Faire des économies
Idée lumineuse !
Il me souvient (j'aime bien cette tournure certes un peu obsolète mais dont me plaît le charme désuet, semblable à celui que je trouve aux fleurs séchées dans un vieil album photo ou dans une boîte à souvenirs c'est la qu'on trouverait les médaillons les mèches de cheveux blancs ou blonds les portraits les fleurs sèches, tiens, Arthur aussi ... Et puis, ça évite de commencer par je (semi-trauma du ne parlez pas toujours de vous en début de phrase enseigné jadis).
Bon, tu en sors les pieds de ton avant-propos !
Il me souvient, donc, il y a fort longtemps, lors d'un reportage télé, du type qui tenait une agence de voyages dont malheureusement j'ai oublié le nom, mais dont je me souviens qu'elle a disparu ou été rachetée (certes, le manque de précisions infirme mon propos mais croyez-moi sur paroles), lequel était attaché à faire des économies jusque dans les détails (qui en sont rarement) et qui, systématiquement, fermait la lumière quand il quittait une pièce. Ça m'avait frappée à l'époque, a contrario, d'économiser des bouts de chandelles, comme on ne le dis plus guère non plus. Il se trouve que ça n'a pas empêché l'entreprise de couler, même si, je le suppose, économiser ou pas quelques watts n'eût pas été déterminant dans cette affaire.
Cet épisode du passé, j'y reviens parfois, quand je pense (car ce n'est pas systématique chez moi) à actionner l'interrupteur quand je sors de la cuisine , la salle de bain, la chambre ou le couloir.
Et j'y ai songé encore il y a quelques jours, tombée sur une courte vidéo d'un jeune homme survivant du RSA en attendant de trouver un travail, en recherche quotidienne. Il racontait en particulier l'eau et l'électricité, précisant ne tirer la chasse qu'une fois par jour et fermant la lumière aussitôt qu'il quittait de son frêle habitat un coin lumineux ; je me suis dit alors qu'à l'inverse du dicton affirmant qu'il n'y a pas de petites économies, lesdites petites éconocroques, loin d'être inutiles, ne suffisent pas à transformer fortement la vie, bien que cela dénote un courage obligatoire chez les gens qui en font montre.
Et moi qui me considère comme assez vertueuse écologiquement tous azimuts parlant (pas de voiture, pas de smartphone, pas trop dépensière, anti-gaspillage, recyclante, adepte du tri tous azimuts y compris des déchets alimentaires) j'avoue l'être peu dans le domaine de la luminosité : éclairer beaucoup mon lieu de vie illumine, voire enlumine mon corps intérieur, me fait du bien, m'apporte une chaleur virtuelle non indispensable certes, mais porteuse de plaisir. Ce plaisir qu'on pourrait peut-être opposer, dans une mesure certes raisonnable, à la douleur que j'évoquais ici il y quelque temps.