à sa haine, même si l'on souhaite de toute son âme le contraire, la paix, impossible je crois. Mais le signe m'a troublée. 
   Hasard des publications (puisque comme d'habitude mon post s'est imposé à moi ce matin sans que j'aie a priori décidé d'écrire aujourd'hui), IL a posté ce même matin des photos prises lors de notre visite au Mémorial de la Shoah à Paris, il y a quelque temps : si vous souhaitez voir ses photos, je vous invite à aller sur cette page.

    (Merci de me lire et prenez soin de vous, des cœurs-proches qui vous aiment, des cœurs-proches que vous aimez).

 

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